En vérité : Les vœux de la Cedeao

Moïse DOSSOUMOU 1er juillet 2019

La sous-région a parlé. Unanimement, les Etats demandent aux acteurs politiques béninois de se parler pour en finir avec la discorde et ses corollaires. Samedi dernier 29 juin, Abuja était aux couleurs de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). En fin de mandat, Muhammadu Buhari, président de la République fédérale du Nigéria, a reçu ses pairs. Dans la solennité et le protocole qui marquent ces rencontres, le 55ème sommet des chefs d’Etat de la Communauté a accouché d’une série de décisions et de recommandations. Outre les questions liées au projet de la monnaie unique, la situation sociopolitique au Bénin a été examinée. Cela n’arrive pas souvent. Pour une fois, le Bénin n’a pas eu droit à des félicitations pour l’organisation pacifique et sans couacs majeurs de ses scrutins. Les Etats membres, au vu des événements de ces dernières semaines, appellent au dialogue et à un retour au calme.
« La Conférence s’est déclarée préoccupée par la crise postélectorale qui a conduit à certains actes de violence au Bénin, du fait de l’absence de consensus sur la mise en œuvre des réformes électorales…. Elle réitère sa ferme condamnation des actes de violence électorale et réaffirme que tous les litiges liés aux élections devraient être réglés par des voies légales et pacifiques ». Dans la même veine, les chefs d’Etat de la Communauté saluent « l’appel lancé par Patrice Talon à la nouvelle Assemblée nationale en vue de la révision de la charte des partis politiques et du code électoral afin de les aligner sur les réalités du pays, ce qui est de nature à instaurer un environnement propice au dialogue avec l’opposition ». Et pour s’assurer que quelque chose sera entrepris dans ce sens, la Conférence demande à la Commission d’engager des démarches auprès du Bénin à cet égard.
Il faut dire qu’avant les chefs d’Etat, les ministres, réunis le 24 juin dernier, dans le cadre de la 42ème session ordinaire du conseil de médiation et de sécurité de la Cedeao, avaient déjà fait des recommandations similaires. A l’endroit des autorités et des acteurs politiques, il a été demandé qu’ils veillent à ce que les griefs liés aux élections soient traités de manière inclusive, légale et pacifique. De la même manière, la promotion de la réconciliation entre tous les acteurs politiques, le maintien de la stabilité nationale et régionale et la pérennisation de la culture démocratique enviable qui fait la réputation du pays sont les axes sur lesquels les ministres de la Communauté s’étaient penchés. Les dirigeants au sommet n’ont fait que renchérir ce qui avait été déjà dit. Ceux-ci se proposent de déployer au besoin une mission politique de haut niveau pour faciliter le dialogue inclusif entre le gouvernement et l’opposition.
C’est une certitude aujourd’hui que l’unique porte de sortie reste et demeure le dialogue. C’est plutôt inhabituel que les projecteurs de la communauté sous-régionale et internationale soient braqués sur le Bénin au motif de crise liée aux élections. Il revient aux pouvoirs publics de corriger la donne. Le plus tôt serait le mieux. Le mérite du dialogue, au-delà du fait qu’il permet aux protagonistes de vider leurs frustrations et ressentiments, ouvre la voie à des solutions consensuelles et pacifiques. C’est d’ailleurs ce qui caractérise les Béninois, eux qui ont toujours su s’entendre, en dépit des divergences, pour sauvegarder l’essentiel. Ce dialogue tant espéré, il faudra nécessairement y aller. En son temps, le boycott ou les déclarations va-t-en guerre n’arrangeront rien. Il faut discuter évidemment sur la base de la bonne foi de part et d’autre. C’est là que réside la voie du salut pour le Bénin.





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