En vérité : Progressistes et républicains : les défis pressants

Moïse DOSSOUMOU 11 décembre 2018

L’accouchement a été difficile. Mais au final, c’est une opération plutôt réussie, pour ce qui est de la forme en tout cas. Les frères siamois peuvent évoluer chacun vers son destin en toute liberté. Dans leurs veines, coule le même sang. Plus encore, ils sont liés par le même patronyme. Les deux creusets politiques affiliés à la mouvance présidentielle ont enfin vu le jour. Les atermoiements, défections et contraintes de tous genres n’ont pas eu raison de la détermination des soutiens du chef de l’Etat. Pas après pas, jour après jour, ils ont réussi à vaincre tous les obstacles qui les empêchaient d’aller l’un vers l’autre. Maintenant, ils partagent le même destin. Les anciens creusets politiques qui constituaient les armes avec lesquelles ils se sont combattus sans répit pendant des années n’existant plus, ils apprendront, en dépit de leurs différences, à vivre ensemble. Un gros défi qu’ils devront relever, envers et contre tout.
C’est à ce prix que les deux grands partis en provenance de l’écurie du chef de l’Etat vont démontrer leur raison d’être. Au-delà des apparences, des visages souriants et des airs détendus, ils sont appelés à faire en sorte que l’enthousiasme dont ils font montre ces jours-ci demeure la chose la mieux partagée par eux tous pendant longtemps encore. Et pour ce faire, il leur faudra travailler d’arrache-pied, maintenant plus que jamais. Puisque les deux blocs sont déjà créés, il urge de passer à l’étape suivante, celle de la détermination de la feuille de route. C’est un exercice purement technique qui fait appel à l’intelligence, à la stratégie, à la méthode et aussi à la concentration des personnes à qui cette entreprise sera confiée. Qu’ils soient progressistes ou républicains, il leur appartiendra de tracer le chemin de la consolidation des assises de ces partis voulus grands et d’envergure nationale.
Des feuilles de route clairement définis qui obtiennent l’adhésion des acteurs, telle est la mission imminente qui attend les têtes de pont de ces deux blocs. Primo, les organes dirigeants et les bureaux politiques devront se mettre d’accord sur ce point, car sans la validation de cette étape cruciale, le reste du parcours sera compromis. Secundo, il faudra installer les structures décentralisées de ces deux formations politiques. Aux plans départemental, communal et au niveau des arrondissements, il faut bien que des coordinations soient établies pour poursuivre l’effort de sensibilisation sur le terrain. C’est au contact des populations, électeurs par excellence, que ces deux partis élargiront le cercle de leurs militants et sympathisants de sorte que celai ait un impact certain dans les urnes. Ce ne sont pas des personnes dynamiques qui manquent pour animer ces coordinations décentralisées dont l’installation ne saurait tarder pour des raisons de calendrier.
Les législatives, c’est dans trois mois. Le temps est compté. Il urge d’en faire usage à bon escient. Le travail de conscientisation des masses, de plaidoyer, de sensibilisation ne peut se faire par le bureau politique. La vulgarisation des idéologies, des logos, des hymnes et de tous les attributs importants de ces deux nouvelles formations politiques se fera sur le terrain au quotidien et non à l’occasion des grands rassemblements politiques. Si le changement souhaité par la réforme du système partisan se limite aux leaders politiques, c’est que rien n’a été fait. Les vrais militants, les électeurs, les populations à la base sont les premiers concernés par ce renouveau. S’ils n’adhèrent pas effectivement à la nouvelle donne, les leaders n’auront fait que participer à des rassemblements de façade. Le changement en cours doit aussi et surtout être ressenti jusqu’à la base. L’imminence des législatives fera davantage courir le personnel politique. Le temps est compté. Il doit judicieusement être utilisé.





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