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Réformes dans le système éducatif : La nouvelle architecture de l’école béninoise

Les acteurs du système éducatif multiplient depuis quelques semaines des rencontres dans le but de donner une nouvelle orientation à l’école béninoise. A ce sujet, de grandes réformes ont été proposées au Conseil national de l’éducation.

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L’école béninoise va bientôt sortir de sa léthargie. Après de longues concertations, les acteurs ont réfléchi à une nouvelle architecture du système éducatif béninois. Eu égard au taux de chômage très élevé, au taux de déscolarisation sans cesse croissant et à la mauvaise qualité du système, enseignants et autorités ont estimé qu’il faille corriger le tir. Selon Abdel Rahmane Baba Moussa, secrétaire permanent du Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Education, cet organigramme qui prend en compte les ordres de l’enseignement, s’inscrit dans le cadre du Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Education Post 2015. « Nous avions cru que le gouvernement de la rupture allait balayer tous les travaux déjà menés, mais il a plutôt apprécié et a même suggéré que nous approfondissions les idées… », a-t-il dit.

Education de base obligatoire de 10 ans
A en croire Abdel Rahmane Baba Moussa, l’enseignement maternel dure deux ans et l’âge requis est de 4 à 6 ans. Ensuite vient l’éducation de base qui passe de 6 à 10 ans avec la possibilité d’obtenir le Brevet d’études du premier cycle (Bepc) avec une moyenne de classe suivie d’une orientation. « Pour l’heure, il n’y a pas encore de texte officiel sur son caractère obligatoire ou non. Aussi, dans le fonctionnement actuel du système, cet enseignement correspond à l’enseignement primaire et au 1er cycle du secondaire. Il n’est pour le moment pas envisagé la mise en place d’un continuum de 10 ans. La suppression du Cep et du concours d’entrée en 6ème n’est pas non plus envisagée pour le moment », a-t-il expliqué. Compte tenu de ces éléments, le modèle dans sa structure va tout simplement reprendre le 6 + 4 tel qu’il existe aujourd’hui avec la possibilité de jouer sur le taux de transition primaire secondaire selon les objectifs de développement qui seront assignés à cet enseignement de base de 10 ans. Cette scolarité est obligatoire conformément à la loi d’orientation en vigueur et au protocole de la Cedeao.

Le Bepc et la moyenne de classe : Le visa pour le 2nd cycle
Dans la nouvelle architecture, il a été prévu la mise en place d’un « cadre normatif sectoriel » transversal qui précise les normes de qualité de l’offre et d’optimisation des passerelles entre les composantes du secteur. A ce sujet, il s’agira de mettre en lien les dispositions du cadre national de certification et l’employabilité des apprenants à la fin du cursus de formation, de définir les conditions d’accès et de mobilité entre les composantes du secteur. « Le Bepc et la moyenne de classe à la fin de la 10ème année de l’éducation de base permettent l’accès aux lycées d’enseignement général et technique. Les élèves sortant de l’éducation de base avec ou sans Bepc sont orientés vers les dispositifs de formation professionnelle, l’autorisation d’ouvrir un atelier d’apprentissage est subordonnée à la création des conditions requises pour l’alphabétisation systématique des apprentis… », a expliqué le ministre de l’enseignement secondaire Lucien Kokou. Il s’agira également de définir les conditions de formation et d’intervention des éducateurs et formateurs de l’éducation non formelle. « On va aligner les conditions d’inscription, la durée de formation, le niveau de rémunération des maîtres alphabétiseurs et éducateurs d’adultes sur ceux des instituteurs. On va également créer un référentiel de compétences des maîtres artisans des ateliers d’apprentissage pour renforcer leurs capacités, fixer des numerus clausus acceptables dans les ateliers d’apprentissage », a-t-il ajouté.
Le Gouvernement, faut-il le rappeler, a élaboré une carte universitaire. Aussi, va-t-il concevoir une carte scolaire et d’apprentissage, de manière participative, et veiller à son respect scrupuleux dans l’implantation des établissements scolaires et universitaires et des autres structures d’apprentissages et dans la répartition des ressources telles que les infrastructures, le personnel, les équipements et autres. En terme de mesures prioritaires, il y a la création des « Grands collèges » en centralisant apprenants, enseignants et les équipements, la création des « Collèges de proximité » en multipliant les établissements pour se rapprocher des ménages et la séparation du 1er cycle (collège) du second cycle (Lycée) et faire l’option d’enseignants bivalents pour le collège et d’enseignants monovalents pour le lycée.

La question des déscolarisés
Dans la nouvelle grille du système éducatif, il sera mis en place un dispositif transversal d’orientation pour l’éducation afin d’assurer des passerelles entre l’éducation formelle et non formelle. « Plus de 90% du secteur informel provient de la couche déscolarisée. A cet effet, il est indispensable de les insérer dans notre plan architectural afin que ceux-ci deviennent un piston pour l’économie nationale », a déclaré le ministre de l’enseignement secondaire et de la formation technique et professionnelle Lucien Kokou. A ce sujet, il sera mis en place d’un cadre national de certification, un système de validation des acquis de l’expérience (Vae) dans toutes les composantes du secteur et à tous les niveaux. Il s’agira également d’intégrer dans les curricula d’enseignement des sorties de découverte et d’incitation aux métiers au profit des apprenants des classes de 5ème, 4ème et 3ème dans les centres de formation professionnelle et d’apprentissage (Cfpa), les lycées techniques et les industries. Aussi, des cellules d’orientation scolaire et d’information des apprenants des quatre dernières années de l’éducation de base seront-elles créées, les dispositifs existants renforcés et l’insertion professionnelle assurée afin de permettre à chacun de poursuivre sa formation jusqu’au plus haut niveau souhaité.

Suppression ou non des Npe
Pour passer à la suppression de l’Approche par compétences, il faut des études pour l’évaluer depuis sa mise en œuvre à ce jour. « Les études au sujet du bilan des Nouveaux programmes d’études sont en cours. Mais à titre personnel, on peut revoir les Npe, mais on ne peut pas s’écarter de l’Approche par compétences. Nous avons besoin de la compétence dans nos différentes administrations. Ce n’est donc pas l’approche qui pose problème, mais les stratégies mises en place pour sa mise en œuvre », a affirmé le secrétaire technique et permanent du Plan décennal de développement du secteur de l’éducation. Pour lui, il est impossible de rejeter une approche qui entend amener les gens afin à avoir une compétence. « Il faut une nouvelle orientation dans l’application de l’Apc. C’est la manière dont on l’applique qu’il faut revoir afin qu’elle produise réellement des compétences », a-t-il ajouté.
Adéquation formation-emploi et recherche - développement
Le nouvel organigramme a prévu créer des passerelles entre la formation et l’emploi. Ceci, à travers l’articulation dans une dynamique évolutive, des mesures pour l’emploi adoptées par l’Etat avec les offres de formation et d’insertion socioprofessionnelle identifiées, l’amélioration du dispositif de formation de type dual en renforçant la flexibilité et le dualisme qui le caractérisent par l’engagement des entreprises et autres unités de production. Dans ce contexte, les acteurs entendent assurer une synergie d’actions entre les différents dispositifs d’accompagnement des jeunes vers l’emploi et l’entrepreneuriat en clarifiant leurs rôles et prérogatives respectifs pour éviter les conflits d’attributions et garantir leur utilisation judicieuse par les sortants du secteur de l’éducation. Aussi, les acteurs comptent-ils élaborer et rendre accessible aux apprenants les parcours de formation et d’insertion socioprofessionnelle articulés aux secteurs porteurs de l’économie et utiliser la reconnaissance et la validation des acquis de l’expérience ainsi que des acquis professionnels comme dispositifs d’accès à la certification pour renforcer la compétitivité des personnes formées dans le secteur de l’éducation non formelle.

La restructuration du Cne
La réorganisation du système éducatif béninois est l’une des préoccupations majeures du Gouvernement. C’est dans ce cadre qu’il est créé le Conseil National de l’Education (Cne) qui reçoit une délégation de pouvoirs des Ministres en charge de l’Education dans les domaines spécifiques qui seront déterminés par arrêté interministériel pris par les Ministres concernés. C’est un organe de veille et de décision selon la nature des questions qu’il est capable à traiter. Le Cne est chargé entre autres de veiller au respect des grandes options éducatives et à la mise en œuvre de la loi d’orientation de l’éducation nationale, à la coordination de tout le système éducatif, au suivi de ses décisions et de ses délibérations.

La création de la Ciis
La Cité internationale de l’innovation et du savoir (Ciis) est un cluster d’écoles et d’universités, d’institutions d’enseignement technique et professionnel, ainsi que de centres de recherche et d’incubateurs. Grâce au partenariat étroit qui sera développé avec les entreprises, la recherche appliquée et la commercialisation des innovations feront une partie de cet écosystème. A en croire Abdel Rahmane Baba Moussa, cette cité axée sur le savoir et l’innovation comprend des écoles et universités ; des institutions de formation technique et professionnelle, des centres et laboratoires de recherche, ainsi que des incubateurs et des start-up innovantes. La Ciis sera construite sur une superficie de 100 hectares dans une zone peri-urbaine à fort potentiel de croissance, à proximité des infrastructures majeures (routes nationales, aéroport, programmes immobiliers..). Un campus ainsi que des installations résidentielles, commerciales et récréatives seront développés aux meilleurs standards internationaux pour créer un environnement "Live-Work-Play". Cette cité, selon lui, va accueillir une communauté d’étudiants, de savants, de chercheurs, d’entrepreneurs, d’innovateurs et d’investisseurs venant du monde entier. Cette cité a pour vocation de développer des programmes d’enseignement multidisciplinaires, à forte composante pratique, ainsi que des programmes de recherche et d’incubation qui fournissent aux jeunes africains les compétences et les aptitudes nécessaires pour répondre aux défis économiques, sociaux, environnementaux et culturels du Bénin, de l’Afrique et du reste du monde. L’objectif principal visé à travers la création de la Cité Internationale de l’Innovation et du Savoir est d’offrir un cadre stimulant pour répondre, à travers l’enseignement, la formation et l’entrepreneuriat, aux besoins de compétences des marchés africains.

Création de l’Abri
En dépit du cadre institutionnel et organisationnel existant et des multiples travaux de recherche menés par les chercheurs béninois, il est à remarquer que le secteur reste méconnu du grand publie. De plus, les résultats de recherche censés répondre aux besoins de développement contribuent peu à la résolution des problèmes économiques et sociaux du pays. Les résultats de recherche sont encore peu diffusés ou valorisés et n’ont pas un impact significatif sur la vie des populations béninoises. La création de cette agence vient comme une solution pour combler le vide. Selon Abdel Rahmane Baba Moussa, elle a pour mission la conception, la coordination, le suivi de la politique de l’Etat en matière de recherche scientifique et de l’innovation. Elle propose les orientations et mobilise les moyens nécessaires à leur réalisation, en relation avec les établissements de recherche et d’enseignement supérieur.
Elle est chargée entre autres d’élaborer le plan stratégique de développement de la recherche en science, technologie et innovation et de faire le suivi de son exécution ; d’élaborer la stratégie de renforcement des disciplines scientifiques, notamment à l’endroit des femmes, et de la création de centres d’excellence, d’élaborer la stratégie de création et d’installation de laboratoires innovants (innovation labs), en collaboration avec les institutions partenaires et la direction des infrastructures et de l’équipement, de rechercher de partenariats pour inclure un volet• formation dans les projets structurants à caractère scientifique ou technologique, de promouvoir le partenariat public privé dans le secteur de la recherche scientifique et de l’innovation. Elle est également chargée de proposer les pôles, axes, programmes et projets prioritaires en matière de recherche scientifique et de l’innovation au Bénin, de proposer et animer un cadre de concertation public privé pour un fonctionnement cohérent et dynamique du secteur de la recherche scientifique et de l’innovation au Bénin. Toutes ces réformes ont été portées à l’attention des membres du conseil national de l’éducation pour appréciation.

10-03-2017, Patrice SOKEGBE


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