En toute sincérit : Infanticide manquée !

Naguib ALAGBE 3 juillet 2020

Miracle ! Tel aurait dû être son nom. Lui qui, laissé pour mort en plein milieu du lac Nokoué, n’eut la vie sauve que par un coup du sort. Mais avant, il a fallu contre vents et marrées s’armer de courage et se battre. Preuve que la chance ne sourit qu’à ceux qui s’accrochent vaille que vaille.
Jeté par-dessus ce pont situé non loin du Ceg le Nokoué, nuitamment comme on pourrait bien se l’imaginer, Miracle, on ne sait par quel miracle, parvenait encore au petit matin, non seulement à respirer mais aussi et surtout malgré une pluie battante, à trouver en lui la force nécessaire pour alerter les passants de ses cris de détresse. Les premiers qui l’ont entendu, des collégiens en l’occurrence qui fort heureusement allaient en cours en retard ce jour-là, eurent de la peine à en convaincre d’autres. C’est leur insistance qui sauva la vie à ce bout de chou. Il y eut parmi eux, un téméraire, assez fou heureusement là aussi, pour braver les eaux et le sortir des algues sur lesquels il s’était retrouvé suspendu. La bêtise humaine venait de se donner à voir dans l’une de ses formes les plus cruelles. D’emblée il ne faut pas tomber sur une mère sans cœur.
Sans conteste, l’auteur le voulait mort, pour quelle raison, on ne saurait le dire. On sait cependant que cette histoire ressemble à bien d’autres d’un même phénomène de société qui chaque année fait des centaines de victimes un peu partout. Combien sont-ils çà et là, peuplant les centres et foyers d’accueil ne sachant rien, mais alors rien de qui ça peut bien être, leurs géniteurs. Et il faut croire, que ceux-là sont les plus chanceux. Certains ont vu leur sort scellé dès la naissance, leur tort ayant été de naître de parents chez qui ils n’étaient pas les bienvenus. En général une mère au cœur de pierre et en père complice ou non, d’une manière ou d’une autre, mal leur en a pris. Leur condamnation est souvent sans appel. C’est que ‘’bébé doit mourir et puits c’est tout’’ et les voilà qui finissent au fin fond d’un puis abandonné, une fosse septique, flottant sur un cours d’eau, ou encore sur un tas d’ordure, jetés en pâture aux chiens.
C’est à se demander où et comment trouve-t-on la froideur et le courage nécessaires pour une telle cruauté surtout quand, en plus d’être une femme, on a pu jouir de la grâce de la maternité. Et qu’on ne se cache pas derrière l’irresponsabilité d’un homme pour justifier un tel crime. Il reste, à moins qu’il ait été complice un irresponsable parmi tant d’autres et vous, une vile meurtrière, une mère qui tout simplement ne méritait pas d’en être une. Mais alors, pas du tout.





Dans la même rubrique