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Christian C. VIAHO au sujet du comblement des plans d’eau : « L’Assainissement et la réhabilitation du lac Ahémé et ses chenaux sont indispensables »

« Comblement du cours d’eau, baisse de la productivité, pollution chimique, etc., l’écosystème du lac Ahémé et ses chenaux est aujourd’hui confronté à une surexploitation des ressources et à des nuisances. Face à cette situation, il est prévu la réhabilitation des plans d’eau. A travers cette interview, Christian VIAHO, Directeur des Ressources Halieutiques et de la Promotion de l’Economie Locale de l’Agence pour le Développement intégré de la zone économique du lac Ahémé et ses Chenaux (DRHPEL/ADELAC) explique les contours et dévoile les enjeux ».

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Monsieur le Directeur, est-il toujours gai de voguer sur le lac Ahémé ?
Le lac Ahémé est actuellement dans une situation critique. C’est ce qui justifie d’ailleurs la création de l’Agence pour le Développement intégré de la zone économique du lac Ahémé et ses Chenaux. En effet, au temps jadis, le lac Ahémé et ses chenaux fournissaient des poissons, crevettes, crabes et des huîtres qui constituent la principale source de revenus des populations et l’excédent était exporté vers les pays limitrophes, ce qui permettait à la population de disposer des ressources pour satisfaire leurs besoins vitaux. Mais de nos jours, ce n‘est plus le cas ; car la pression démographique sans cesse croissante, couplée avec l’utilisation généralisée des techniques prohibées de pêche et l’érosion des berges ont entraîné la dégradation de l’écosystème. Il y a comblement des plans d’eau ; il n’est donc pas gai de voguer sur le lac Ahémé actuellement.

Quelles sont les causes qui justifient le comblement du lac Ahémé et ses chenaux ?
Si nous prenons la configuration du lac, c’est comme une cuvette. Le lac est encaissé entre les plateaux de Sègbohouè et Dékanmè au niveau de la rive Est et celui de Comè et Bopa au niveau de la rive Ouest. Cette configuration favorise l’érosion hydrique. Ainsi, l’eau pluviale draine des sédiments vers le lac, surtout que les pêcheurs ont coupé les arbres qui servent de protection pour les berges au profit des acadjas. L’érosion constitue la première cause d’ensablement du lac. Par ailleurs, l’utilisation des Acadjas constitue la deuxième cause de comblement à travers la décomposition des débris de branchages. La troisième cause est le mauvais dimensionnement des ponts-digues érigés sur les différents plans d’eau, qui empêchent l’écoulement des débris charriés par les courants d’eau. Enfin, dans les chenaux, les pêcheurs ont installé des barrages qui piègent les sédiments qui sont drainés vers la mer. Ces sédiments qui se stagnent au niveau des barrages ont entraîné une sédimentation dans le temps. Le lac et ses chenaux n’ayant plus de profondeurs, les espèces de poissons sont dégradées entraînant une chute drastique de la production halieutique.
Il convient de noter que l’exploitation des acadjas crée des nuisances au niveau de l’environnement à travers la destruction du couvert végétal, la réduction de l’oxygène ambiante et le changement climatique. Au niveau des plans d’eau, en dehors du comblement, les branchages consomment de l’oxygène pour leur décomposition ; ce qui entraîne une réduction du taux d’oxygène dans l’eau et la mort des poissons par asphyxie. C’est donc une technique à réprimander.

Quels sont les indicateurs qui témoignent aujourd’hui de cet état de chose ?
Les anciennes références évaluaient la profondeur moyenne à 5 mètres en période d’étiage. Mais aujourd’hui, la profondeur moyenne est de 40 cm et à certains moments, il est possible de marcher dans le lac. De plus, l’étude sur l’inventaire de la faune ichtyologique du lac Ahémé et ses chenaux montre qu’il y a 62 espèces de poissons, contre 78 espèces précédemment répertoriées, soit une réduction de plus de 20%.

Dans ces conditions que faut-il faire ?
C’est justement pour remédier à cette situation que le Gouvernement a mis en place le Programme Intercommunal de Réhabilitation du lac Ahémé et ses chenaux (PIRA), dont l’objectif principal est la réhabilitation de l’écosystème à travers des opérations de dragages sectoriel et partiel qui s’inscrivent dans la durée, et la réalisation par l’intercommunalité d’une zone de développement économique et touristique. L’ADELAC est régie par les dispositions de la loi n°94-009 du 28 juillet 1994 portant création, organisation et fonctionnement des Offices à caractère social, culturel et scientifique et le Décret N° 2015-316 DU 03 JUIN 2015 portant création attribution, organisation et fonctionnement de l’Agence, l’ADELAC. Elle est placée sous la tutelle du Ministère en charge du Cadre de Vie et du Développement Durable. L’ADELAC est donc créée pour assurer la mise en œuvre opérationnelle du Programme PIRA, dont les différentes composantes sont : 1. Aménagement du plan d’eau par dragages sectoriel et partiel ; 2. Développement des infrastructures ; 3. Protection des berges des plans d’eau par le reboisement massif et la mise en place de dispositifs anti-érosifs dans la zone du lac Ahémé et ses chenaux ; 4. Restauration de la mangrove pour contribuer à la confiscation du carbone ; 5. Projet d’éducation environnemental au niveau des écoles, collèges et lycées de la zone du lac Ahémé et ses chenaux ; 6. Sauvegarde des ressources naturelles à travers la diversification des activités et des sources de revenus des populations riveraines du lac Ahémé et ses chenaux ; 7. Promotion des activités de pêche ; 8.Promotion des activités agro-sylvo-pastorales ; 9. Promotion de l’industrie touristique et hôtelière

Il est attendu donc le dragage du lac, comment du sera possible sans déséquilibrer l’écosystème ?
Après l’assainissement du lac, le dragage consistera à enlever les sédiments pour donner de la profondeur aux plans d’eau. Le dragage sera sectoriel et partiel. C’est-à-dire que des secteurs ont été définis à l’intérieur desquels nous avons identifié des parties. C’est donc des opérations partielles qui se feront progressivement sans créer trop de nuisance à l’environnement. Les dispositions techniques et scientifiques sont prises pour ne pas détruire les zones de reproduction des poissons. Nous avons pris du temps pour concevoir le projet. Les études techniques et de faisabilité ont été lancées depuis 2012. Il a fallu trois ans pour étudier le milieu et voir les scénari. Dans certains pays, les gens ont fait le dragage et ils n’ont plus eu de poissons pendant 5 à 10 ans. Nous avons veillé à ce que tout soit fait dans les normes, c’est ce qui justifie le temps qu’ont pris les études pour que nous ayons des données de référence sur tous les plans, sociologiques, environnementaux, hydrauliques, etc. pour qu’en faisant le dragage, nous soyons sûr que nous posons un pas de géant pour l’amélioration de la production. Toutes les informations ont été collectées pour sauvegarder l’activité principale qu’est la pêche.

Ne craignez-vous pas une résistance par rapport à cette opération ?
Les populations ont pris conscience. Elles ont espoir qu’après les opérations d’assainissement et de dragage, il y aura la réhabilitation de l’écosystème qui permettra d’améliorer leurs revenus.

Pourtant certains continuent d’utiliser ces engins prohibés
L’homme est têtu par nature. Certains pêcheurs ont pris goût à l’exploitation des acadjas. Ceux qui continuent d’implanter les acajas savent qu’ils sont dans l’illégalité. Les dispositions sont en train d’être prises pour procéder à l’enlèvement de tous ces engins et techniques prohibés sur nos plans d’eau.

Quelles solutions alternatives pour les pêcheurs pendant le dragage ?
A travers les composantes du PIRA, plusieurs activités ont été identifiées pour assurer la diversification des sources de revenus des pêcheurs car les plans d’eau sont surexploités. En effet, Les normes de la FAO estiment à 9,9 le nombre de pêcheurs par km² pour une gestion durable des ressources halieutiques, mais nous avons pour une superficie de 100 km², 37.000 pêcheurs. Il y a donc urgence de diversifier les activités de ces pêcheurs. Il ne s’agira pas de convertir leurs activités, mais de les occuper autrement de sorte qu’ils n’auront pas le temps d’aller faire la pêche. Il y a l’élevage des escargots, des huitres dont nous sommes en train de concevoir la filière. Nous avons également l’élevage des petits ruminants, la pisciculture sous toutes ses formes. Ce sera donc une diversification des activités pour réduire la pression de pêche. Par ailleurs, nous avons prévu la création des zones de réserves biologiques, sécurisées et interdites à la pêche, dans lesquelles nous allons mettre des géniteurs d’espèces de poissons pour le repeuplement des plans d’eau.

En dehors de la problématique des engins prohibés, il y a la pollution chimique qui asphyxie le lac. Comment y remédier ?
L’ADELAC est en partenariat avec beaucoup de laboratoires qui nous appuient dans le suivi physico-chimique et l’analyse bactériologie des plans d’eau. Nous collectons les données physico-chimiques mensuellement. Ce monitoring sera renforcé pour éviter la pollution du lac, car si l’on fait les actions de réhabilitation, il faut que les produits qui seront issus du lac soient sains, et prêts à être consommes. Cela exige le suivi environnemental des plans d’eau de notre zone d’intervention.

6-12-2018, Fulbert ADJIMEHOSSOU


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