Cap sur les législatives de 2023 : L’opposition, survivre ou disparaître

20 avril 2021

Constructive ou radicale, l’opposition béninoise vient de passer cinq ans à broyer du noir. Sous le règne de la Rupture, le palais des gouverneurs s’est fermé à son nez et du coup, elle est allée de mésaventure en mésaventure. Si seule la Fcbe, plutôt taxée d’être une opposition de façade a pu glaner quelques six mairies et a pu récolter plus de 10% à la dernière présidentielle, pour les adversaires radicaux au régime de Patrice Talon notamment ‘‘Les Démocrates’’ et le Front pour la restauration de la démocratie (Frd), l’avenir s’écrit désormais en pointillés. Car, non seulement, elle devra attendre encore deux ans soit en avril-mai 2023, pour une résurrection sur l’échiquier politique national, mais encore, faudra-t-il d’abord que les radicaux de l’opposition trouvent un nouveau souffle et évitent de retomber dans les tergiversations préjudiciables.
Sinon, qu’on le veuille ou non, la présidentielle de 2021 est passée avec la victoire de Patrice Talon qui sera confirmée dans les prochaines heures par la Cour constitutionnelle. Alors, inutile de continuer à regarder dans le rétroviseur. De plus, il est certain qu’une énième fois, les aboiements de l’opposition radicale n’empêcheront pas la caravane des législatives de 2023 avec, sans doute, les partis de la mouvance présidentielle et de l’opposition dite constructive de passer et de siéger au parlement, 9ème législature. Cela revient à dire que pour une survie politique, ‘‘Les Démocrates’’ et le Frd, même sans certains de ses ténors qui ont actuellement maille à partie avec la justice, doivent trouver la meilleure stratégie de rallumer la flamme de l’alternance au pouvoir. Ceci d’autant que la prochaine Assemblée nationale ouvrira une nouvelle ère politique au Bénin sanctionnée par un nombre plus important de députés, de femmes et d’autres réformes à apprécier avec le temps.
En somme, le cap des législatives de 2023 sera décisive pour l’opposition dans son ensemble mais surtout pour celle dite radicale qui, sans une présence au Palais des gouverneurs, aura du mal à peser dans la balance politique face au chantre du Nouveau départ qui jusqu’ici a tous les leviers de la gouvernance politique en main. Maintenant, au regard du contexte marqué par une série d’arrestations des figures de l’opposition suite aux violences préélectorales, il restera à voir ce qu’il adviendra de la conduite d’une opposition radicale qui, visiblement, a perdu ses repères. A moins que Eric Houndété, Nourou Dine Saka Saley, Moïse Kérékou et autres nous démontrent qu’après moult batailles électorales perdues sans avoir eu la chance de combattre, rien ne sera laissé au hasard pour une revanche lors des élections législatives de 2023. Elle paraît si lointaine cette échéance de tous les enjeux, mais, c’est maintenant ou jamais, qu’il faut la préparer.

Angelo DOSSOUMOU S.





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