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Promotion du patrimoine culturel immatériel du Bénin : L’Ensemble artistique national en souffrance

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Marcel Zounon, Directeur de l’Ensemble artistique national

La culture au service du développement restera un vœu pieux si les politiques publiques, de même que les organismes chargés de la promotion de la chose culturelle ne jouent pas convenablement leur partition. L’ensemble artistique national (Ean) qui est l’un des maillons essentiels de la chaine de promotion du patrimoine immatériel du Bénin peine déjà à imprimer ses marques, en dépit des ressources injectées par l’Etat au cours de ces dernières années, et risque de sombrer à nouveau si le vent des réformes n’est pas favorable à sa véritable renaissance. Des centaines de millions y sont engloutis chaque année, avec des résultats mitigés, qui font regretter le passé glorieux du Ballet national du Dahomey en 1962 où, le Bénin fut le 1er pays non-européen sacré Champion du monde, au Théâtre des Nations organisé à Paris.
Même la création du théâtre national, un projet annoncé à grand renfort médiatique, n’a pas permis aux Béninois de mieux aduler leur Ensemble artistique qui reste inconnu du plus grand nombre. Pourtant, les artistes danseurs ou comédiens sont désormais tous sous contrat, les uns à 75000F pendant six mois, et les autres à 100000F pour une durée de trois mois et ce, de façon renouvelable. C’est dire que si le budget de l’Ean était évalué à une dizaine de millions avant la prise de service de l’actuel directeur, Marcel Zounon en février 2011, ce budget a, à juste titre, énormément grimpé.
Les fruits ont-ils tenu la promesse des fleurs ? Une chose est sûre, les acteurs ont encore du pain sur la planche. Les quelques tournées à l’extérieur, qui font saigner davantage les caisses de l’Etat, ne suffisent pas à dire que le Ballet national est au mieux de sa forme. Curieusement, les troupes de danse appartenant à des particuliers dont celle du directeur Marcel Zounon font des exploits. Ainsi, les Super ange du chorégraphe Alladé Coffi Adolphe, qui lui-même forme les danseurs à l’Ean, la compagnie Towara de Marcel Zounon, ou encore Ori culture de Florent Hessou émerveillent plus d’un. Il n’est pas nécessaire de porter sur la place publique, l’embrouillamini qui règne au théâtre national, avec la question du respect de la durée des contrats et autres préoccupations liées au fonctionnement interne.
« L’épopée triomphale de notre théâtre national », est vieille de plus d’une cinquantaine d’années. Aujourd’hui, avec l’abattement du budget, il faut s’attendre au pire. L’heure des réformes a, sans doute, sonné pour l’Ensemble. Bien qu’étant un pays très riche en culture, le Bénin est le dernier à se doter d’une politique de création artistique cohérente dans la sous-région. Il va falloir donc, coûte que coûte, sortir la culture béninoise des sentiers battus. Et comme l’a souligné, tout récemment, Marcel Zounon, il faut faire foi à la culture qui peut apporter beaucoup de devises à l’économie nationale.
Mais, six ans après sa nomination, que peut-on retenir ? L’Ensemble artistique national se meurt et doit impérativement retrouver ses lettres de noblesse. Le ministre de la culture, Ange N’Koué qui, visiblement est en difficulté à la tête de ce département doit prouver que le Bénin peut mieux faire en matière de promotion de son patrimoine immatériel, à travers une meilleure organisation. Si déjà avec le ballet et le théâtre national, l’Ean a vocation de promouvoir tous les arts de scène se meurt, qu’en sera-t-il avec la création de la section musique ? Il serait plus raisonnable de renforcer l’existant. Ange N’Koue pourra-t-il éviter le naufrage à l’Ensemble ? Wait end see.

24-02-2017, Arnaud DOUMANHOUN


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