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Ecotourisme : A la rencontre des baleines sur la côte béninoise

Les baleines se retrouvent de façon cyclique sur les côtes béninoises, entre mi-août et mi-novembre. Ces cétacés menacés de disparition offrent aux écotouristes ainsi qu’aux pêcheurs des spectacles inouïs.

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Cotonou, Port de Pêche. Il est 7 heures. La brume marine de ce premier jour d’octobre 2017 se dissipe peu à peu pour laisser apparaître le soleil. A la base des Forces navales, l’équipage du patrouilleur Alibori procède aux derniers réglages. De loin, la tranquillité de la mer force le pessimisme de certains écotouristes, pourtant pressés de vivre « le spectacle des fameuses baleines ». D’autres, par contre, se laissent convaincre par le degré d’optimisme de Joséa Bodjrènou, Directeur de l’Ong Nature Tropicale.

Le suspense
Prototype de la baleine Jubarte en main, fort de ses plus de 15 années d’expérience avec Wale Watching, l’activiste de la protection de la nature rassure : « Les baleines viennent mettre bas sur nos côtes depuis toujours. Nos parents pêcheurs le savaient. Même des études scientifiques réalisées il y a quelques années le précisent. Elles viennent à nous parce que nos eaux renferment peu de prédateurs. Rassurez-vous, il y a 100% de chance que nous observions de baleines ». Wale Watching est organisée chaque année, entre mi-août et mi-novembre, par l’Ong Nature Tropicale en partenariat avec les forces navales. Avant la quarantaine en attente ce jour, des centaines d’écotouristes y ont déjà pris part cette année. Souvent, au début, ils ont les mêmes doutes et la peur de vivre le mal de mer jusqu’à ce qu’ils décident d’embarquer comme Marie-belle pour l’aventure. « Je suis confiante », lâche-t-elle, dans les bras de son père, Aristide Tehou, ingénieur des eaux et forêts, spécialiste des espèces migratrices.

« La fiesta ! »

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Il est bientôt 8h30. Une fois les gilets de sauvetage portés par les passagers, la jeune commandante de bord Viva Fantondji, Enseigne de vaisseau de première classe, donne les dernières consignes. Le patrouilleur Alibori glisse lentement sur les eaux et s’éloigne peu à peu de la côte. La ville de Cotonou ne laisse maintenant entrevoir que ses plus géants immeubles. En attendant, c’est le défilé des pêcheurs continentaux ayant envahi la mer par le chenal de Cotonou, qui attire certains. D’autres, éveillés, sont aux aguets comme pour être les premiers à découvrir ces cétacés en voie de disparition.
L’inédit n’est plus loin : « Une baleine ! », crie Amidou Houssou, Ecogap port. Le temps que les passagers à bord ne se précipitent pour l’observer, deux autres se manifestent en arrière. Marie-belle ne s’en revient pas : « C’est génial ! Voilà encore une autre ». Personne ne veut se faire conter le spectacle qui ne faisait que commencer. En moins d’une demi-heure, dans un rayon de moins d’un km, 9 groupes de baleines se révèlent. En dépit de leur masse de plus de 10 à 30 tonnes, elles offrent des sauts exceptionnels : Baleines et baleineaux s’élancent comme pour toucher le ciel, puis se plongent à nouveau pour ne laisser apparaître que parfois leurs bosses. Difficile de contenir les émotions. « C’est la fiesta ! Elles nous ont entourés, nous sommes dans leur milieu », laisse entendre Joséa, le patron de Nature Tropicale. GPS en main, il note quelques coordonnées géographiques, puis se lance dans une série de commentaires avec les écotouristes. De retour à la base navale, Ricardo, chercheur affilié à l’Institut de Recherche de Développement (Ird) témoigne : « On a vu beaucoup de baleines. Parfois on a l’impression qu’elles réagissaient au fait qu’on soit là pour elles. C’est magnifique ! »

Agir maintenant

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Entre la joie et les commentaires, un débat finit par s’imposer. En effet, ces mammifères sont très peu connus des Béninois dans leur ensemble. Pourtant, c’est une immense potentialité pour l’écotourisme. « On n’a pas besoin de grands moyens pour aller en mer. Les autorités béninoises doivent élaborer un programme pour la conservation de ces espèces et les valoriser par l’écotourisme », souhaite Joséa Bodjrènou. Et même s’il semble prêcher depuis plus d’une décennie dans le désert, il n’est pas le seul à le penser. La veille, les Ong membres du « Programme Ressources Partagées, solutions communes » basé sur la sauvegarde des biens publics mondiaux étaient aussi à la rencontre des baleines. Gautier Amoussou, responsable à Eco-Bénin Ong y tient. « C’est impressionnant de constater que nous pouvons voir ces grandes espèces marines sur nos côtes. Il est important que des moyens de protection soient déployés pour leur conservation », plaide-t-il.
Plusieurs études ont été menées par l’Institut de recherches halieutiques et océanographiques du Bénin (Irhob) et le Laboratoire d’écologie appliquée de l’Université d’Abomey-Calavi pour un réel suivi de ces espèces. Les indicateurs ainsi que les faits rapportés ces dernières années démontrent que ces mammifères sont sous la menace de capture sur les côtes du Golfe de Guinée. Les échouages sont fréquents. C’est le cas des baleines à bosse et à bec de cuvier retrouvées sur la plage à Sèmè et à Fidjrossè, il y a quelques années. « C’est dans notre intérêt de les protéger et de les valoriser. L’écotourisme baleinier doit prendre. Si les gens savent qu’il y a des baleines chez nous, ça va nous rapporter beaucoup de devises », précise Dr Zacharie Sohou, Directeur de l’Irhob. Les baleines ont alors besoin de plus d’attention pour continuer à offrir du spectacle sur les côtes béninoises.

6-07-2018, Fulbert ADJIMEHOSSOU


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