Démission de Boni Yayi des FCBE : Un challenge pour les Cauris

Arnaud DOUMANHOUN 6 avril 2020

Une opportunité, un challenge ! Boni Yayi a quitté la barque cauris, du moins ce qu’il en reste depuis 2016, au terme de son second et dernier mandat présidentiel. Le nouveau secrétaire exécutif national, Paul Hounkpè et les siens devront combler cette perte et prouver qu’ils peuvent à présent voler de leurs propres ailes. Effacer l’ombre de Boni Yayi qui démissionne mais qui accuse de traitrise est un pari de grandeur nature. Et le défi est tout proche : rafler des sièges aux élections communales du 17 mai prochain aux fins de se faire et de se refaire dans cette arène politique dans laquelle l’étau se resserre autour du parti depuis l’effectivité de la réforme du système partisan.
En effet, après avoir quitté les charges qui étaient les siennes dans la gestion du pouvoir au sommet de l’Etat, Boni Yayi avait continué à porter haut le flambeau des Fcbe et incarnait sans doute la plus grande figure de l’opposition. Ce départ à la veille des prochaines échéances électorales est loin d’être un fait anodin.
Le moins qu’on puisse dire est que ceux qui à tort ou à raison lui souhaitaient une retraite politique ont l’occasion de faire leurs preuves. Il faut au-delà de la détention d’un récépissé définitif, donc d’un titre de propriété du parti Fcbe, que le secrétaire exécutif national, Paul Hounkpè et ses pairs s’affirment sur le terrain, au contact des militants. « Le virus de l’exclusion a emporté Fcbe, l’obligeant à devenir l’un des pôles politiques du Président Talon. Sont exclus, ceux qui sont soupçonnés de ne pas partager la vision du chef de l’État à laquelle est soumis le groupe … », a déclaré Boni Yayi avant de mettre en garde les candidats Fcbe au scrutin du 17 mai prochain. ‘’J’interdis formellement l’utilisation de mon image, de mon nom et de ma caution sous quelque forme que ce soit par tout candidat de la liste Fcbe. J’engagerai au besoin les actions pénales idoines pour faire respecter mon choix’’.
C’est dire que Paul Hounkpè, Théophile Yarou, Garba Yaya et cie doivent s’armer. Trouver les arguments pour remobiliser les militants. Il faudra plus cette fois que de brandir uniquement le fait que l’ex-président d’honneur soit au soir de sa carrière mais de situer l’opinion sur la nouvelle ligne politique du parti. Les populations ne sont pas dupes et continuer à s’assoir entre deux chaises dans tel contexte peut jouer un mauvais tour. Un langage de vérité, un discours de conquérant seraient déjà un bon début. Mais Paul Hounkpè et les siens sont-ils prêts à affronter la dure réalité ?





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