En vérité : Asphaltage : le temps du contrôle

Moïse DOSSOUMOU 7 juillet 2020

C’est l’un des acquis phares du régime dit de la rupture. Dans le Programme d’actions du gouvernement, il occupe une place de choix. L’asphaltage des rues secondaires lancé simultanément dans plusieurs villes du pays suit son cours. Les travaux, conduits à un rythme accéléré dans certaines zones et avec lenteur ailleurs, changent radicalement l’aspect des communes bénéficiaires. L’érection des ouvrages d’assainissement, la pose du bitume par endroits et du pavé ailleurs facilite la circulation et embellit l’environnement. Grâce à cette initiative, le nombre de rues dégradées et impraticables s’est considérablement réduit. Les ouvriers, à pied d’œuvre, font le maximum pour clôturer les œuvres de finition. C’est tout à l’honneur du gouvernement d’avoir prévu et concrétisé cette promesse. Les usagers de la route et les riverains au profit desquels ces voies ont été réalisées savourent leur bonheur. La galère du passé est loin derrière eux. C’est peu dire qu’ils sont aux anges.
La grande saison des pluies qui bat son plein dans la partie méridionale du pays permet de mieux apprécier la qualité des ouvrages. C’est en effet très plaisant de circuler allègrement sur ces axes naguère jonchées de flaques d’eaux et de crevasses de toutes sortes. En un laps de temps, le parcours est effectué alors qu’il aurait fallu par le passé des minutes interminables sans aucune assurance d’aller au bout de sa course. Particulièrement, à Cotonou, le changement a été radical. Les voies sont méconnaissables. L’urbanisation galopante fait le bonheur des habitants de la ville, notamment ceux ayant élu domicile dans les bas-fonds. L’asphaltage a aussi pris par là. La saison des pluies qui occasionne les inondations tant redoutées constitue un test grandeur nature pour les entreprises en charge des travaux. La qualité des infrastructures érigées à coût de dizaines de milliards sera éprouvée. C’est le moment propice pour faire les vérifications appropriées.
Le ministère du cadre de vie en charge de la gestion de ce projet a l’occasion rêvée pour toucher du doigt ce qui a été fait par les entreprises. De manière précise, il s’agit pour les techniciens du ministère de s’aventurer sur les voies nouvellement bitumées ou pavées ainsi que les caniveaux construits dans les zones traditionnellement inondées. Ils pourront apprécier si ce qui a été fait peut résister pendant de nombreuses années à la furie des eaux. L’enjeu se trouve à ce niveau. Si par extraordinaire, ces nouvelles routes se trouvent englouties par les eaux, si les caniveaux ne permettent pas de drainer les eaux vers leur lit, c’est qu’il y a des corrections à faire. Nous sommes en plein dans la période indiquée pour effectuer les contrôles de qualité. C’est bien beau de voir les routes dans leur état neuf. Il faut reconnaître qu’elles forcent l’admiration.
Compte tenu du niveau de pauvreté du pays et des sommes faramineuses consacrées à ce programme, ce serait malencontreux que les ouvrages ne durent pas dans le temps. C’est pour cela que les entreprises ayant exécuté les travaux doivent être contrôlés maintenant que la réception provisoire des infrastructures est en cours. A Cotonou, dans le 13ème arrondissement, deux ouvrages d’art fraîchement construits et situés dans des bas-fonds méritent une attention particulière. Les ponts d’Akogbato et de Agla-Akplomey, érigés dans des zones inondables pratiquement impropres à l’installation humaine sont à surveiller de très près. Les pouvoirs publics doivent s’assurer que les entreprises en charge des travaux ont pris tout le soin nécessaire pour que les eaux n’aient pas raison de ce qui a été fait au bout de quelque temps. Les Cotonois habitués à la galère des eaux veulent jouir le plus longtemps possible de ces infrastructures. Le gouvernement, initiateur du projet d’asphaltage est appelé à veiller au grain afin que son œuvre perdure.





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