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Entretien avec le Ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines : Jean-Claude Houssou vante les prouesses du Gouvernement

Sans tambours ni trompette, le Gouvernement de la rupture agit pour venir à bout du délestage. Dans un contexte, où des déficits peuvent subvenir, à tout moment, de la part du Nigéria, du Ghana ou de la Côte d’Ivoire, le Bénin assure son autonomie avec une production de 140 Mgw en 6 mois. Invité sur l’émission Actu Matin hier, le Ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines, Jean-Claude Houssou a dévoilé les actions en cours pour assurer, à l’horizon 2019, une production nationale de 500 Mgw.

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Depuis quelque temps, les populations font face à des coupures intempestives de l’énergie électrique. Comment vous gérez la situation ?
C’est une difficulté inhérente à tout système électrique. Mais, je tiens d’abord à rappeler la différence entre délestage et coupure. On parle de délestage quand l’offre ne correspond pas à la demande. C’est-à-dire lorsque, la quantité d’énergie demandée est supérieure à celle offerte. Ce qui fait qu’on assiste à un décalage entre l’offre et la demande. Et si on ne fait rien, le système électrique ne supporte pas et il peut ‘’tomber’’ comme on le dit dans le jargon. Pour cela, volontairement, on déleste certains utilisateurs de manière à faire en sorte qu’il y ait équilibre entre le peu de quantité disponible et les utilisateurs qui en correspondent pour équilibrer le système et sauver le réseau électrique. C’est un acte volontaire en situation difficile. Ainsi, le délestage entraîne des coupures pour certains utilisateurs en fonction de l’équilibre nécessaire dont je viens de parler.
De l’autre côté, les coupures peuvent d’être d’origine délestage. Un disjoncteur qui se déclenche dans une maison ou dans un quartier peut entraîner la privation d’énergie par rapport aux utilisateurs de cette partie de la ville. Un arbre qui tombe sur un mur qui sectionne la ligne peut empêcher que l’énergie atteigne l’utilisateur. Il y a donc coupure. Pas plus tard que la semaine dernière, un camion qui est rentré dans un poteau a entrainé la section de fils électrique donc cela cause une coupure chez les utilisateurs qui sont alimentés dans cette zone. De la même façon, il y a deux semaines, on a été confronté au fait que lors des travaux publics, il y a des câbles sous terrains qui ont été sectionnées par les gens qui étaient en train d’afflouer le sol. Evidement, le résultat, c’est la coupure qui s’observe chez les utilisateurs chez qui vont ces câbles. Donc, vous voyez que les délestages peuvent entrainer des coupures mais les coupures ne sont pas forcément causées par le délestage. Il peut y avoir mille et une façons d’avoir de coupures. Ce sont des événements qui sont malheureusement inhérents à toute situation de système électrique. Je vous donne un exemple. La semaine dernière, à cause de la neige en France, il y a eu 260 mille utilisateurs qui ont été coupés pendant plusieurs jours alors que le système électrique français est l’un des meilleurs du monde. C’est juste pour dire qu’il peut avoir des événements de type dont je viens de citer qui peuvent entraîner des difficultés. Ce qu’on peut demander et dont je fais cas instantanément au Directeur Générale de la Sbee, c’est de faire que chaque fois que ces événements surviennent, qu’il y ait une réactivité nécessaire de manière à rétablir le plus rapidement possible la population. Nous faisons un métier très difficile. Le 31 décembre dernier, il y avait un défaut d’énergie dans une zone qui n’a pas été couverte pendant une heure. Quand j’ai vu la mobilisation des gens pour faire en sorte que tout le monde, comme promis, puisse avoir l’énergie pour les fêtes, j’ai trouvé ça extraordinaire. Des gens qui passaient ont couru pour savoir s’ils pouvaient apporter une aide, c’est extraordinaire. On est dans une mobilisation constante pour que la réactivité puisse permettre de répondre à la demande des populations.

Des informations font état de ce que le Bénin n’est plus soutenu sur le plan énergétique par le Togo et le Ghana. Pourtant, vous tenez le cap pour donner de l’énergie électrique aux Béninois. Comment vous y parvenez ?
Je suis désolé de vous dire que l’information est une contre-vérité puisque la Communauté Electrique du Bénin fonctionne toujours. J’en suis moi-même Co-président du Haut Conseil interétatique. Ce qu’il faut noter, c’est qu’à l’arrivée de ce gouvernement, le Président de la République s’est donné comme objectif de faire en sorte que l’Energie soit comme le sang qui coule dans les veines de nos concitoyens. Toute suite, on s’est mis au travail pour faire en sorte que des améliorations soient visibles. J’en veux pour preuve, il y a de cela quatre jours, quand je marchais, j’ai fortuitement croisé un dépanneur de télévision du côté de Fidjrossè qui avec ses copains lève la tête et me voit et crie : « Monsieur le Ministre ! C’est à cause de vous que je ne peux plus mentir aux clients parce qu’il n’y a plus délestage. Je ne peux plus leur dire que c’est à cause du courant électrique que je n’ai pas pu réparer leur appareil ». Et pour moi, ça vaut tout l’or du monde en termes de reconnaissance. Le cap qui a été donné à notre arrivée avec une vision claire, une bonne méthode mais surtout de l’engagement pour obtenir des résultats. Tout ce que j’ai cité avant n’a de sens que si on s’engage sur des résultats. Et ce gouvernement le fait. On a été à pied d’œuvre pour lancer des actions de mobilisation qui ont permis d’avoir des résultats que je peux qualifier d’historique. C’est pour la première fois qu’on mobilise dans ce pays, en moins de six mois, l’équivalent de 150 Mgw pour faire face aux défaillances d’origine capacitaire.
Le Bénin est un pays structurellement déficitaire en énergie. Plus de 92 % de notre énergie vient de l’étranger. Chaque fois que le plus gros des fournisseurs c’est-à-dire le Nigéria, tousse, nous on s’enrhume. L’objectif a été alors, de mettre en œuvre rapidement, avant la fin de l’année dernière, les actions à court terme pour faire face aux difficultés récurrentes et à cette souffrance que notre population subit au quotidien. C’est plusieurs peines à la fois. Ce n’est pas seulement le déficit énergétique. C’est l’énergie qui fournit l’eau et chaque fois qu’on avait un déficit d’énergie, on avait aussitôt un déficit d’eau. Donc, il faut améliorer le secteur énergie pour que ça puisse alimenter l’ensemble des autres secteurs vitaux de notre pays.
Cette mobilisation historique jamais vue, a permis, en moins de six mois, d’installer aujourd’hui l’équivalent de 150 Mgw opérationnels dans notre pays. A côté de cela, le gouvernement a lancé la réhabilitation de 30 Mgw de différents groupes qui ont la capacité de fonctionner mais qui étaient à l’arrêt depuis des années à Porto-Novo, Parakou et Natitingou. Tout ça est en route. Normalement, ces 30 Mgw en plus des 150 Mgw permettront, d’ici à partir du mois de février 2017 de nous alimenter encore plus en énergie. ce qu’il faut noter, c’est que ces efforts qui ont commencé à porter leur fruit, comme vous aviez pu le constater pendant la période des fêtes, ont permis, pas plus tard qu’hier, de faire face à un évènement historique, très rare. C’est qu’instantanément on a eu l’effacement de l’alimentation du Nigéria, concomitamment à l’effacement du produit électrique qui vient du Ghana et de la Côte d’Ivoire secondairement. Ce qui fait que si le gouvernement n’avait pas pris à bras le corps ce problème, on aura eu hier (mercredi, ndlr), plusieurs heures ou des jours de délestages. Mais, il n’en était pas ainsi grâce à la mobilisation du gouvernement pour mettre en place ces infrastructures, à une vitesse exceptionnelle. Ceux qui avaient passé des nuits avec nous notamment au port, lorsqu’on avait transporté des 100 tonnes pour aller à Maria-Gléta à des vitesses de 5km/h en savent quelque chose. Cette mobilisation a permis de produire instantanément 140 Mgw sur notre propre sol et ça, c’est du jamais vu de mémoire de Béninois depuis qu’on a installé un système électrique dans notre pays. Il faut souligner que c’est grâce à cette détermination du gouvernement béninois de faire en sorte que cette mobilisation donne des résultats concrets. Ceci pour qu’on puisse faire face à cette situation particulièrement difficile à laquelle on a été confronté et que les populations ignorent. On a pu produire 140 Mgw pour suppléer très rapidement à la défaillance concomitante qu’on a obtenue à la fois du côté Nigérian, Ghanéen et Ivoirien. Ce n’est pas fini car, ce ne sont là que des actions à court terme. Il y a des actions à moyen et à long termes qui vont nous permettre à l’horizon fin 2018-2019 de pouvoir souffler. On va démobiliser progressivement les moyens de location qui nous permettent aujourd’hui, de tenir les engagements à court terme puisque ses machines n’ont pas vocation à rester éternellement, vu leur coût. Le gouvernement a vraiment mis les moyens pour faire en sorte de diminuer les souffrances de nos concitoyens. On travaille déjà pour qu’à l’horizon 2018-2019, on puisse les accueillir sur notre sol et pour qu’on puisse également diversifier l’origine de la production. C’est ce que j’appelle un mix-énergétique responsable puisque, à côté du thermique gaz combustible liquide, on va pouvoir associer le solaire et les énergies renouvelables. Nous sommes dans un pays doté du soleil et il ne faut pas qu’on lui tourne le dos comme le fait le tournesol. A l’horizon 2019 maximum, nous aurons dans ce pays, l’équivalent d’une centaine de Mgw d’origine solaire qui viendra compléter les presque 400 Mgw d’origine thermique. Ce qui portera à l’horizon fin 2019 probablement, l’équivalent de la capacité produite sur notre territoire autour de 500Mgw.

Est-ce que le Bénin est entrain de tendre vers une autonomisation énergétique ?
C’est un objectif que le Bénin peut atteindre. Nous en avons les capacités et nous travaillons pour. Comme dans tous les grands pays du monde, le Bénin a une vocation de devenir indépendant du point de vue énergétique. Compte tenu du coût de l’énergie, notre responsabilité est de l’amoindrir constamment. Ce qui veut dire qu’on peut avoir une capacité sur le territoire capable de démarrer à tout moment. Si je fais un petit calcul, le coût de revient d’un kWh, quand on démarre le moteur sur le territoire est beaucoup plus cher que ce que je peux acheter chez le voisin qui me garantit la disponibilité, je vais préférer aller vers celui-là. Parce qu’au niveau coût global, c’est intéressant. Par contre, quand je suis en situation, comme celle survenue le mercredi, le coût passe au second plan. Le plus important, c’est de satisfaire la population béninoise. Le zéro défaut n’existe dans aucun réseau électrique. Je vous ai donné le cas de la France, où plus de 260 mille clients ont été coupés pour des jours à cause de la neige. Ce qu’il faut noter, c’est qu’il y a des efforts du gouvernement, sur le réseau de transport de l’énergie électrique dont une partie est vétuste dans ce pays. Donc, il faudra qu’on travaille à l’amélioration de ces réseaux, notamment dans leur renforcement, ou bien dans la construction de nouveaux réseaux parce que la population augmente, donc les besoins aussi augmentent. Il faut qu’on soit en capacité de répondre à ses besoins. C’est pour cela, qu’il y a un travail qui commence bientôt sur le schéma directeur électrique qui s’étend sur les dix prochaines années pour nous donner une certaine visibilité de comment nous avançons par rapport au Programme d’Actions du Gouvernement.
Transcription : La Rédaction

20-01-2017, Adrien TCHOMAKOU, La rédaction


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