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Entretien avec Pascal Oladjidé Tcholè, pratiquant de la science divinatoire : « Le Fâ prédit l’avenir et dit comment achever l’année »

Abomey accueille le 15 décembre 2017, la consultation nationale du Fâ, sous l’égide de sa Majesté Dada Agoli-Agbo Dédjinnangni. A travers cette interview, Pascal Oladjidé Tcholè, pratiquant de la science divinatoire explique l’origine et l’importance du Fâ et présente les enjeux de cette cérémonie.

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Faites-nous l’historique du Fâ
Je ne peux pas aller loin. Mais pour le peu que je connais, l’Egypte est le berceau de l’humanité. Le Fâ a vu le jour en Egypte, ensuite au Nigéria. Et c’est par le Nigéria que le Fâ a transité pour venir au Bénin au temps du Roi Agadja en 1715. Il fut un temps à Danxomè où la sécheresse s’est installée. Il y avait la famine et la maladie. Bien avant ce temps, il y avait plusieurs consultations de révélation. Il y avait les Kessiakato, le jet des colas et bien d’autres. Le Roi avait utilisé tous moyens et appelé les ‘’Malèhossou’’. Ils ont fait leurs consultations sans avoir satisfaction. Mais il a été dit au Roi qu’il y a quelqu’un qui utilise une autre manière de consultation. C’est ainsi qu’il a été demandé de faire appel à un charlatan nigérian, qui a fait une consultation par chapelet. Après la consultation, ce dernier a recommandé des sacrifices. C’est à l’exécution des sacrifices qu’il a commencé par pleuvoir. Ainsi, tout a commencé par fleurir et tout le monde avait retrouvé le sourire. Ainsi, le Roi a insisté que le charlatan nigérian reste au royaume. Chaque fois que le roi avait un problème, il faisait appel au charlatan. Ses descendants sont là aujourd’hui. C’est le prêtre suprême du Fâ. On l’appelle Dissa.

Nous sommes à la fin de l’année du calendrier grégorien 2017. Comment le peuple peut-il bien achever cette année à partir du Fâ ?
Les Béninois ont un engouement pour le Fâ depuis son arrivée chez nous. Le Fâ prédit l’avenir et dit comment achever l’année du calendrier grégorien. Il faut donc le consulter. C’est une science divinatoire qui parle du passé, du présent et du futur. Le passé, c’est depuis janvier jusqu’au mois de novembre, le présent, c’est le mois de décembre, et le futur, c’est le mois de janvier jusqu’à la fin de l’année 2018. Le Fâ renseigne sur les évènements. C’est une science de prévision et d’anticipation. Dès lors qu’on est informé des faits, on peut savoir comment se comporter afin d’éviter le pire.

Le vendredi prochain à Abomey, le roi de Danxomè, sa Majesté Dada Agoli-Agbo Dédjinnangni veut consulter le Fâ pour une année 2018 apaisée. Comment se passent les préparatifs de cette cérémonie ?
Le roi de Danxomè, sa Majesté Dada Agoli-Agbo Dédjinnangni veut sacrifier à la tradition. Il emboite le pas à ses prédécesseurs. Ce qu’il a d’ailleurs toujours fait. Le 15 décembre prochain, il veut consulter le Hxwéfa au nom du peuple béninois pour savoir comment il se comportera pour que l’année 2018 prospère. Par rapport aux préparatifs, nous avons mis sur pied un comité présidé par le Chef suprême du Fâ dah Dissa Houtchénou qui doit gérer cette consultation. Nous avons déjà tenu plusieurs réunions et avons arrêté beaucoup de choses. Nous avons déjà expédié les invitations. On a invité les chefs de collectivités, les rois du Bénin, les grands dignitaires, les autorités, les princes. Ce jour-là, il y aura une manifestation qui va nous donner un avant-goût. Après cela, on va procéder à la consultation de Hxwéfa 2018. Après une autre animation, on va procéder à l’explication des signes que va livrer le Fâ. Il y aura le signe principal et les deux signes annexes, puis nous allons tirer la conclusion.

En tant que grand prêtre, pouvez-vous nous dire si le pays tient bon au plan spirituel ?
Au plan spirituel, notre pays tient bon. Parce que nos divinités et ancêtres sont là et ne nous ont pas laissés. Le Bénin reste un pays qui a toujours gardé sa culture. Ce que je peux déplorer un peu, c’est qu’il y a des gens parmi nous qui ne maîtrisent pas la chose. Et quand on exploite mal l’esprit des divinités, elles ne répondent pas. Sur le continent, le Bénin est un pays unique en son genre. Je dirai seulement qu’il faut qu’on écoute les messages de nos divinités. La terre béninoise est une terre sacrée. C’est une terre du Vodoun.

La consultation nationale a eu lieu, il y a quelques jours. Que pensez-vous des signes révélés ?
Le nom de la consultation, c’est Hxwéfa. C’est-à-dire la consultation le long d’une année. Il n’existe pas un Tofâ. C’est un abus de langage. On ne peut pas dire que tout un peuple a un seul signe. C’est plutôt Hxwéfa. J’ai eu les signes et on m’a même interviewé dessus. J’ai précisé que je suis un Bokonon. Quand tu es Bokonon et qu’on te présente un signe, que ce soit un ennemi ou non qui a fait la consultation, tu dis exactement l’information que tu as sur ce signe, en toute responsabilité. Je ne peux donc pas dire de ‘’Tofâ’’ que c’est une consultation nationale. Pour qu’une chose soit nationale, il faut qu’elle soit instituée. Et ce qui est institué dans notre tradition, c’est ce que Dissa fait à Abomey avec le roi. Nous sommes en matière traditionnelle où la source du droit, c’est la coutume. Et c’est la coutume instituée par le roi Agadja et Dissa qui doit prévaloir. Ce qui est reconnu, c’est ce qui est fait à Abomey chez le roi Agoli-Agbo, et c’est son premier ministre Dissa qui doit le faire.

Votre mot de la fin.
J’invite tout le peuple béninois, y compris les rois, dignitaires, autorités, princes et toute personne consciente de son destin et de ses coutumes à venir assister massivement à la consultation nationale appelée Hxwéfa pour valoriser et pérenniser notre culture.

12-12-2017, La rédaction


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