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Réforme du système éducatif béninois : Les lycées techniques : Quels enjeux pour une solution peu exploitée ?

L’inadéquation entre la formation et l’emploi observée depuis peu amène bon nombre de professionnels du secteur éducatif à préconiser des réformes au niveau du système éducatif. En effet, des voix s’élèvent de plus en plus pour faire des propositions de solutions dont entre autres, la promotion des lycées techniques et agricoles au détriment des collèges d’enseignement général, identifiés à tort ou à raison comme la cause de tous les malheurs.

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« Une machine à fabriquer des chômeurs, des enseignants et des bureaucrates… ». C’est ce à quoi se résume le système éducatif dans notre pays. Décriée depuis fort longtemps par certains enseignants, syndicalistes et promoteurs d’écoles, cette organisation du monde éducatif est arrivée à un carrefour où le pays courait droit vers une ruine certaine, si les acteurs ne pensent pas à des réformes pertinentes, et en conformité avec la réalité. Car, n’étant plus en phase avec l’évolution du monde. « Après la formation, ceux qui sortent des lycées arrivent à mieux s’insérer dans la vie professionnelle que ceux qui ont fait l’enseignement général. Contrairement à moi, la majorité de ceux de ma génération qui ont fait les Ceg, continuent à 30 ans, de courir derrière les concours de l’Etat et exercent des métiers sous-payés », déclare Charlemagne, un tourneur ayant été formé au lycée technique Coulibaly. Partant de ce constat, il urge, selon les dires de certains acteurs du secteur éducatif, que désormais l’Etat fasse la part belle aux écoles ou lycées techniques. Théophile, un enseignant de mathématique préconise que le gouvernement transforme certains de nos collèges en lycées technique car dit-il, « la formation généraliste que reçoivent les apprenants depuis le primaire à l’université en passant par le collège, est à la base du sous-développement de notre pays ». Cette réforme n’aura l’impact souhaité sur les jeunes que si elle prend corps dès les premiers pas de l’apprenant dans le système éducatif. Au dire de certains promoteurs d’école comme Nestor Sianhodé, il faut initier les apprenants dès le primaire aux métiers manuels ou techniques afin de leur faciliter la tâche une fois au cours secondaire. « Les journées continues seront les bienvenues si la réforme venait à être mise en œuvre en ce sens que les après-midi permettront aux apprenants de s’initier à d’autres activités comme la musique, la peinture, etc. au même titre que les coopératives scolaires qui s’organisaient au temps de la révolution. Il est largement prouvé que ceux qui font les lycées s’en sortent mieux dans la vie active que ceux ayant suivi la formation dans l’enseignement général », ajoute-il. Mais selon l’Insae en 2013, il n’y a que 2,7% de jeunes qui pratiquent les métiers artisanaux comme, la mécanique, la menuiserie, la maçonnerie, la coiffure 1,8% de jeunes sont dans les Btp et 2,8% dans la construction. Ainsi, l’urgence de mettre le système éducatif en phase avec les réalités du terrain n’est plus à démontrer. Cependant, ceci ne peut se faire que par l’augmentation des lycées.

Des goulots d’étranglement à lever….
Se démarquer de tout ce qui a été fait depuis l’indépendance à ce jour, tout en conservant le nécessaire pour repartir sur un bon pied, c’est ce qu’il convient de faire pour sauver les générations futures du chaos actuel provoqué par un système éducatif mal pensé et dépassé par l’évolution du monde. « Il faut équiper les lycées en matériels permettant à ce que les formations théoriques soient immédiatement suivies de pratique. Vu l’urgence, l’élaboration d’une politique à court terme pour transformer un bon nombre de Ceg en lycées techniques s’impose. A long terme, il faut définir tout en tenant compte de l’évolution du monde une politique de construction massive de lycées », dit Diane Kindji, acteur système éducatif. En effet, ces mesures ne recevront l’adhésion de toutes les couches de la population que si elles sont suivies de la réduction des frais de scolarité. Sur une population en majorité constituée de personnes à faibles revenus, l’aspect social des mesures qui seront prises est à rigoureusement prendre en compte. En outre, la formation aux métiers manuels devrait commencer déjà à partir du primaire pour être renforcée au premier cycle du collège avant d’être approfondie au second cycle. De ce fait, « après le bac, les jeunes pourront être directement employables ou capables de se prendre en charge. Les pays qui excellent dans le monde en matière de développement ont basé leur réussite sur la recherche, les sciences, la technologie. Bill Gate n’a pas eu à faire l’université avant de créer Microsoft », affirme Rafaël Nonfon, un jeune enseignant des Sciences de la vie et de la terre. Des propos renchéris par Armel Fassinou, parent d’élève. « Le Bénin ne manque pas de cadres, les besoins actuels et futurs de notre pays se résument à la formation d’ingénieurs, d’artisans, de techniciens et d’entrepreneurs capables de créer et d’innover pour faire décoller ce pays. » ajoute-t-il. Ce faisant, le Bénin jadis quartier latin de l’Afrique retrouvera ses lettres de noblesse.

Interview avec Diane Kindji, ….
« Le gouvernement doit rechercher les formations qui débouchent sur un emploi… »
Le gouvernement béninois met les bouchées doubles pour avoir des modules de formation qui répondent aux besoins du marché de l’emploi. Pensez-vous qu’il faut des préalables avant de réussir ce pari ?
A l’entame, je remercie le gouvernement de Patrice Talon pour les efforts qu’il fait pour assurer une éducation de qualité aux filles et fils du Bénin. Ceci se traduit clairement par les réformes en cours dans les différents secteurs, surtout celui de l’éducation. Pour ma part, il faut des préalables pour avoir des modules de formation qui répondent aux besoins du marché de l’emploi. Dans un premier temps, le gouvernement doit rechercher les formations qui débouchent sur un emploi, des secteurs encore vierges mais qui contribuent au développement du pays. Les exemples que j’aime bien citer sont les secteurs du numérique et de l’environnement. Dans un second temps, il faudra que le gouvernement réduise voir supprime certaines formations qui paraissent superflues. C’est-à-dire des filières qui voient sortir des milliers d’étudiants chaque année, mais qui ne peuvent vraiment être employés. Enfin, il faudra que l’Etat pense à initier des modules de formation à l’entrepreneuriat au sein des écoles. Pour ce faire, il est indispensable d’associer les entrepreneurs, puisque ce sont ces derniers qui recrutent les jeunes à la fin de leur formation. Le gouvernement a donc intérêt à se rapprocher d’eux pour savoir les modules de formation qui donnent lieu à des emplois rapides et sécurisés. C’est un préalable d’autant plus important, car cela permettra au gouvernement d’offrir aux étudiants des formations adéquates qui leur permettront, une fois diplômés, de trouver immédiatement à faire.

Que direz-vous si le gouvernement appliquait la politique de la transformation des Ceg en lycées ?
Je dirai tout simplement bravo, oui bravo. Ce serait un début pour la promotion des secteurs de métiers. Des métiers qui permettront aux apprenants de faire plus de pratique que de la théorie. Ce serait une opportunité pour les jeunes d’avoir non seulement des diplômes techniques, mais aussi un savoir-faire depuis leur jeune âge. Cette politique de transformation des Ceg en lycées sera la bienvenue dans un pays où des défis restent encore à relever pour amorcer un développement réel. C’est la meilleure solution à mon avis pour mettre fin au chômage grandissant. Cette façon de faire les choses, poussera instinctivement les apprenants à s’auto-employer et ne plus attendre que l’Etat ou une entreprise les recrute. Mon souhait si cette politique prenait corps, est que l’Etat introduise dans le secteur de l’enseignement des filières, du numérique et de l’environnement. Des secteurs qui vont durer dans le temps.

Le gouvernement a-t-il les moyens de sa politique ?
Si le gouvernement a pu démarrer la phase pilote de l’introduction de l’anglais dans l’enseignement primaire cette année, sans que cette réforme ne fasse pas partie du Pag, alors je vous répondrai qu’il a les moyens de sa politique. Il suffit juste qu’il décide de se pencher sur la question et d’en faire une priorité. Ce qui me rassure est que des réflexions sont en train d’être menées à ce niveau. Puisque déjà, à voir les actions du Fnpej sur le terrain à l’endroit des jeunes promoteurs, on peut dire que quelque chose de concret se fait à ce niveau. Ma question toutefois est de savoir si cela sera fait, avant la fin du mandat actuel. J’espère vivement que cela ne saurait tarder pour amorcer le développement du Bénin. Aussi, à voir l’évolution du dividende démographique du Bénin, les jeunes âgés de 15 à 65ans, les plus actifs d’ailleurs, représentent les 2/3 de la population et sont en chômage ou sous-employés. Justement parce que les formations reçues par ces derniers ne sont pas en adéquation avec la politique de l’emploi. IL est temps d’investir dans la jeunesse, la sortir de la léthargie et l’utiliser pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (Odd).
Propos recueillis par Patrice SOKEGBE

22-09-2017, Patrice SOKEGBE


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