En vérité : Covid-19 : Semaine de vérité

Moïse DOSSOUMOU 27 avril 2020

Le Bénin change de dimension. La riposte contre la propagation du Covid-19 s’intensifie. Depuis le 16 mars dernier où le premier cas a été enregistré à Cotonou, les gouvernants ont multiplié les stratégies pour sécuriser au mieux leurs compatriotes. A partir de ce jour, lundi 27 avril 2020, une nouvelle étape sera franchie. En effet, le dépistage systématique va s’intensifier. Ces dernières semaines, les cas se faisaient recenser après la manifestation des symptômes de la maladie. Parti d’un patient, le Bénin comptabilise aux dernières nouvelles 64 dont plus de la moitié guérie. En vue d’une meilleure appréciation du niveau réel de contamination, lorsqu’on considère que les personnes asymptomatiques ne développent pas la maladie mais peuvent néanmoins transmettre le virus à d’autres, le gouvernement passe à la vitesse supérieure. Les 17 200 tests de dépistage systématique récemment réceptionnés à l’aéroport international Bernadin Cardinal Gantin feront l’affaire.
Cette première vague de citoyens concernés par cette mesure, ce sont les personnes susceptibles d’être en contact avec les porteurs du virus. Le personnel médical et paramédical, le personnel des forces de sécurité et de défense ainsi que la communauté pénitentiaire feront l’objet de cette campagne de dépistage. Les cibles identifiées sont d’autant plus pertinentes qu’elles sont très exposées. De par leur profession ou leur situation, des milliers de Béninois encourent des risques au quotidien. Les agents de santé par exemple qui sont constamment au front ont besoin d’une prise en charge particulière. Ailleurs, dans les pays les plus touchés par la pandémie, les mesures de prévention n’ont pas suffi pour épargner les médecins et infirmiers. En soignant les personnes infectées, nombre d’entre eux ont été contaminés. Il y a encore quelques semaines, des agents en poste dans un hôpital public et une clinique privée étaient sous l’emprise d’une psychose.
Il va de soi qu’ils bénéficient d’une attention particulière. S’occuper prioritairement de cette catégorie socio-professionnelle n’est que justice. Dans la même veine, les forces de défense et de sécurité sont également concernées par la mesure. Au four et au moulin, déployées sur plusieurs théâtres d’opération, obligées de s’exposer, les policiers et les militaires sont aussi en droit de bénéficier de ce test de dépistage rapide. Positionnés à tous les carrefours, au niveau des centres de traitement des personnes infectées, aux différentes frontières du cordon sanitaire, aux abords des hôtels où logent les voyageurs placés en quarantaine, ces professionnels de la sécurité, bien que protégés, ne sont pas pour autant épargnés par une éventuelle contamination. Raison pour laquelle il est opportun qu’ils soient priorisés. Que dire des prisonniers qui vivent dans une situation de promiscuité généralisée ? Dans les prisons et maisons d’arrêt, c’est une évidence que les conditions sont réunies pour des contaminations massives.
En ciblant donc ces trois catégories de citoyens, le gouvernement veut avoir une vue large quant au niveau réel de contamination au plan national. « Ces tests permettent d’avoir un premier diagnostic sanguin après seulement 20 minutes. Ils peuvent être renforcés au besoin par un prélèvement naso-pharyngé (gorge, nez, nasopharynx) pour un test PCR ou virologique ». Il faut croire que dans les prochains jours, des laboratoires ouverts dans les douze départements seront fonctionnels pour assurer le diagnostic de manière déconcentrée. Cette semaine s’annonce donc décisive pour chacun et pour tous. Les résultats qui découleront de ces tests sont très attendus. Ils permettront de faire des réajustements au besoin en vue d’une meilleure gestion de la pandémie au plan local. Vivement que cette énième mesure soit appliquée comme annoncé. Et qu’à l’arrivée, les Béninois ne paient pas un lourd tribut à cette pandémie comme c’est le cas ailleurs.





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