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Interdiction des prières dans les rues : Talon appelé à circonscrire le mal

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Le mercure monte ! Le réquisitoire des députés et personnalités publiques ayant en partage l’Islam n’est pas de nature à calmer les esprits déjà surchauffés. Seul l’arbitrage du chef de l’Etat peut désormais remettre les pendules à l’heure et ramener la paix dans la cité. Et, le président Talon a déjà, plus d’une fois, prouvé aux Béninois ses qualités managériales en matière de gestion des conflits, mais surtout son attachement à la paix. En moins d’un an de gouvernance, il a éteint plusieurs foyers de tension et, il est inimaginable de croire un instant, qu’il restera insensible face à cette crise qui prend des tournures inquiétantes. Faut-il rappeler que l’homme du Nouveau départ a été le grand artisan de la fraternité retrouvé au sein des Protestants, cette communauté chrétienne qui a trainé ses divergences internes sur des décennies ?
Et, pour relever ce défi, il n’a pas lésé sur les moyens. Talon a aussi réussi à réconcilier les musulmans de Sèmèrè et la liste n’est pas exhaustive. Pourquoi se tairait-il cette fois-ci ? Surtout que les déclarations des ministres de la justice et de l’intérieur ne suffisent pas à situer l’opinion et laissent d’ailleurs libre cours à de multiples interprétations ? Pour la communauté musulmane, le préfet du Littoral fait une interprétation abusive voire contraire à la lettre et à l’esprit du décret portant interdiction d’occupation des espaces publics. « Prier pendant une heure de temps ne peut être assimilé à une emprise sur le domaine public… Il ne faudrait pas que l’on interdise demain aux catholiques d’utiliser le domaine public pour leur chemin de croix, sous le fallacieux prétexte d’emprise sur le domaine public », a déclaré la communauté musulmane.
A qui profite ce tiraillement qui, si on n’y prend garde, peut trouver très rapidement un écho favorable sur le champ politique ? « Si le président ne nous laisse pas prier, c’est qu’il ne doit plus compter sur notre soutien », prévient l’honorable Issa Salifou. Le Bénin ne mérite pas une crise politico-religieuse. L’Etat a, de tout temps, encadré la jouissance des libertés religieuses et, malgré la pluralité des courants, la paix a toujours été préservée. Alors, le chef de l’Etat doit se mettre au-dessus de la mêlée et sauver la cohésion nationale. La paix n’a pas de prix. Talon a le dernier mot et le peuple n’attend de lui qu’un geste salutaire.

31-01-2017, Arnaud DOUMANHOUN


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