En vérité : Au nom de la paix

Isac A. YAÏ 8 octobre 2019

48h séparent le personnel politique du grand jour. Les formations politiques officiellement reconnues au sens de la nouvelle charte des partis politiques, conviées par le chef de l’Etat, s’affairent. Dans les états-majors, les derniers instants sont aux discussions. Aucun creuset ne veut se rendre à ces échanges sans une minutieuse préparation. Dialogue politique et non dialogue national selon les termes de Alain Orounla, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, cette invitation se veut un cadre de discussion en vue du toilettage consensuel de la charte des partis politiques et du code électoral. Ni plus, ni moins. Jeudi, vendredi et samedi prochains, il ne sera pas question d’aller dans tous les sens. Conformément à la volonté du chef de l’Etat, le cadre, tracé à l’avance, ne permettra aucun débordement. En termes clairs, c’est une assise politique qui vise à régler des problèmes d’ordre politique. En 72h, tout ou presque sera passé en revue.
Dieu sait que depuis quelque temps, le Bénin connaît une crise politique qui a connu son pic courant avril et mai 2019. Depuis lors, si la tension a baissé, elle n’a pas disparu pour autant. Dans toute démocratie qui se respecte, le parlement est la réunion de toutes les sensibilités. Mais la 8ème législature installée depuis le 16 mai dernier échappe à cette réalité. Cela a suffi pour que la classe politique, fragilisée et divisée, hausse le ton au point de perturber la quiétude de tous. C’est connu qu’un parlement digne du nom est la meilleure alternative à la guerre civile. Après les querelles et les troubles, il est venu le moment de dialoguer. Certes, plusieurs voix s’élèvent pour déplorer la forme, le contour et l’allure que semblent prendre ces discussions. N’empêche, c’est une occasion qui est offerte au personnel politique d’essayer de panser dans une large mesure les plaies découlant du scrutin législatif du 29 avril dernier.
D’ores et déjà, le Bloc républicain (Br), l’Union progressiste (Up), le Parti du renouveau démocratique (Prd), l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn), le Mouvement des élites engagées pour le développement du Bénin (Moele-Bénin), Force cauris pour le développement du Bénin (Fcdb), pour ne citer que ceux-là, seront de la partie. C’est déjà une bonne moisson pour le chef de l’Etat même si tous ces partis donnent l’impression de provenir de la même chapelle politique. Censé porter la voix discordante, le parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) n’a pas fini de régler ses dissensions à l’interne. De son côté, il y a de fortes chances que la Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement (Dud) dirigée par Valentin Houdé ne soit pas de la partie à moins que ses exigences formulées dans un courrier adressé au chef de l’Etat soient satisfaites. La fédération des idées en dépit des divergences semble ainsi compromise.
Soit. Il y a quand même nécessité que ceux qui participeront à ce dialogue fassent œuvre utile. Les délégués sont appelés à faire des concessions de part et d’autre. Si la finalité est limitée à une relecture consensuelle de la charte des partis politiques et du code électoral, cette mission pourrait prospérer si la hauteur d’esprit était de mise. C’est justement à cette disposition d’esprit que sont conviés les participants. Vivement que la montagne n’accouche pas d’une souris. Car un échec aura, en effet, des conséquences préjudiciables sur notre volonté de vivre ensemble malgré nos différences. Nous avons évité le pire à Cotonou les 1er et 2 mai, ainsi qu’à Tchaourou et Savè. A présent, nous devons nous donner la main afin de ne pas tenter le diable. Avec le refus de certains partis de répondre favorablement à l’invitation du chef de l’Etat, ce dialogue sera va s’enclencher par une fausse note. Puisqu’il faut toujours rester optimiste, peut-être que le meilleur sera réservé pour la fin.





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