En vérité : Le Cos de la présidentielle

Moïse DOSSOUMOU 30 juillet 2020

Elle approche à grands pas. La présidentielle de 2021 sera effective dans huit mois. Sans plus attendre, l’Assemblée nationale qui prend une part active dans la tenue de ce scrutin a joué sa partition au regard du rôle clé qui lui revient dans l’actualisation du fichier électoral. Les neuf députés devant siéger au sein du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) sont connus du grand public. L’Union progressiste s’est naturellement taillé la plus grosse part avec cinq députés et le Bloc républicain s’est contenté des quatre sièges restants. Ainsi, Adeniyi Houessou Adin, Léon Bocovè, Sanni Maman, Thomas Yombo, Florentin Tchaou, Lambert Agongbonon, David Gbahoungba, Nathanaël Sokpoekpe et Gilbert Bangana auront la délicate mission d’apprêter la liste électorale. Pour leur prêter main forte, le directeur général de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) et son homologue de l’état-civil se joindront à l’aventure.
Une seconde fois, cet organe qui manipule un outil sensible est exclusivement composé des partisans du chef de l’Etat. L’opposition, absente du parlement, n’y a pas sa place. Un cas de figure que le législateur d’antan ne pouvait imaginer. Sinon, des précautions auraient été prises afin que toutes les sensibilités politiques soient représentées dans cet organe. La configuration actuelle du Cos impose à ses membres un devoir de transparence et de crédibilité. Quand ils auront prêté serment devant la Cour constitutionnelle et seront installés dans leurs fonctions, ils devront manœuvrer pour rassurer le personnel politique et les électeurs. Le précédent Cos qui avait officié en prélude aux municipales et communales n’a pas suscité un grand intérêt compte tenu de la nature du scrutin. L’attention soutenue des partis politiques n’était pas vraiment de mise en ce moment-là. Ce qui a permis à cette mandature de fonctionner sans s’attirer les feux des projecteurs. Mais il n’en sera pas ainsi cette fois-ci.
La présidentielle a toujours été un sujet de grande préoccupation. Elle suscite toutes sortes de convoitises. Les chapelles politiques, à l’affût, ne ratent aucune occasion pour donner de la voix. La liste électorale qui constitue la matière première de cette élection va davantage mobiliser les attentions. Si les soutiens du gouvernement n’auront pas, à proprement parler, des motifs d’inquiétude et de revendication, il n’en sera pas de même pour l’opposition qui rêve de conquérir et d’exercer le pouvoir. A cette fin, elle ne manquera pas de s’interroger sur la fiabilité du travail qui s’effectuera et dont la finalité est l’actualisation de la liste électorale. Les contempteurs du régime qui rongent leur frein voient en ce scrutin l’opportunité de se remettre en selle. Il ne faudrait pas compter avec leur passivité pour ce qui est du Cos. A distance, ils ne manqueront pas de se préoccuper de ce qui s’y passe.
C’est dire que les différentes étapes d’actualisation à savoir l’affichage des listes, l’inscription des nouveaux majeurs, la distribution des cartes d’électeurs, pour ne citer que celles-là, ne passeront pas sous silence. Par le passé, bien que toutes les sensibilités politiques figuraient au Cos, cela donnait lieu à de vifs débats qui engendraient de grosses polémiques. A coup sûr, des divergences ne manqueront pas de surgir au cours des prochaines semaines. C’est pourquoi, ce Cos est astreint à une obligation de transparence dans son office. Certes, il est naïf d’exiger que le personnel politique s’approprie la vertu. La conquête du pouvoir n’est pas un jeu d’enfant. Mais au nom de la paix, afin que les élections ne se transforment en chaos, un minimum de transparence doit prévaloir. Il y va de la stabilité du pays.





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