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Prof. Jean Ganglo à propos des nouvelles mesures d’exploitation du Bois au Bénin : « Sans un cadrage des interventions, on risque de dégrader les ressources »

Après la suspension de l’exportation des produits forestiers en avril 2016, le Gouvernement a décidé le 1er mars dernier, de concert avec les acteurs, de nouvelles mesures d’exploitation, de commercialisation et d’exportation du bois et des produits de bois au Bénin. Tout en saluant les réformes en cours dans le secteur, Jean Cossi Ganglo, Professeur titulaire des sciences forestières, porte des réserves sur certains aspects et fait des propositions.

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Professeur, était-il nécessaire de suspendre l’exploitation et l’exportation des produits forestiers au Bénin ?
Il faut reconnaître que, avant l’avènement du Gouvernement Talon, il y avait un désordre en matière d’exploitation forestière. J’ai vraiment apprécié la décision de suspension qui a été prise pour voir clair dans la filière. Entre temps, j’ai eu à faire des interventions dans les médias pour donner mon point de vue. On ne peut pas exploiter une forêt lorsqu’elle n’est pas dotée d’un plan d’aménagement. Je crois qu’une commission a été mise en place et aujourd’hui, nous avons de nouvelles mesures.

Il est désormais interdit l’exportation de toute essence de bois à l’exception de celles issues des plantations domaniales et privées, notamment le teck, le Gmelina et l’Acacia. Qu’en pensez-vous ?
Cette décision, même si elle est utile, doit être assortie d’une condition. On ne peut exploiter une forêt, comme je le disais tantôt, sans un plan d’aménagement. L’aménagement forestier est un ensemble d’opérations, de planifications et d’interventions, dans le temps et dans l’espace forestier. Cette planification tient compte non seulement des potentialités de la forêt mais aussi et surtout des objectifs assignés par l’entreprise forestière. Le Gouvernement devrait ajouter que cette mesure va être mise en œuvre dans les forêts dotées de plans d’aménagement. C’est seulement dans ces forêts qu’on peut savoir dans l’espace et dans le temps, ce qu’il faut prélever sans compromettre l’avenir des ressources forestières. Sans un cadrage des interventions, on risque de dégrader les ressources.

Combien de forêts au Bénin sont-elles dotées aujourd’hui d’un plan d’aménagement ?
80% des massifs forestiers au Bénin, que ce soit des forêts plantées ou non sont dotés de plans d’aménagement. Mais il y a une condition. Ces plans ne sont pas des outils qui sont valables de façon illimitée. Il y a ce qu’on appelle la durée de validité du plan d’aménagement. Généralement, pour nos forêts au Bénin, c’est 10 ans au maximum. Est-ce que ces plans d’aménagement sont aujourd’hui toujours valables ? Si oui, on peut faire l’exploitation. Si non, il faut les remettre à jour avant de faire une exploitation forestière. L’autre problème est que la réalisation des plans d’aménagement est souvent confiée à des gens qui ne sont pas du domaine, les gens font des jeux de coulisses pour s’arracher des marchés et malheureusement, ces plans mal réalisés contribuent à la dégradation des forêts.

L’exploitation des essences issues des forêts naturelles relevant du domaine classé de l’Etat est également interdite. N’est-ce pas une bonne nouvelle ?
En principe, si une forêt naturelle est dotée de plan d’aménagement, elle peut être exploitée. Mais, j’insiste à nouveau sur le fait qu’il faut que le plan d’aménagement soit fiable. On ne peut pas interdire de but en blanc l’exploitation dans les forêts naturelles.

Cette interdiction ne serait-elle pas liée à la quantité de bois qu’on exploite, c’est-à-dire la pression sur la forêt ?
Justement, la quantité de bois qu’on exploite doit être régie par les prescriptions du plan d’aménagement. Si on respecte le plan d’aménagement, on ne doit plus s’inquiéter de la quantité de bois qu’on exploite puisque tout cela est réglementé. Il en est de même de la mesure d’autorisation d’exploitation des forêts naturelles protégées.

Il sera également mis en place une ceinture de contrôle autour des zones de production. Cette mesure pourra-t-elle permettre de réglementer l’exploitation du bois d’œuvre et du bois énergie ?
Je crois que c’est utile. Parce qu’il y a de l’anarchie au niveau des forêts. Il y a les coupes frauduleuses. Même les forestiers ne sont pas à l’abri. Quand j’étais Chef division Aménagement et exploitation de l’Office national du Bois, j’ai été victime des attaques des populations qui n’hésitent devant rien pour exploiter les forêts. C’est important de renforcer l’autorité forestière par la mise en place d’une brigade mobile. Cependant, je voudrais dire qu’il faut que les hommes politiques évitent de promettre aux populations lors des campagnes électorales, de faire déclasser la forêt, de leur donner la terre etc. Il faut éviter cette démagogie et contribuer à l’éducation des populations sur la gestion des ressources nationales.

Entre autres mesures, l’exportation du charbon est interdite. Le Bénin exportait-il du charbon ?
Au Bénin, on exportait du charbon. Mais ce n’est pas souvent réglementé. C’est de façon frauduleuse, par exemple par le Togo. Quand on analyse, le Bénin a un niveau de production qui donne satisfaction aux populations. Evidemment, en faisant l’autoconsommation autour de ce produit, on pourra limiter la dégradation.

Peut-on arriver à tirer profit du secteur du bois, tout en préservant l’environnement ?
La contribution tournait autour de 2,5 % du Produit Intérieur Brut. Mais ça été réévalué. Ce sont des dizaines de milliers d’emplois que ça génère. Et ces ressources sont très utiles. La forêt fait partie de la biodiversité qui joue un rôle essentiel, en ce qui concerne les services d’approvisionnement, les services de régulation pour limiter les effets des changements climatiques, les services culturels et cultuels, le tourisme etc. En cela, la forêt est une composante essentielle de la biodiversité.

Votre mot de la fin
Je voudrais inviter le Gouvernement à suivre la mise en œuvre des réformes. Il faut surtout qu’il soit à l’écoute des populations, des acteurs du secteur et des experts également. Il ne doit pas continuer dans la même logique que ses prédécesseurs, à savoir ne pas associer les experts dans la prise de décisions qui touchent le développement économique du pays. L’essentiel pour nous est de pouvoir réussir.
Propos recueillis par Fulbert ADJIMEHOSSOU

9-03-2017, La rédaction


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