Cherté de la vie : Le curieux silence des partis politiques

Moïse DOSSOUMOU 6 mai 2022

C’est une évidence. La vie est de plus en plus chère. Pendant que les ménages pauvres et précaires ne savent plus à quel saint se vouer, ceux à revenus modestes peinent à joindre les deux bouts. De jour en jour, le poids des dépenses, notamment celles liées à la survie humaine, augmente. Obligé de réagir, le gouvernement justifie la situation et prend des mesures d’atténuation. Les travailleurs qui touchent les plus bas salaires peuvent déjà se contenter de l’espoir de gagner un peu plus au cours des mois à venir. En effet, le gouvernement et les représentants des travailleurs se sont accordés sur un relèvement du Salaire minimum interprofessionnel garanti qui passe de 40 000 à 52 000fcfa. Le reste de la population active, surtout ceux du secteur public, peuvent prétendre à une revalorisation salariale d’ici la fin de l’année conformément au vœu des dirigeants. Les travailleurs relevant du privé et la grande masse du secteur informel se contenteront de certaines subventions sur les prix des produits pétroliers par exemple. Pour ce qui est des denrées de grande consommation, l’arbitrage des prix effectué par l’Exécutif, est loin d’être une réalité. Du coup, les Béninois se retrouvent, pour ainsi dire, livrés à eux-mêmes face aux affres de la surenchère galopante. Chacun porte sa croix à qui mieux mieux.

Les politiques absents au débat
Très attendus sur le sujet, tout au moins en termes d’analyses et de propositions d’adoucissement de la galère ambiante, les chapelles politiques ont opté pour le silence. Une attitude plutôt curieuse lorsqu’on se réfère aux effets positifs attendus de la réforme du système partisan qui veut que l’animation de la vie politique nationale gagne en qualité. Pis, même les partis bénéficiant du financement public évitent cette question cruciale pour les populations. Pourtant, ils ont les moyens de commettre des experts qui peuvent étudier sereinement le sujet et pondre un rapport dont les grandes lignes seront débattues au sein du parti avant d’être livrées à l’opinion et transmises au gouvernement. Hélas, c’est le statu quo. Les autres formations politiques qui ne bénéficient pas encore des moyens de l’Etat gardent leurs distances avec ce dossier brûlant. A part quelques déclarations éparses à mettre sur le coup de l’opportunité et de l’émotion, il n’y a vraiment rien de consistant à se mettre sur la langue. C’est à croire que ce sujet dérange à telle enseigne que les creusets politiques préfèrent l’éviter.

Timide tentative au parlement
A la décharge des députés, ils ont tenté de s’intéresser au sujet. Usant de leurs prérogatives de contrôle de l’action du gouvernement, leurs préoccupations ont été portées à ce dernier. En réponse, ils ont eu droit aux explications du ministre des finances. Dans la foulée, des propositions ont été faites au gouvernement. Les représentants du peuple peuvent estimer avoir fait ce qu’ils pouvaient dans les limites de leurs compétences même si ce n’est qu’un service minimum. Au point où en sont les Béninois qui voient leurs maigres revenus durement éprouvés par la cherté de la vie, ils ont besoin d’actes qui les soulagent ici et maintenant. Au-delà des subventions qui ne profitent pas toujours aux plus vulnérables, il sied que le gouvernement trouve des mécanismes pour venir à la rescousse du plus grand nombre. Les transferts monétaires directs par exemple soulagent toujours les personnes qui sont dans le plus grand dénuement. Rien qu’en termes d’idées et d’orientation des choix, le personnel politique peut aider sinon contraindre le gouvernement à mieux faire. Hélas, il se réfugie dans le silence.





Dans la même rubrique