Bénin : « Nous allons à un procès politique », dixit l’avocat de Reckya Madougou

9 décembre 2021

Demain, vendredi 10 décembre 2021, l’opposante béninoise Reckya Madougou sera face au juge, à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), à Porto-Novo, capitale du Bénin. Neuf mois après son interpellation musclée au sortir d’un meeting à Porto-Novo, l’ancienne garde des Sceaux, ministre de la Justice sous Boni Yayi, sera confrontée à son principal accusateur, le procureur spécial près la CRIET, Mario Mètonou. Pour sa défense, l’accusée bénéficie des services d’une dizaine d’avocats. L’un d’eux, Me Renaud Agbodjo, s’est confié à AFRIK.COM, à la veille de cette échéance majeure.

Demain, vendredi 10 décembre 2021, sera ouvert le procès de Reckya Madougou, à la CRIET. En tant qu’avocat de l’inculpée, quels sentiments vous animent aujourd’hui ?
Le sentiment qui m’anime est celui de l’indignation, car Madame Reckya Madougou paye le prix de son combat pour la liberté d’expression et d’opinion et pour avoir osé présenter sa candidature malgré les menaces aux dernières élections présidentielles.

Dans quel état d’esprit se trouve votre cliente, à la veille de sa comparution ?
Pour qui connaît Madame Reckya Madougou, c’est une femme qui croit fortement en ses convictions. Son passé de militante est demeuré intact en ce jour. Elle affronte ce procès avec sérénité, car elle sait qu’elle est une détenue politique.

Votre cliente est inculpée pour financement du terrorisme et association de malfaiteurs, de graves accusations tout de même…
Notre cliente est poursuivie pour financement de terrorisme uniquement et pas pour association de malfaiteurs. Cette dernière infraction a été abandonnée par l’accusation.
Le financement de terrorisme est une accusation certes grave, mais en l’occurrence, le dossier est vide et il n’y a aucune preuve qu’elle a financé un acte terroriste, et personne dans le dossier ne l’accuse en dehors du procureur lui-même.

Quelle issue voyez-vous à ce procès ?
Nous allons à un procès politique, c’est un secret de polichinelle. Et vous savez très bien que dans ce genre de procès, ce sont les opinions publiques qui sont jugées et non les actes. Reckya Madougou n’a pas joui des conditions d’équité et d’indépendance qu’une procédure pénale doit revêtir. Et la CRIET n’est pas à son premier exemple en matière de violations graves des droits de l’Homme et de la Défense.
Source : afrik.com





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