Blaise Gbogblénou, Astro-Cabaliste au sujet du Vodoun : « Le Vodoun est une réalité qui permet à l’Africain de se connecter à la transcendance, à l’être suprême »

La rédaction 7 janvier 2022

Célébrer nos religions endogènes tous les 10 janvier constitue une occasion pour notre pays de réhabiliter un culte traditionnel longtemps diabolisé, parce que mal connu. A travers ses propos, Blaise Gbogblénou, cabaliste et transcendantaliste revient ici sur sa perception de cette célébration prévue pour lundi prochain.

Quelle est votre perception du Vodoun ?
Aujourd’hui le vodoun est à la lumière de la cabale, il faut que nous sachions ce que c’est que le vodoun véritablement. Le vodoun est une réalité qui permet à l’Africain en général et au Béninois en particulier de se connecter à la transcendance, à l’être suprême. Le vodoun c’est la déité, c’est le verbe, c’est le son primordial. Si nous devons nous référer à la numérologie du mot vodoun, on constate qu’il y a des sons qui reviennent. Il y a le son v qui revient, il y a la lettre v, o, il y a la lettre u et la lettre n. En hébreu, les lettres v, o, u représentent la même chose, le même esprit. Ces trois lettres sont désignées par une seule lettre en hébreu que nous appelons la lettre vav qui est la sixième lettre de l’alphabet hébreu. On constate que cette lettre est en dominance dans le mot vodoun. Quel est alors le rôle de cette lettre ? Quand vous la prenez et l’observez, vous constatez que c’est une lettre qui est comme un bâton debout, c’est une lettre de connexion entre deux éléments, entre le ciel et la terre, elle permet d’unir le visible à l’invisible, donc la matière à l’esprit. Vu sous cet angle, on voit clairement que vodoun nous permet de nous connecter avec l’énergie suprême, avec l’être suprême. Cette lettre vav est répétée 4 fois, il y a un message là pour nous dire que nous allons nous connecter certes, mais par l’intermédiaire des 4 éléments. Nos ancêtres le savaient déjà depuis longtemps qu’on pouvait se développer au travers de ses 4 éléments. Ces éléments sont l’air, l’eau, le feu et la terre. Ce sont ces énergies qui sont canalisées et représentées par les différentes divinités que nous vénérons au Bénin. C’est l’harmonie de ces éléments qui nous permet de régler nos différents problèmes, d’avoir la paix, la prospérité, la santé. Le hic est que nous avons toujours extériorisé la divinité. Quand vous créez un réceptacle à ces énergies, c’est bon. Mais, en cherchant à toujours vous y connecter à l’extérieur, on n’oublie le travail de l’intérieur. Il revient de travailler pour l’harmonisation de ces éléments à l’intérieur de nous. En cabale, on vous dira que le Feu c’est la volonté, l’eau les émotions, l’air ce sont les lois, les principes, la raison et la Terre, les actions que nous faisons, les gestes que nous posons. Cherchons à purifier ces éléments en nous. En apportant d’autres idées, le mot vodoun commence par v qui est une lettre ouverte vers le ciel et se termine en quelque sorte par la lettre d qui est une lettre fermée. La lettre v est ouverte pour recevoir de l’énergie d’en haut et la lettre d pour pouvoir garder l’énergie dans ses entrailles. La dualité est manifeste là déjà.

Qu’est-ce qu’il faudrait revoir dans la célébration de cette fête ?
Aujourd’hui, c’est comme-ci nous avons connu un déracinement de nos valeurs traditionnelles. Il faut que nous nous remettions dans la peau de qui nous sommes véritablement afin de mieux nous développer. Il faut également qu’on apprenne à aller au-delà du folklore physique. Moi, je m’intéresse beaucoup plus à la métaphysique du vodoun, c’est-à-dire, l’énergie derrière et qui est le divin qu’on ne voit pas, mais qui actionne tout. Si on est d’accord que ce vodoun, on ne le voit pas, mais qu’il est en nous, alors comment fonctionne-t-il ? Quels sont ses aspects ? Si vous arrivez à vous harmoniser avec les différentes phases de cette énergie ; vous allez l’extérioriser facilement. L’extérioriser facilement va se faire ressentir sur l’entourage à travers cette paix, cette quiétude, cette paix du cœur. C’est cela le développement intégral de l’être humain. Vous ne pouvez pas réussir ça si vous n’êtes pas vous-même car, c’est un condensé d’énergies. Ces énergies sont en nous. Nous sommes un micro du macro. Il y a au moins près de 10 divinités comme les fleurs de l’arbre de vie. Mais ce sont des énergies qui sont en nous et ces divinités végètent également des énergies. Quand on n’a pas cette connaissance, on s’accroche à l’extérieur de ce qui constitue des représentations de ces divinités-là. Quand on s’accroche à ce qui est à l’extérieur, on ne taille plus d’importance à ce qui est à l’intérieur.

De 1992 à ce jour, en quoi le vodoun a apporté un plus à l’essor du tourisme ?
Le vodoun a apporté quelque chose au développement touristique du Bénin parce que ce côté est vraiment nourri. Aujourd’hui avec le retour de nos biens culturels, on peut espérer encore plus. Sans oublier le textile sacré qui attire plus d’un, les danses et même certaines démonstrations lors des célébrations publiques de certains cultes.

Votre mot de la fin
Le défi que nous avons aujourd’hui, c’est comment être le vrai « gbetô », le vrai vodoun car c’est l’homme le vrai vodoun. Il faut commencer à toucher l’aspect intérieur du vodoun pour l’exprimer véritablement.
Propos recueillis par : Marina HOUNNOU (Coll.)





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