Flambée du prix de l’essence ‘‘Kpayo’’ : Le Nigeria tousse… le Bénin s’enrhume

6 mai 2024

S’approvisionner en carburant sur le marché noir est un casse-tête pour les usagers depuis quelques jours. Le produit est devenu de l’or. Il faut débourser une fortune pour s’en procurer. En effet, le litre de l’essence de contrebande communément appelée ‘‘Kpayo’’ est vendu à 800Fcfa par endroits. Selon nos sources, cette flambée soudaine est due à la difficulté des trafiquants de s’approvisionner en essence au Nigeria car le prix est en augmentation constante chez le voisin de l’Est. Une augmentation qui fait suite à la suppression de la subvention du pétrole par l’actuel président nigérian en 2023. Depuis lors, le prix du carburant n’a cessé de monter en flèche. Le bidon d’essence est vendu jusqu’à 19500f au Nigéria ; ce qui pousse les revendeurs à réajuster le prix afin de trouver leur bénéfices. Ainsi donc, de 500f le litre, le carburant est passé à 650f, puis à 750f voire à 800f dans la journée d’hier. Cette situation oblige les usagers à se tourner vers les stations services où le prix du litre de l’essence est à 680Fcfa. Même si le coût de l’essence est moindre à la station, les populations se plaignent du système de vol mis en place dans certaines stations services. « Même si le prix de l’essence à la station est légèrement plus bas, certaines stations services ne servent pas exactement la quantité demandée. Ils ont un système pour extraire l’essence », lance Alain, un usager des stations services. Ces stations services créent également des pénuries artificielles pour pouvoir revendre l’essence.
Cette flambée des prix s’explique aussi par le fait que les grossistes qui vont s’approvisionner au Nigéria sont bloqués là bas. Ceux-ci n’arrivent pas à convoyer leurs marchandises vers le Bénin à cause des contrôles et de la répression au niveau des milliers de frontières poreuses par la douane nigériane appuyée des éléments des forces de sécurité. Ce qui fait que les détaillants ont des difficultés à s’approvisionner eux aussi et sont obligés de faire de la surenchère.À Pobè, une ville proche du Nigéria, le litre de l’essence est passé de 300f à à 475f à certains endroits et à 500f à d’autres endroits. La ville de Parakou n’a pas non plus été épargnée. L’essence s’est vendue jusqu’à 1200f le litre. Avec la morosité économique qui sévit actuellement combinée à l’inflation galopante, la flambée du prix de l’or noir est un autre calvaire auquel sont confrontés les populations. Il urge de trouver des solutions pour permettre aux populations de souffler un peu.
Ultancia HODONOU (Coll)



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