Conseil des ministres de ce jour : Les grandes attentes au lendemain du dialogue politique

Moïse DOSSOUMOU 16 octobre 2019

C’est le tout premier Conseil des ministres qui se tient au lendemain de la tenue du dialogue politique. Comme à l’acco utumée, le chef de l’Etat et les membres du gouvernement se retrouvent ce jour à la présidence pour prendre les décisions qui engagent la nation. En plus des dossiers des ministères sectoriels qui seront évoqués, ce qui intéressera précisément les Béninois, c’est le sort qui sera réservé au rapport ayant sanctionné ce dialogue qui s’est déroulé du 10 au 12 octobre derniers au palais des congrès de Cotonou. Sous la férule du Pr Dorothée Sossa, facilitateur et de son collègue Victor Topanou, rapporteur, les points de consensus, de divergences de même que des recommandations et plaidoyers contenus dans le rapport officiel ont été officiellement remis à Patrice Talon samedi dernier. En clôturant les travaux, il se réjouissait notamment de la convivialité qui a prévalu lors de ces échanges. A l’en croire, c’est le signe que le personnel politique convié à ces discussions a compris l’enjeu. « Nous savons renoncer à nos acquis et nous débarrasser de nos frustrations pour ne laisser place qu’à la République et ne nous laisser guider que par l’intérêt général », martelait-il.

Engagement solennel
Avant de prendre congés des représentants des partis, le chef de l’Etat avait réaffirmé son engagement à jouer sa partition pour une décrispation effective de la scène politique. « Les propositions d’amélioration aux textes que vous avez formulées, feront l’objet d’une appréciation attentionnée de la part de mon gouvernement qui, je vous le réaffirme, prendra toutes les responsabilités qui sont les siennes. Il en sera de même en ce qui me concerne personnellement », avait-il souligné. Le Conseil des ministres étant le conclave le plus solennel où se prennent les décisions majeures de la République, il va de soi que Patrice Talon profite de la séance de ce jour pour commencer à poser des actes forts. Laisser passer cette occasion serait une erreur à éviter.

L’opposition inconsolable
L’essentiel de l’opposition qui n’a pu participer aux travaux continue de croire qu’il s’agit d’un marché de dupes. D’ailleurs de son côté, des assises bis ont aussi été organisées et sanctionnées par des résolutions. Compte tenu des troubles intervenus courant avril et mai 2019 en pleine période électorale, des voix s’élèvent pour demander avec insistance la libération des personnes arrêtées en ce moment-là de même que l’arrêt des poursuites judiciaires contre elles et l’ex chef d’Etat, Boni Yayi, actuellement hors du pays pour raisons de santé. Au-delà du toilettage de la charte des partis politiques et du code électoral, ce point sus évoqué continue d’alimenter la polémique. Raison pour laquelle des actes forts sont attendus dans le sens d’une réelle décrispation. Pour prouver sa bonne volonté, Patrice Talon ne perd rien à s’engager sur cette voie. L’opinion dans son ensemble ne manquera pas de saluer une décision visant l’allègement du fardeau qui pèse sur les mis en cause.

Quid du rapport ?
L’autre point tout aussi important et qui soulève des questionnements, c’est le flou qui entoure le rapport final ayant sanctionné le dialogue politique. En aucun cas, ce document ne saurait être secret. Il est impérieux que son contenu soit rendu public afin que tous les citoyens concernés par la question soient au parfum de ce qui a été retenu au palais des congrès. En levant un coin de voile sur ce rapport transmis par Victor Topanou, le Conseil des ministres rassurera davantage les Béninois qui se montrent toujours sceptiques quant aux intentions du gouvernement. En même temps que ce rapport se vide de son mystère, que le chef de l’Etat et ses ministres statuent sur la partition qui sera la leur. Tous les regards sont rivés sur le palais de la Marina d’où sortira le relevé du Conseil des ministres de ce jour.





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