Editorial : Le 28 de la division !

Angelo DOSSOUMOU 4 avril 2019

28, un chiffre pair mais par ces temps qui courent au Bénin, divisez-le et vous n’obtiendrez qu’un cocktail sulfureux d’inquiétude, de certitude et d’indifférence. D’une part, respectueux de l’ordre constitutionnel, le gouvernement a pris acte de l’échec du Consensus et est désormais passé à l’étape des dispositions idoines pour la tenue à bonne date des élections. Evidemment, il s’assure de résoudre, quelle que soit l’adversité en face, l’équation ‘‘sécurité’’ des votants. De son côté, l’opposition mise devant la triste réalité de sa non-participation aux législatives de 2019, passe outre les barrières légales et s’active pour un 28 invivable aux gouvernants. Tous muscles dehors, pendant que la Cena tranche pour le bulletin unique du scrutin à venir, elle appelle le peuple à manifester. Et donc diamétralement opposés, les acteurs politiques se livrent bataille autour d’un 28 devenu subitement impair.
Et pour cause, si au vu du schéma politique qui se dessine au lendemain des joutes électorales, beaucoup ne se préoccupent plus de l’issue des votes, a contrario, nul n’est indifférent quand il s’agit de ce à quoi pourrait ressembler la solution à l’énigme bras de fer Opposition-Mouvance. D’ailleurs, après avoir épuisé toutes les cartouches à pourchasser un imaginatif consensus, les voilà, à cause de leurs intérêts personnels, en train de mettre à rude épreuve le dicton : ‘‘Dieu aime le Bénin’’. Ce qui est sûr, il l’aimera toujours et plaise au ciel, aucun plan diabolique des politiques forgés contre lui ne passera.
Sinon, à l’étape actuelle du processus électoral, tout ce qu’on sait, c’est qu’il y en a, peut-être même les plus nombreux, qui ont vu leurs carottes cuites. Sans espoir, ils refusent de se résigner et d’encaisser la sentence qui s’est longuement dessinée dans les couloirs du Ministère de l’intérieur, de la Direction des impôts, de la Cena, de la Cour constitutionnelle, de l’Assemblée nationale et du Palais de la présidence. En somme, seuls contre toutes les institutions de la République, les Ong attachées au fameux 28 et les lois électorales, on pourrait se demander si les opposants, plus que jamais décidés à forcer le verrou des législatives 2019 inclusives ne font pas un saut dans le vide.
Maintenant, s’ils s’équipent de parachute et réussissent un atterrissage paisible, tant mieux. Mais, à partir de leur appel à la résistance, si ça dégénère, chacun en tirera les conséquences. Car, on aura beau soupçonner la Mouvance du meurtre de l’Opposition au parlement, il revient aux institutions compétentes d’en juger. Ce qui est déjà fait. Alors, tenter de mettre la paix en péril pour obtenir un droit astucieusement conditionné, c’est courir le risque de se faire une fois de plus hara-kiri. Pout tout ceci, les défenseurs de l’anarchie au nom de la démocratie doivent savoir raison garder. D’ailleurs, le charme de la vie, c’est bien cette roue qui tourne et qui comble de bienfaits les patients.
Pour finir, inutile pour ceux qui ne l’ont pas compris, d’appeler la foudre sur leur pays. Plutôt, et c’est mon dernier mot, qu’ils tirent leçons de leurs erreurs du passé pour rebondir. L’adage dit : « l’homme prudent prend son manteau même s’il ne pleut pas ». Alors, pour la paix au Bénin, que personne n’oublie le sien.





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