Succession au trône à Savalou : Des couacs autour de la légitimité du prochain Roi

La rédaction 22 juin 2020

Succession au trône à Savalou : Des couacs autour de la légitimité du prochain Roi
Un Roi légitime et qui fait l’unanimité. C’est le vœu de Savalou, la Cité des Sohavis depuis le retour en janvier dernier de sa Majesté Dadah Gandjègni Awoyo Gbaguidi XIV vers ses ancêtres. Un semestre, et ce vœu est toujours ardent, sur fond d’un climat délétère et de couacs autour du processus de désignation. L’affaire est même passée devant la Justice et a conduit à la suspension du processus et au renvoi du dossier au 5 mai 2020 par le tribunal à travers le jugement n05/C M/20 du 14/04/2020, sans que cela ne fasse réellement bouger les lignes. En effet, il est devenu un principe, pour éviter les déchirements, que la royauté soit tournante entre quatre lignées Gbaguidi de Savalou à savoir les lignées Gougnisso-Goumoan, Lintonon, Zoundégla et Aignon Dadavodoun Gandigbé. Le 11e roi Gandigbé a œuvré pour qu’il en soit ainsi. Le 12ème roi de Savalou sa Majesté Dadah Houéssolin est donc issu de la lignée Lintonon, le 13ème roi Dadah Tossoh de la lignée Zoundégla et le 14ème Dadah Gandjègni est de la lignée Gougnisso-Goumoan. Il se murmure depuis la cité des Sohavis des vices de procédure dans le choix du « Vidaho », le futur roi.
L’un des couacs réside dans le choix du régent devant conduire le processus. Celui-ci est normalement désigné dans le rang des personnes âgées de la collectivité. Mais sous l’égide du chef de collectivité Gandigbé, Dah Gansihoun, Simon Tamégnon a été proposé en méconnaissance de la disponibilité d’un patriarche plus âgé en la personne de Cyrille Gandigbé.
C’est alors qu’un groupe de sages dont Cyrille Gandigbé, Gbaguidi Houéhanou, Gandigbé Aïdonon Dédédji, a porté l’affaire devant la justice. Mais bien que le tribunal ait renvoyé l’affaire, il y eut un coup de force qui a conduit à la présentation de Arsène Ganfon comme Vidaho. Ce qui aux yeux de certains paraît une imposture. « Jusqu’à preuve du contraire, un oncle ne peut pas aller se mettre à genoux devant son fils. Je suis son oncle et il y a un autre Ganfon comme moi, Romain Ganfon qui est aussi son oncle. Et nous sommes des candidats donc normalement il devait s’éclipser », a confié Evariste Sossa Ganfon. Car, ce choix, loin de faire l’unanimité à créé plus de scission au sein de la lignée Aignon Dadavodounon Gandigbé. Il relève qu’il a « vu au niveau de l’Assemblée nationale la présentation par exemple dudit Vidaho, Arsène Ganfon ». Ce qui est malheureux selon lui, c’est qu’il a « vu à ses côtés des députés, ceux qui sont censés voter les lois, ceux qui sont censés protéger les lois ». Ils sont allés présenter Ganfon Arsène au Président de l’Assemblée « en violation flagrante des textes de la République ». Plusieurs interrogations subsistent sur cette légitimité en question. La médiation enclenchée par des hauts cadres de Savalou pour concilier les différents camps n’a pas véritablement prospéré.





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