En toute sincérit : Qui êtes-vous ?

Naguib ALAGBE 17 avril 2020

Question très encombrante, elle a scellé le sort de nombre de futurs gendres. Que dès la première rencontre, proches et parents de la future épouse manifestent presque automatiquement une sorte de curiosité vis-à-vis d’un prétendant est a priori, quelque chose de complètement normal.
Et des questions qui de toutes parts pourraient fuser, une cruciale. Le fameux « Tu fais quoi dans la vie ? », à la fois banale et profond, qui sans nulle doute étiquette le futur beau fils et conditionne le type et même la qualité de ses rapports futurs avec ce qui pourrait éventuellement devenir sa belle-famille. Certes, il faut se renseigner. Plus qu’une curiosité, c’est même un besoin pour se faire une idée, plus ou moins claire, et savoir à qui l’on a à faire.
Il faudra ne pas perdre de vue les enjeux et les implications à court, moyens et long termes. C’est sans conteste, une responsabilité des parents, entre autres, de guider la jeune fille dans ses choix pour la vie, même si là-dessus, tant et tant de parents ont dû se résigner, déçus que leurs attentes n’aient pas été prises en compte au moment de faire ce genre de sauts. Cela arrive aussi souvent que vous ne pourriez, l’imaginer. Mais, de là à la laisser échoir à la merci du premier venu, relèverait d’une sorte d’échec. D’où, la nécessité pour les parents d’ouvrir les yeux sur les choix de la jeune fille notamment en cette matière.
Et là précisément, se situe le hic. Déjà sur la conformité du choix qui est fait avec les attentes des parents, tout peut virer au drame et tout de suite.
Par exemple, Il faut faire preuve d’une audace surnaturelle en effet, pour présenter à un père qui vous voulait médecin, et qui finit par s’y faire à ce que vous n’ayez pu finir que simple infirmière, un fiancé artiste, qu’il soit musicien, chanteur, peintre dessinateur, ou même metteur en scène. C’est un peu comme, jouer avec la tension du vieux. Ça manque de prudence.
Le drame, c’est qu’il idolâtre Tola KOUKOUI, Admire à mourir SAGBOHAN DANIALOU, Ecoute Pierre Dassabouté à longueur de journée, mais ne veut en aucun cas entendre parler d’un gendre artiste. N’est-ce pas fou ça ?
Reste à dire qu’une infirmière est tout sauf simple, elle ne le serait qu’aux yeux de bonhomme qui voulait, à défaut d’une fille médecin, un gendre chirurgien pour se consoler.
Toujours est-il que derrière le fameux « que faites-vous ? », il y a presque toujours une sorte de « qui êtes-vous ? » sous-jacente. Qui cherche à définir la valeur à donner à une personne partant de sa profession.
Il est clair donc, qu’il vaut mieux la plupart du temps, répondre je suis magistrat, avocat, chef d’entreprise même en faillite, homme d’affaires sans affaire, politicien et consorts. Bref, s’affubler de titres ronflants, comme si cela pouvait être une quelconque garantie de bonne personnalité, histoire de mettre tout le monde à l’aise, y compris ceux dans la belle famille, qui ont toujours eu dans un coin de la tête, ce que pourrait rapporter un gendre plein aux as.
Maintenant, gare à vous si vous n’êtes que ce que j’imagine ici là, et que vous ne disciplinez pas vos sentiments. Vous ferez alors l’expérience de ce que métier noble et bonne éducation sont rarement des qualités requises pour être un bon gendre. Bien éduqué mon œil !





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