En vérité : Sous l’emprise des eaux

Moïse DOSSOUMOU 22 octobre 2019

Il pleut des cordes sur le Bénin. A tout point de vue, le ciel se déverse sur nos têtes. La petite saison des pluies s’abat sans ménagement sur la partie méridionale du pays. Du Sud jusqu’à la hauteur des Collines, c’est la galère pour les populations. Si les producteurs ont eu le sourire au départ, ils ont fini par déchanter, tant les dégâts sur les cultures sont énormes. L’eau censée les féconder et leur permettre de croître dans de bonnes conditions, occasionne malencontreusement leur destruction. Du coup, les promesses de récoltes abondantes cèdent place à l’amertume et à la désillusion. Porto-Novo, Cotonou, Sèmè-Podji, Abomey-Calavi, les communes de la basse vallée de l’Ouémé, celles du Mono-Couffo et du Zou-Collines sont immergées. L’eau à la recherche de son lit a pris ses quartiers sur la terre ferme. En attendant leur achèvement, les travaux d’asphaltage en cours viennent enfoncer le clou. Partout, c’est la désolation.
La petite saison des pluies qui s’étale en moyenne du 15 septembre au 15 novembre n’est pas clémente cette année. De manière continue, sur des jours entiers et de longues heures, la nature se déchaîne. La conséquence directe, c’est le règne des eaux. Qu’elles soient de passage ou stagnantes, elles pourrissent la vie aux populations. Dans les quartiers, en ville, sur les grandes artères, le constat est le même. Difficile de se frayer un passage de sa maison jusqu’à son lieu de travail sans patauger dans les flaques ou les lacs artificiels qui se créent à tous les coins de rue. En dehors des voies en terre rouge traditionnellement inondées, celles bitumées et pavées se sont invitées dans la danse. Pour les Béninois qui ont élu domicile à Abomey-Calavi, l’exemple le plus édifiant se trouve au niveau du pont de Houédonou. Bien que bitumée, cette voie, totalement immergée, rend la circulation pénible.
Fort heureusement, face à l’inaction du maire de la localité, le ministre des travaux publics a pris ses responsabilités. Entouré de son staff et du préfet de l’Atlantique, Hervé Hehomey s’est rendu sur les lieux. Après avoir vécu en live le calvaire des dizaines de milliers d’usagers qui empruntent ce tronçon au quotidien, le ministre a promis œuvrer pour des solutions d’urgence. Déjà, les personnes qui se sont installées dans le sillage des exutoires naturels ont été priées de vider les lieux. En espérant que cette descente permettra de soulager les peines des habitants de la cité dortoir, il faut saluer cette prompte réaction du gouvernement qui ne doit pas s’arrêter en si bon chemin. Le laxisme et l’inaction des maires en cette période d’inondation sont déplorables. Au lieu de prêter main forte à leurs administrés, ils se réfugient sous le fallacieux prétexte des changements climatiques pour justifier leur indolence.
Si les conseils municipaux et communaux n’ont pas la capacité de maîtriser la nature, ils peuvent par contre offrir des solutions à leurs mandants livrés à eux-mêmes en cette période de galère où circuler devient un cauchemar. Les inondations ainsi que les crues des fleuves et cours d’eau liés aux pluies viennent compléter le sinistre tableau. Habitations, cultures et infrastructures socio-éducatives sont à la merci des eaux. Le cumul des précipitations de cette année dépasse de loin ce qui a été enregistré en 2017 et 2018. C’est dire que la situation est vraiment préoccupante. Quand s’arrêtera le déluge ? Telle est la question en suspens sur toutes les lèvres ? Vivement que le gouvernement vienne en renfort aux populations pour suppléer aux défaillances et insuffisances des mairies. C’est un devoir. Déjà le paludisme dicte sa loi. Bientôt, les maladies hydriques viendront assombrir davantage le tableau. « Après la pluie, le beau temps », enseigne un adage. Au Bénin, par les temps qui courent, la pluie rime avec tristesse et incommodité.





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