Fonds publics alloués aux partis politiques : Une contrainte pour l’union

Angelo DOSSOUMOU 14 septembre 2020

1,5 milliard et peu d’appelés pour partager la manne financière allouée par l’Etat aux partis politiques au titre de l’année 2020. Tout simplement, la loi 2019-44 portant financement public des partis politiques dispose que pour en être bénéficiaire, il faut au préalable récolter des sièges à l’Assemblée nationale et dans les conseils communaux. En l’état, ils ne sont que trois formations politiques à savoir l’Union progressiste, le Bloc républicain et la Force cauris pour un Bénin émergent qui, en fonction du nombre de leurs députés et de leurs élus communaux peuvent prétendre au financement. Les autres partis régulièrement enregistrés mais absents des dernières joutes électorales ou ayant été incapables de récolter au moins 10% des suffrages au plan national avant d’être éligibles à la répartition des sièges n’auront que leurs yeux pour pleurer. Forcés par les nouvelles lois électorales à créer de grands ensembles au risque de disparaître, ils peuvent se rendre désormais compte, qu’avec le financement public des partis politiques et les conditions qui s’en suivent, la machine est lancée pour leur rendre l’existence en ce qui concerne l’animation de la vie politique nationale compliquée.
Car, avec des centaines de millions de l’Etat qui iront renflouer leurs caisses sans oublier cette dynamique positive qui attire de nouveaux militants et donc plus de cotisations, il est clair que, ne serait-ce que temporairement, l’écart entre le trio Up-Br-Fcbe et les autres formations sevrées du financement public accordé aux partis éligibles serait grand. Dans de telles conditions et pour ne pas continuer de subir le diktat des géants qui là, vont se tailler la part du lion du financement public des partis politiques, la seule solution, c’est d’élargir leur base. Autrement, aller à des fusions afin d’être capables de rivaliser avec ces mastodontes notamment les deux frères jumeaux de la mouvance présidentielle qui jusqu’ici, ont un boulevard devant eux.
En un mot, s’ils ne peuvent compter que sur des financements privés ou des cotisations des militants avec les réalités qui sont les nôtres surtout qu’ils ne disposent pas de maires, de députés encore moins de ministres, le Prd, l’Udbn, Restaurer l’espoir, le Gsr, la Flamme renouvelée, le Per, Fcdb, Moele-Bénin, pour ne citer que ceux-là auront du pain sur la planche. Dans tous les cas, pour gagner des combats politiques, le nerf de la guerre est capital. Alors, à moins d’être capables de trouver des alternatives pour combler ce déficit financier préjudiciable, la sagesse recommande aux lésés du financement public des partis politiques de changer tout simplement de fusil d’épaule. Sinon, avec le temps, s’ils ne prennent garde ou que les privilégiés de l’heure ne multiplient des erreurs pour les remettre en selle, ils mourront de leur belle mort. Peut-être que d’aucuns peuvent penser que l’argent est secondaire dans la détermination des électeurs. Mais, il n’en demeure pas moins que son poids n’est pas négligeable. Ce qui est sûr, c’est une puissance et il offre plus de possibilités pour la visibilité et l’animation de la vie politique nationale. Sans ces paramètres, autant que les partis toujours à quai du financement public jettent la hache avant la prochaine cognée.





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