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Philippe Zoumènou, Directeur de la Protection des côtes « Ce ne sera pas un déguerpissement sauvage »

Déguerpissement pour travaux de protection de la côte :
Psychose dans la zone fluvio-maritime de Cotonou
Quelques années après le déguerpissement de la zone maritime dans le cadre de la construction des épis, des populations riveraines de la côte à l’Est de Cotonou se doivent de libérer à nouveau les emprises. Cette opération qui s’inscrit dans le cadre des travaux d’enrochement et de rechargement suscite d’ores et déjà des remous.
Fulbert ADJIMEHOSSOU
Des visages tristes et des voix indignées. C’est désormais la réalité dans la zone fluvio-maritime de Cotonou, notamment à Akpakpa-dodomè. Alors que des engins lourds étaient en train d’être convoyés, ce mardi matin, dans la zone pour des travaux de protection de la côte, c’est la panique dans le rang d’une dizaine de résidents, attroupés au niveau de l’embouchure. « Ils viennent déjà ! Commencez à vous apprêter ! », lance une dame, la trentaine. Mais Charles Houessou, un des résidents tente de rassurer. « Je ne crois pas qu’ils soient venus déjà pour le déguerpissement. C’est pour le 28 juillet normalement. Et même si ça doit être le cas, ils seront sûrement accompagnés par la police », rassure-t-il. Il parvient donc à calmer les esprits. Cependant, les remous persistent dans un débat où chacun apporte le peu d’informations dont il dispose. Les commentaires vont dans tous les sens. « Nous avons vu le jour et grandi ici. Où veut-on que nous allions ? », s’inquiète un autre riverain.

« Nos placentas sont enterrés ici »
Au domicile de Victor Koffi Goudjo, Président du comité de défense et de soutien des propriétaires de parcelles dans les zones maritimes et lagunaires (Cdsppzml), les va-et-vient se multiplient dans l’après-midi. Un sit-in au ministère du cadre de vie se prépare pour le lendemain (ce jour, ndlr). Le courrier du Préfet en date du 12 juillet 2017 l’autorise. « On ne peut pas nous dire de casser nos habitations, de mettre nos bagages sur la tête et de partir. Nous sommes nés ici et nos placentas ont été enterrés ici », martèle-t-il.
Les résidents de la zone, essentiellement des pêcheurs, réfutent le statut d’occupants illégaux de domaine public. A travers l’histoire des lieux, ils ne manquent pas d’arguments pour le prouver. Cependant, dans le cadre des travaux d’enrochement et de rechargement de la côte, le gouvernement en a décidé autrement. Pour des mesures de sécurité notamment, selon le Directeur de la Protection des berges et des côtes, Philippe Zoumènou, le déguerpissement est indispensable. « Il n’est pas normal qu’une administration responsable laisse les populations jouxter les lieux. On leur a dit qu’ils seront dégagés, mais avec un accompagnement du gouvernement », explique-t-il.

Une nouvelle bataille en vue ?
Une fois le projet lancé ce jour, la libération des emprises devra intervenir. Mais suivant quelles modalités ? Le flou persiste encore. « Jusque-là, on ne nous dit pas concrètement les mesures d’accompagnement. L’opération devrait avoir lieu en avril. Mais ils ont reporté pour permettre de finir l’année scolaire après que nous ayons écrit aux présidents des institutions de la République. Lorsque l’enfant a un jouet qu’on veut lui prendre, on l’amadoue, et on lui trouve mieux », fulmine Victor Koffi Goudjo.
Le long de la côte, les populations végètent dans l’incertitude en attendant le grand jour. Certains disent qu’il est envisagé un accompagnement de 100.000 francs. Pour d’autres, la prudence doit-être de mise. Sur ces deux béquilles devant sa paillote construite sur la plage, Rodrigue Assogba, handicapé, voit l’avenir sombre. « Je n’ai aucune idée de ce qui va se passer. S’ils nous dégagent des lieux, je ne peux que me retrouver dans la rue. Il faut avoir au moins 50.000 francs aujourd’hui pour négocier une chambre. Je vais en trouver où avec ma situation », affirme-t-il.
Pendant ce temps, derrière l’hôtel Plm, les engins lourds font les derniers réglages. « Tout est fin prêt pour le lancement », confirme un ouvrier. Mais l’épineux problème de la libération des emprises se pose avec acuité.

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Face aux inquiétudes que suscite l’opération de libération de l’emprise du projet, Philippe Zoumènou, Directeur de la Protection des côtes et des berges et de la protection des écosystèmes (Dpbcpe) rassure. A travers cette interview, il explique les contraintes environnementales des travaux envisagés et rassure que des mesures sociales sont prévues pour faciliter le déguerpissement de la zone concernée.

Dans quel cadre s’inscrit la libération de la zone fluviomaritime ?
L’opération s’inscrit dans le cadre des travaux de construction des ouvrages en enrochement et dragage de sable pour le rechargement de la plage. C’est la consistance des travaux. L’emprise concernée s’étend de Akpakpa-dodomè jusqu’à Ekpè. Ce sont des travaux qui exigent la levée d’un certain nombre de contraintes. Il faut trouver des espaces nécessaires pour installer les ouvrages, créer des aires de stockage. C’est le cas, entre autres d’Akpakpa dodomè, où nous allons créer une base de chantier pour recevoir un certain nombre d’enrochement et des voies pour que les engins qui doivent aller en mer puissent circuler. Il faut des espaces pour permettre lors des travaux de rechargement d’amortir la vitesse de projection du sable.

Quelles sont les dispositions prises en prélude au déguerpissement annoncé ?
C’est depuis le 23 septembre 2016, alors que nous venions de lancer les appels d’offres pour recruter l’entreprise, que nous avons fait la visite de terrain avec une partie des populations représentées par les élus, pour cerner les périmètres à exploiter. Ces données ont été confirmées en décembre quand l’entreprise nous a indiqué les besoins en espace. Nous avons donc fait l’opération d’identification, de délimitation des emprises. Avant de faire l’état des lieux, nous avons organisé une séance au niveau du ministère pour informer les riverains, les élus locaux et les autres compartiments de l’administration censés nous accompagner, sur la consistance des travaux et leurs contraintes environnementales et sociales. Le chronogramme a été à l’occasion dévoilé. C’est depuis lors que nous avons indiqué que le démarrage des travaux aura lieu dans le premier semestre de 2017. L’état des lieux lancé a été finalisé en janvier. Déjà le 23 janvier, il y a eu un premier communiqué qui avait demandait que les gens prennent leurs dispositions pour libérer le site, surtout ceux qui sont sur le domaine public.
Le chronogramme initial avait prévu le démarrage pour le 15 avril. Nous avons été instruits pour renégocier de manière à permettre aux populations de disposer du temps nécessaire pour que la rentrée puisse aller à terme. Ça fait partie des mesures sociales passées sous silence. Lorsque nous avons fini l’état des lieux, évalué les infrastructures, situé les catégories d’occupants, nous sommes passés à la vérification contradictoire pour éviter qu’il n’y ait de laissés pour-compte. Le 20 Juin, il y a eu une séance pour informer à nouveau du point d’exécution et de l’imminence du démarrage des travaux. Les populations sont intimement associées, en témoigne les listes de présence. J’ai reçu également une délégation du comité de défense à qui nous avons tout expliqué.

Quelles sont les catégories d’occupants concernées ?
Il y a des personnes affectées par le projet qui sont dans le lotissement de Akpakpa dodomè qui sont des présumés propriétaires. Nous avons d’autres personnes qui occupent les domaines publics, c’est-à-dire le domaine du littoral et le domaine public portuaire. Nous les avons informés. Compte rendu a été fait au gouvernement qui a commencé par appliquer une partie des mesures sociales.

Faut-il nécessairement dégager les populations avant d’effectuer les travaux ?
Bien sûr que oui La nature des travaux de rechargement ne permet pas de retenir les populations sur les lieux. Il faut créer des zones de sécurité. Nous allons utiliser des dragues aspiratrices qui vont refouler par des conduites flottantes du sable avec une certaine vitesse. Il n’est pas normal qu’une administration responsable laisse les riverains jouxter les lieux. On leur a dit qu’ils seront dégagés mais avec un accompagnement du gouvernement. Une commission interministérielle de négociation a été mise en place et va devoir travailler pour retenir le montant du dédommagement. Le nécessaire sera fait avant qu’ils ne quittent les lieux. Pour ceux qui occupent les domaines sans titre de propriété, ils ont été sensibilisés sur la nature des risques qu’elles encourent. Nous pensons que ce ne sera pas un déguerpissement sauvage. C’est une opération bien pensée.

Votre mot de la fin
Les travaux du genre génèrent toujours des contraintes aussi bien pour l’environnement que pour les personnes. Il faut que les élus locaux continuent de nous accompagner et que les populations nous aident à remplir toutes les obligations vis-à-vis de l’entreprise qui est prête pour le démarrage.
Propos recueillis par Fulbert ADJIMEHOSSOU

13-07-2017, La rédaction


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