Décrispation du climat sociopolitique au Bénin : Boucler la boucle avec l’opposition et la société civile

20 juin 2022

Sans eux, la série de rencontres à la Marina en vue d’une décrispation du climat politique et du bien-être des populations martyrisées par la cherté de la vie aura un goût d’inachevé. Après que la deuxième personnalité et les anciens présidents de l’Assemblée nationale ont été les hôtes du président Patrice Talon et que, à tour de rôle, les anciens présidents de la République Nicéphore Soglo puis Boni Yayi leur ont emboîté les pas, logiquement, le processus devant conduire à un climat de sérénité pour tous, de paix et de réconciliation nationale ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. D’abord, s’il est vrai que les incidents successifs qui ont entaché les derniers scrutins au Bénin et plongé le pays dans une crise qui ne dit pas son nom peuvent trouver leur explication sur le plan politique alors, l’occasion est belle pour le chef de l’Exécutif d’élargir ses concertations surtout aux opposants. Cependant, faudra-t-il que ce camp puisse parler d’une seule et même voix. Car, nul n’ignore les divisions et méfiances entre le chef de file de l’opposition Paul Hounkpè et certains partis qui disent aussi œuvrer pour une alternance au pouvoir et ceci dès les législatives du 8 janvier prochain. Il n’empêche qu’étant à la recherche d’une cohésion nationale, Patrice Talon n’a pas à s’embarrasser de ces détails et peut même s’entretenir avec l’opposition en tenant compte de cette diversité accidentelle.
D’ailleurs, rien ne dit que cette situation impromptue ne serait pas une aubaine. Du moins, si le chef de file de l’opposition devrait se retrouver à la Marina avec les représentants de Les Démocrates, du Rlc, de Restaurer l’espoir pour ne citer que ceux-là, cela ne diminuerait en rien un statut légitime mais contesté par des détracteurs. Au contraire, la qualité des échanges en profiterait.
Ce qui est sûr, si les entretiens avec toutes ces personnalités politiques ont leur raison d’être, l’erreur à ne pas commettre, c’est d’oublier les acteurs de la société civile dans sa large dimension. Qu’ils interviennent sur les volets politique, économique, social…ils ont certainement des choses à faire savoir au chef de l’Etat pour l’atteinte de cette décrispation du climat politique et des solutions pérennes à la cherté de la vie voulues par tous. De toute façon, plus les Béninois quel que soit leur horizon et secteur se sentiront concernés par la concertation entamée il y a peu par le président Patrice Talon, mieux ça vaudra. Seulement, sans les opposants et la société civile, il y a fort à parier que le processus de décrispation du climat sociopolitique aura toujours du plomb dans l’aile.





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