Tairou Radji Mourtala Traore, Imam Central de Maria Gleta : « Nous allons prier chez nous en attendant que les choses s’améliorent »

La rédaction 7 avril 2020

Avec la pandémie du COVID-19, l’accès aux mosquées est interdit. A travers l’interview ci-dessous, Mourtala Traoré Tairou Radji, Imam central de Maria Gléta donne son appréciation sur la fermeture des mosquées et invite les fidèles musulmans à la sérénité.

Depuis l’apparition de la pandémie du COVID- 19, le gouvernement a décidé entre autres mesures de la fermeture des mosquées. Quelle est votre appréciation sur cette mesure ?
Il faut comprendre qu’en prenant cette mesure, le gouvernement veut interdire les regroupements. Cependant, même si cette mesure parait pertinente, elle ne sera pas bien accueillie, car c’est dans ces mosquées que nous prions Dieu pour qu’il nous éloigne de tels maux. Donc, le Gouvernement devrait nous laisser aller à la mosquée et mettre en place des mesures pour éviter les contacts comme les mosquées l’observent dans certains pays. Comme le virus est invisible, il faudra une puissance invisible pour le combattre, donc Dieu. Même lors des guerres saintes, la prière se faisait en groupe. La fermeture des mosquées n’est pas une bonne chose pour nous les musulmans et pour tout le pays. Mais si le gouvernement, garant de notre sécurité, prend une telle mesure, c’est sûrement pour limiter la propagation du coronavirus. Nous allons prier chez nous en attendant que les choses s’améliorent.

Certains fidèles ayant mal interprété la mesure pensent qu’elle aurait été prise dans le but de combattre l’Islam. Qu’en pensez-vous ?
Effectivement, les gens nous ont dit cela. A mon avis, l’Etat ne peut pas combattre l’Islam puisqu’il compte en son sein des musulmans. Il a des partenariats avec des pays musulmans. J’en profite pour féliciter le gouvernement de mon pays qui n’a jamais eu une telle intention et qui a adopté des mesures louables de riposte comme la fermeture des frontières. Toutes ces mesures, l’Islam les reconnaît et les recommande. Le lavage des mains par exemple est un comportement quotidien pour les musulmans. Autant dire qu’aucune mesure du gouvernement ne vise à combattre l’Islam.

Comment avez-vous vécu ces derniers temps compliqués surtout loin des mosquées ?
Cela fait deux vendredis que nous prions à la maison auprès de nos familles. Et franchement, cette situation nous inquiète. Personnellement, ces derniers temps, quand je fais la prière du vendredi dans ma chambre, je coule des larmes, car depuis ma naissance, je n’avais jamais appris qu’une quelconque situation ait conduit à la fermeture des mosquées, des maisons de Dieu. Ce qui veut dire que la situation est vraiment grave. Donc, je demande très humblement au gouvernement de bien vouloir nous permettre de regagner les mosquées au plus vite, car c’est très compliqué pour nous de devoir faire la prière à la maison. Moi, j’ai plus peur de prier à la maison que du virus.

Pour finir, quel est votre message à l’endroit des fidèles musulmans en ces moments difficiles ?
Tel que je suis inquiet, je sais que ces fidèles le sont également. Je les invite toutefois à ne pas trop s’inquiéter, car Dieu récompense de la même manière tout croyant qui face à la force majeure n’a pas pu remplir convenablement ses obligations. Cependant, sont récompensés les croyants qui le font de bonne foi, car il y a certains musulmans qui n’aimaient pas la prière et qui sont heureux et satisfaits de la fermeture des mosquées. De même, je les invite à beaucoup prier, même de leurs chambres respectives pour que Dieu nous éloigne de ce mal et assiste le gouvernement de notre pays dans ce combat contre le COVID-19.
Propos recueillis El-Bachirou BOKOUM





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