A sept mois de la présidentielle de 2021 : Le visage décousu de l’opposition

Angelo DOSSOUMOU 22 septembre 2020

Tout ça pour ça ! Après l’union sacrée observée en mai 2019 à la faveur des législatives non inclusives, il est loisible de désormais définitivement conjuguer la ‘‘Résistance’’ au passé. Visiblement, ce qui les unissait, n’était pas aussi fort que ce qui les divisait. Depuis lors, de gros pavés sont jetés dans la marre d’une opposition hétéroclite, les uns accusant les autres de traîtrise au point où le peu de crédit qu’il leur restait s’est évaporé. Si au départ, la logique d’entente et une possibilité de regroupement entre la Rb, Fcbe, Restaurer l’espoir et l’Usl donnaient sans doute des frissons au régime en place, à présent, ce n’est qu’un mauvais souvenir. Coincé entre la méfiance de ses partenaires politiques d’alors et son utilité du point de vue de la meilleure stratégie pour donner une bonne réplique à la rupture, Candide Azannaï s’est finalement retrouvé isolé. Et sa dernière sortie médiatique en dit long sur son état d’âme. De son franc-parler, on retient de l’ancien ministre successivement de Boni Yayi et Patrice Talon qu’au sein de ‘‘Les démocrates’’, le prochain parti de l’opposition, en attendant bien sûr son enregistrement officiel, il y a pire que le duo Hounkpè-Yarou accusé de connivence avec les actuels gouvernants.
Au finish, les pierres sont jetées à tort et à travers et ça n’étonnerait personne qu’un jour, elles finissent par toucher les vraies cibles en plein visage. De toute évidence, les anciens présidents Boni Yayi et Nicéphore Soglo, acteurs principaux de la ‘‘Résistance’’ à la gouvernance Talon apprécieront. Car, si Candide Azannaï est déçu de ce qu’il est advenu de ce regroupement pré-législatif de 2019, c’est sûr qu’il en espérait mieux.
Individualisme contre-productif !
Mais à l’analyse, la confiance n’a jamais été au rendez-vous des actions à mener dans le cadre d’une opposition à la hauteur du défi lancé par les actuels gouvernants. Pis, ce sont les divisions qui se sont multipliées et qui donnent aujourd’hui à voir, ‘‘Les démocrates’’ et même le Mpl sortis des entrailles de la Fcbe ou encore, l’Usl et Restaurer l’espoir qui se sont mis ou ont été mis à l’écart des partenaires politiques à cause, si on s’en tient aux dénonciations de Candide Azannaï, des mots d’ordre non respectés. Et quand dans une équipe chacun joue pour soi, même si l’adversaire en face à mille lacunes, il est clair que la défaite ne fait plus l’ombre d’un doute.
D’ailleurs, c’est de cette inorganisation des anti-Talon qui manque cruellement de coordination et de stratégie pour une alternance crédible que découlent des actions solitaires du genre ‘‘Lettre à Macron’’. En somme, le visage présenté par l’actuelle opposition à Patrice Talon avec d’un côté, un Candide Azannaï qui n’inspire pas confiance à ses alliés de circonstance, un duo Hounkpè-Yarou taxé d’être plutôt au service du pouvoir en place que du contraire et enfin un Eric Houndété à la tête de ‘‘Les démocrates’’ qui, jusqu’ici recherchent leurs repères et qui ont tout à prouver, à sept mois d’une échéance électorale capitale, la mayonnaise n’est pas prête de prendre.
Alors à ce stade, il faut plutôt constater que l’opposition est minée de l’intérieur. Cela suppose que tous les acteurs qui se réclament de cette tendance ne regardent pas dans la même direction. Maintenant, entre tous ceux-ci, qui joue mieux au profit de Patrice Talon et contre l’opposition ? Ce qui est sûr, si de supposés partenaires en arrivent à se tacler sur l’aire du jeu, ce ne sera plus la peine que le match continue. Sauf, si on veut plus de dégâts et au lieu d’être des arbitres, des spectateurs joyeux. En somme, on ne peut que regretter la bonne époque de certains acteurs politiques de l’opposition avec à la manette un certain Albert Tévoèdjrè…Paix à son âme.





Dans la même rubrique