En vérité : Quatre années de réformes…

Moïse DOSSOUMOU 6 avril 2020

Le Bénin n’a jamais été éprouvé par autant de réformes à la fois. En quatre années, de multiples mutations opérées à pas de charges, ont touché tous les secteurs de la vie politique, sécuritaire, économique et sociale. C’est une certitude que des bouleversements seront encore annoncés au cours des 12 prochains mois. Alors qu’il était candidat à la fonction suprême de l’Etat, Patrice Talon avait averti ses compatriotes. Lorsqu’il allait à la quête des suffrages, il a sollicité un mandat unique qui sera essentiellement consacré aux réformes. Le moins qu’on puisse dire est qu’il a tenu parole. Une fois investi dans ses fonctions actuelles le 6 avril 2016, le chef de l’Etat a mis pied à l’étrier. Des changements, il y en a eu suffisamment. A tour de bras. Aussitôt annoncés, aussitôt mis en œuvre. Peu importe les résistances. La volonté politique implacable affichée depuis lors a eu raison des hésitants.
En politique, le symbole le plus éloquent des réformes engagées a trait au toilettage de la loi fondamentale. Aux premières heures du 1er novembre 2019, la 8ème législature a voté à l’unanimité la révision de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990. Saisie pour le contrôle de conformité, la Cour constitutionnelle n’a pas hésité un seul instant avant de valider le texte produit par les députés. Avant cela, la réforme du système partisan qui vise l’assainissement des mœurs politiques ne s’est pas effectuée sans grincements de dents. La preuve en est l’installation de la législature actuelle dans des conditions éprouvantes pour chacun et pour tous. Habitués à voir plusieurs sensibilités se prononcer à l’Assemblée nationale, cette fois-ci, les Béninois vont se résoudre à suivre les débats parlementaires animés par des députés, tous issus de la même famille politique. Pour ce qui est des conseils municipaux et communaux, les résultats des élections du 17 mai prochain fixeront l’opinion sur leur configuration.
Que dire des réformes institutionnelles, sécuritaires, économiques et sociales ? Il y a suffisamment de la matière à propos. Depuis le 1er janvier 2018, la gendarmerie et la police ont fusionné au profit d’une force unique de sécurité dénommée police républicaine. Le but étant de mutualiser les moyens pour garantir la quiétude à tous et à chacun. A ce propos, même si des efforts restent à faire, il sied de constater que les unités de police disposent d’un budget de fonctionnement avec du matériel roulant. Quoi qu’on dise également, le rançonnement n’est plus de mise comme auparavant. En soi, c’est une avancée à consolider. La sécurité étant une quête de tous les instants, rien ne sera jamais trop beau à cet effet pour les citoyens. Lorsqu’on aborde les questions économiques, la grisaille saute aux yeux. Le gouvernement rassure en se fiant à l’évolution du taux de croissance que le Bénin est sur la bonne voie.
Les citoyens, de leur côté, appelés à serrer la ceinture, continuent de consentir à des sacrifices. L’accroissement des ressources propres qui a pris entre autres par l’institution de la taxe sur les véhicules à moteur et l’augmentation des frais de péage/pesage ne finissent pas d’éprouver les populations. Partagées entre espoir et résignation, elles placent leur espoir en des lendemains meilleurs. Dans l’attente du mieux, elles devront se contenter des réalisations phares du régime. L’asphaltage des rues secondaires dans les grandes villes, la disponibilité plus accrue de l’eau et de l’électricité, la relance des micro crédits au profit des couches vulnérables, l’essor de la filière coton, le décollage de l’ananas pain de sucre… sont à l’actif de Patrice Talon. Et la liste n’est pas exhaustive. A 12 mois de la fin du quinquennat, en pleine crise du Covid-19, le chef de l’Etat a encore le temps de convaincre et de mieux-faire.





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