Gestion du pouvoir d’Etat : Patrice Talon, 4 ans après

Arnaud DOUMANHOUN 6 avril 2020

6 avril 2016 - 6 avril 2020. Les fruits ont-ils tenu la promesse des fleurs ? De toute évidence, la gouvernance de Patrice Talon, au cours de ces 4 dernières années, a laissé des traces dans tous les compartiments du pays. « L’urgence est aux réformes politiques, à la restructuration de l’économie nationale, à la reconstitution du tissu social en redonnant confiance à nos citoyens et la restauration de la crédibilité de notre pays. Certes, la tâche paraît immense mais ce n’est pas œuvre impossible », a-t-il déclaré lors de son discours d’investiture le 6 avril 2016.
A 1 an de la fin de cet exercice, cela saute à l’œil qu’en ces matières, les fruits semblent avoir tenu la promesse des fleurs. Les résultats peuvent être diversement appréciés sauf qu’il y a un essentiel à retenir. L’économie béninoise a subi de profondes mutations. La croissance économique est de l’ordre de 7% et la production cotonnière trône sur le toit du continent. Au plan énergique, le délestage est bien loin et l’accès à l’eau potable pour tous d’ici 2021 est désormais un challenge à portée de main. En termes de réformes politiques, il y a des couacs mais cahin-caha le paysage politique paraît plus ou moins fourni après 30 ans de la marche démocratique entamée depuis l’historique conférence nationale de février 1990. Le multipartisme intégral avait donné lieu à une sorte d’anarchie et le clientélisme politique battait son plein. La réforme du système partisan voulu d’ailleurs par tous les acteurs a porté du fruit sauf qu’elle reste à parfaire pour consolider l’unité nationale. Elle n’avait pas vocation à inaugurer l’ère de l’exclusion pour un retour à des pratiques aux antipodes de toute essence démocratique.
Bref, on peut détester le lièvre mais il faut reconnaître qu’il sait courir. En 4 années de gouvernance, Patrice Talon a su imprimer sa marque. Certainement avec plus d’engagement et de fermeté que ses prédécesseurs mais le but ultime de toute gouvernance politique reste le bien-être du peuple. Et il serait bien difficile de prouver que la marche entamée depuis 2016 n’a pas comblé une grande partie des attentes des béninois. Toujours est-il que quand il reste à faire, l’on ne peut se satisfaire d’une victoire.
Les défis sont encore énormes. Le régime du nouveau départ devra continuer à travailler pour repousser les frontières de la pauvreté et du sous-emploi. Patrice Talon a encore 1 an et en dépit de la pandémie du Covid-19, son régime devrait continuer à marquer des points notamment sur la finalisation des grands projets de son Programme d’actions (Pag). « Je ferai de mon mandat unique, une exigence morale en exerçant le pouvoir d’Etat avec dignité et simplicité. Je m’acquitterai de mes devoirs de président de la République avec humilité, abnégation et sacrifice pour le bien-être de tous », a-t-il promis le 6 avril 2016.





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