A sept mois des législatives du 8 janvier 2023 : Le temps joue contre les réformes de la loi électorale

Angelo DOSSOUMOU 4 mai 2022

Devant le respect des 6 mois précédant les élections exigés par le protocole additionnel de la Cedeao, à quoi peuvent bien servir les doléances des partis versées au médiateur pour des élections apaisées ?

Des élections inclusives et apaisées. C’est la chansonnette fredonnée en chœur depuis des semaines par les présidents des partis politiques ou leurs représentants devant leur hôte de marque, le médiateur de la République. A chaque étape de la tournée qu’il a initiée et qui d’ailleurs est en cours, il a récolté assez d’observations, de doléances qui en principe, devraient déboucher sur des réformes de la loi électorale. Mais, beaucoup de facteurs jouent contre cette logique dans l’optique d’un large consensus pour des élections législatives du 8 janvier prochain sans aucune contestation possible.
Déjà, suivant le protocole additionnel de la Cedeao, « aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six mois précédant les élections, sans le consentement d’une large majorité des acteurs politiques ». Seulement de l’étape de concertation qui se déroule actuellement à une presque unanimité sur les points qui fâchent et qui sont susceptibles d’être révisés en passant par une proposition ou un projet de loi corrective du code électoral à voter par les députés, il est certain que du temps s’écoulera.
En un mot, pour l’organisation des élections inclusives, transparentes et apaisées et qui tiennent vraiment compte des remarques faites par les acteurs politiques au médiateur de la République, il est clair que demain n’est pas la veille du vote d’un nouveau code électoral qui fait l’unanimité. En somme, le temps joue contre ce qui devrait être la finalité de la mission du médiateur de la République. Sinon, à moins que les différentes visites aux partis politiques ne soient que de simples balades, cette tournée du médiateur abondamment relayée dans la presse devrait forcément conduire à des modifications des lois électorales et donc rassurer toute la classe politique. Autrement, à quoi bon ?
Mais, sait-on jamais ! Quand on sait que la 8ème législature a cette particularité de ne pas perdre du temps surtout lorsqu’il s’agit de voter ce genre de lois, il est facile de conclure que si la volonté politique y est, le code électoral aura très tôt le toilettage voulu surtout par la plupart des partis écartés de la course au parlement en 2019. Enfin, puisque le protocole additionnel de la Cedeao a laissé des brèches même si le deadline des six mois est franchi, il n’est donc pas impossible que l’élément « le consentement d’une large majorité des acteurs politiques » avant la réforme des lois électorales soit actionné. De toute façon, les regards sont tournés vers le médiateur de la République qui visiblement joue un rôle de bons offices pour des élections pacifiques au Bénin. Si c’est avec la bénédiction de l’Exécutif et du législatif et si sa mission aura une incidence positive sur la réforme du code électoral et des législatives sans reproches, l’avenir nous le dira.





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