Irrégularités dans les centres de santé au Bénin : Des sanctions pour plus de rigueur professionnelle

Fulbert ADJIMEHOSSOU 3 décembre 2019

Eviter que les centres de santé et les hôpitaux ne deviennent des mouroirs. Les défis demeurent au regard des irrégularités qui continuent d’être décelées et des pertes en vies humaines signalées. Et même si une faute professionnelle n’est pas trouvée, des défaillances dans l’organisation des services et le non-respect des protocoles de prise en charge des malades et des urgences particulièrement en sont encore à l’origine. Le 10 septembre 2019, un nourrisson de 2 ans décédé aux urgences pédiatriques du Chd-Zou d’Abomey des suites d’un paludisme grave avec une anémie sévère aurait pu être sauvé. De même, le décès d’un élève de 15 ans le 10 octobre 2019 aux services des urgences du Chud-Op de Porto-Novo des suites d’une péritonite appendiculaire et le cas d’un jeune homme de 20 ans décédé le 06 Septembre 2019 au service de chirurgie du Chuz d’Abomey-Calavi des suites opératoires d’une occlusion intestinale sur bride traitée par une importante résection intestinale restent préoccupants.

En finir avec les déviances
Il y a donc matière à renforcer le contrôle des structures de prestations de soins médicaux. La commission chargée du contrôle des structures de prestations de soins médicaux a d’ailleurs décelé de nombreuses irrégularités. Elles ont trait à la déficience de l’hygiène des locaux, à l’insuffisance de pertinence du diagnostic et l’inadéquation du traitement, notamment par les infirmiers et par des aides-soignants, le rançonnement des pauvres malades dans le désarroi, la vente illicite de médicaments, le vol et le détournement des recettes. La commission coordonnée par le Professeur Blaise Ayivi, a aussi noté au bout de 1233 contrôles, l’exercice illégal de la médecine et la formation illégale des aides-soignants et des auxiliaires de santé dans plusieurs cabinets de soins infirmiers.

Des sanctions, sans état d’âme
La vie est précieuse. Le personnel de santé se doit d’en être beaucoup plus conscient dans la prise en charge des patients. Il faut bien des sanctions pour que règne plus de professionnalisme dans les structures de prestations de soins médicaux. Il faut que la chambre disciplinaire de l’Ordre national des médecins du Bénin (ONMB) soit stricte sur ce point. Et aux populations de signaler les déviances au ministère de la Santé pour les plaintes via le 91 44 44 44. Ainsi, l’amélioration de la qualité des services sera une réalité avec la répression des actes illicites.



Dans la même rubrique