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Interview avec John Arcadius « Je n’ai pas disparu…Je vais souvent à l’étranger et je reviens »

De son vrai nom Comlan Arcadius Avaligbé, John Arcadius est un artiste musicien (chanteur, auteur compositeur, guitariste, percussionniste et danseur) béninois qui a connu du succès dans sa carrière. Depuis son retour au Bénin, son absence sur les scènes devient une préoccupation pour les mélomanes. Dans cet entretien, il parle de son genre musical, de son expérience en Belgique et nous dévoile les raisons de son absence de la scène musicale nationale ces derniers jours.

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Comment l’aventure musicale a commencé chez vous ?
J’ai commencé ma carrière en tant qu’autodidacte. Je suis venu à la musique surtout par l’envie d’exprimer tout ce qui m’est à cœur. Lorsque j’ai des choses profondes à dire, chanter, c’est le meilleur moyen pour m’exprimer.

Vous êtes accro à la guitare, qu’est-ce qui explique la présence du Vodoun dans votre musique ?
J’entends souvent parler de ma guitare et j’aimerais dire que la guitare est avant tout un instrument d’expression, un instrument à cordes qui vous permet de communiquer facilement et d’asseoir vos mélodies. Cela vous permet de composer la musique et même d’accompagner d’autres instruments. Quand on parle de Vodoun, pour moi, c’est ma culture. Le Vodoun a deux aspects et il y a un qui m’intéresse : l’aspect culturel. L’aspect cultuel ne m’intéresse pas parce que je n’y connais pas grand-chose, je ne suis pas initié, je ne suis pas un Vodounsi. Donc ce qui m’intéresse, c’est le côté culturel, la mélodie, ce qu’on peut prendre et partager avec les autres. Et c’est sur cela que je fais mes recherches afin de les partager avec ceux qui ne connaissent pas. A travers le Vodoun aussi, on peut développer une musique et guérir, puisque la musique guérit aussi à une vitesse rapide. Lorsqu’on associe un chant spécial comme le chant Vodoun à la musique, le mélange des deux peut servir à une thérapie rapide et peut toucher facilement les gens et déclencher les choses chez les humains. Sur ce, je fais un travail et j’ai bien envie de prendre du temps. Donc, qu’on ne dise pas que j’ai disparu. Je n’ai pas disparu. Je travaille tous les jours. Je vais souvent jouer à l’étranger et je reviens. Je ne suis pas régulier ici, parce qu’il n’y a pas d’espaces où des producteurs de spectacles dignes du nom.

Parlez-nous de votre expérience en Belgique.
La Belgique est un pays d’accueil qui m’a donné toutes les opportunités de démarrer une carrière artistique dans les années 90. Nous qui sommes partis d’Afrique, quand nous sommes arrivés dans ce pays où tout est structuré, où les gens ont la notion d’enseignement et d’apprentissage ( parce que c’est un pays où il y a des conservatoires), des académies et autres, ce fut une grande chance pour nous. Vous êtes avec des musiciens comme cela, vous ne pouvez que faire du bon boulot parce que vous venez d’ailleurs où la culture du conservatoire n’existe pas, c’est-à-dire qu’on a la culture orale et surtout autodidacte. Et quand on est en face des gens et qu’on est intelligent, on met surtout son intelligence à l’œuvre et on récolte de bons fruits. C’est ce qu’a été ma carrière en Belgique. J’ai eu à former des groupes, faire des disques, trouver un créneau pour me faire entendre de l’autre côté. C’est aussi simple.

C’est donc fort de cette expérience que vous aviez initié le festival Cotonou Couleurs Jazz dès votre retour au Bénin ?
Tout à fait. En Europe, vous passez sur des grandes scènes, vous voyez de milliers de monde devant vous en train de vous admirer. Vous avez une scène professionnelle avec une qualité sonore extraordinaire, des lumières aussi, le vrai savoir-faire d’un festival. Je pense que j’ai été un grand admirateur et depuis longtemps, je suis resté dans l’ombre à regarder comment ça fonctionne chaque fois que j’ai la chance d’aller sur scène. C’est tout simplement ce que j’ai envie de reproduire chez moi pour aussi donner une chance à nos artistes professionnels, des grands noms d’Afrique aussi, d’inspirer sur cette scène que j’ai installée au Bénin depuis 5 ans pour que ce ne soit pas qu’en Europe on peut se succéder sur un plateau musical.

Cela fait vraiment cinq ans déjà que vous promouvez le jazz, est-ce à dire que vous faites du jazz votre style de prédilection ?
Je ne suis pas un musicien du jazz. Je suis un musicien tout simplement. Je n’ai pas un style. Ma musique varie de tout style et elle est plutôt une musique de recherche. Et c’est ça qui est important parce que je n’ai pas envie de faire de la musique pour faire danser. Je pense que chaque chanson doit avoir sa couleur et une profondeur. Je prends le temps nécessaire pour réaliser mon album. Une chanson peut être sans voix. Un silence pourrait être un titre. Quand c’est comme ça, pour moi, je suis dans une démarche artistique.

Quelles sont les thématiques que vous abordez ?
Un peu de tout sauf « je t’aime, moi non plus »

Pourquoi vous ne chantez pas l’amour ?
Il y a plusieurs moyens de chanter l’amour. L’amour pour son prochain, oui. On peut enseigner l’amour c’est-à-dire comment amener les gens à aimer les autres. Mais « je t’aime », « tu me manques », ce n’est pas ma tasse de thé.

Quel artiste chanteur béninois vous inspire le plus ?
Au Bénin, c’est Gg Vickey qui m’inspire le plus. C’est un grand homme que j’aime beaucoup et qui a réalisé des tubes extraordinaires. Il m’inspire beaucoup et il est unique en son genre.

Quelle est votre relation avec les autres artistes béninois ?
Dans le milieu artistique béninois, les relations sont compliquées. Le problème, c’est que nous, artistes, sommes très compliqués. Il y a le génie qui nous donne l’inspiration, la muse qui est souvent jaloux et qui nous trouble, qui nous amène peut-être à ne pas avoir les pieds sur terre. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’avoir le contrôle sur ce qu’on dit et ce qu’on fait. Dans ce sens, nous devons toujours revoir nos comportements. Moi, je respecte la vision de chacun. Lorsque je suis revenu au bercail, j’ai tendu la main à pleins d’artistes. J’ai eu de très belles collaborations. J’ai créé un studio et réalisé beaucoup de choses. J’ai enseigné à certains comment prendre les choses au sérieux, comment raccorder un son, comment prendre soin des instruments et comment réaliser une œuvre artistique. J’ai apporté mon aide à certains jeunes qui évoluent bien dans le pays aujourd’hui. Donc, je trouve qu’être Béninois, ce n’est pas seulement une affaire de nationalité. Etre Béninois, c’est aussi un comportement. Parfois, d’autres vous attribuent des adjectifs horribles mais, quand on veut mieux évoluer dans le monde musical, je pense qu’il faut souvent bien réfléchir avant de poser un acte.

Quelle est l’actualité musicale de John Arcadius ?
Actuellement, je suis au studio en train de travailler sur un album qui me ressemble. J’y travaille tout le temps et je crois que l’album sortira dans les tout prochains jours. C’est d’ailleurs pour cela que mes fans n’ont pas eu de mes nouvelles depuis quelques temps.

Quelles sont vos perspectives ?
J’ai de nombreuses perspectives. Mais, je pense qu’il faut laisser le temps nous le dire. Je pense aussi qu’il faut que les artistes profitent de l’actuel gouvernement qui est une chance pour le secteur culturel, qui connaît la valeur de la culture et qui y met les moyens pour son éclosion. Comme le disait l’un de mes aînés, le professeur Bienvenu Akoha, « le train va vite, il faut vite sauter dedans ». Donc, nous, les artistes, devons profiter de l’occasion, et je crois que c’est le moment ou jamais de réaliser de superbes projets, de nous rapprocher davantage du ministère de la culture et de s’y mettre pour qu’enfin le secteur puisse prendre son envol.

Un mot à l’endroit de vos fans.
J’aimerais d’abord présenter mes vœux aux fans et à tous les Béninois. Je les remercie surtout pour la patience qu’ils ont toujours eue à entendre mon prochain album. Cette patience ne saurait encore durer. Qu’ils continuent à m’encourager, je ne les décevrai pas. C’est vrai que dans la vie, on ne peut pas plaire à tout le monde, mais le temps nous dira ce qu’il en est. Je leur demanderai de prêter oreille pour les meilleures sonorités que je suis en train de produire.

Propos recueillis par Cyrille LIGAN (Coll)

9-02-2017, La rédaction


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