Opinion : TALON, l’homme à abattre à tout prix ?

La rédaction 20 juin 2019

Depuis son accession à la Marina, Patrice Talon établit de nouveaux paradigmes de la gouvernance en Afrique en général et au Bénin en particulier. Jamais dans les excentricités, jamais dans le populisme, il se démarque nettement de la gouvernance facile et joyeuse de certains. En effet, pour un dirigeant, ce qu’il y a de plus facile une fois élu, c’est de tourner dos à ses promesses quand leur réalisation doit lui générer le mécontentement. Les exemples sont à foison. Au lieu de cela, Patrice Talon s’échine à mettre en œuvre ce qu’il a annoncé pendant sa campagne. On peut donc voir que c’est un homme profondément honnête, qui ne se débine pas à la première difficulté. On peut voir qu’il paraît obstiné par la réalisation de son programme et la conduite diligente des réformes indispensables à l’essor économique. C’est la marque des hommes d’Etat, pas des politiciens qui, le regard fixé sur la prochaine élection, conduisent des politiques a minima voire se renient totalement.
Se tenir ainsi strictement envers soi-même et contre l’entendement politicien, c’est défaire les clichés, c’est montrer que le pouvoir ne « transforme » pas tout le monde. Dans le cas précis qui est le nôtre, il n’est plus besoin de démontrer que les politiciens ont, depuis trop longtemps, joué avec le destin de ce peuple et de ses enfants. Au quotidien, à force de volonté et de courage, il était aussi possible pour ses prédécesseurs de faire autrement. Et de surcroît, quand les résultats se font de plus en plus visibles, cela n’est pas de nature à vous garantir le sommeil tranquille car, vos adversaires et détracteurs, les acteurs politiques de carrière, ne vous laissent pas le temps. D’ailleurs, et cela se constate aisément, ils peuvent s’allier avec le diable dans le dessein de vous faire tomber.
Pour preuve, à Cotonou, on voit comment le projet ASPHALTAGE commence à changer le visage du quartier chic des Cocotiers. Ce quartier, un ancien président de la République et première autorité de la capitale économique du Bénin pendant une douzaine d’années y habite au moins. Au passage, il avait promis de faire de cette ville, le Singapour de l’Afrique. Qu’a-t-il osé pour en relever le prestige ? Avant Talon, il n’y avait que des trous béants sur la route.
Pourtant, en trois ans à peine, l’actuel chef de l’Etat a mis en place un programme d’envergure qui permet aujourd’hui d’entrevoir que dans quelques petits mois, on puisse circuler dans tout « Les Cocotiers » sans rouler dans du sable, mais uniquement sur du groudron. Eh oui, cela est une réalité ! Dans ce même pays, on a vu un autre ancien président se crêper les cheveux pour obtenir des niveaux de production record du coton car, disait-il, « 100.000 tonnes de coton, c’est un point de croissance économique ». Pendant ce temps, subvention à gogo, visites intempestives dans les champs, pour des résultats toujours en-deçà des attentes. Moins de 300.000 tonnes de production quand il quittait le pouvoir, avec pourtant des niveaux de subvention jamais égalées (on parle de 150 milliards de FCFA en trois ans).
Rien que dans ce domaine, à quoi assistons-nous depuis trois ans ? Pas une seule visite de Patrice TALON dans un champ de coton, pas la moindre subvention. Au contraire, il fait prélever désormais des taxes à l’exportation. Et nous sommes devenus premier producteur africain de coton, tutoyant la barre des 700.000 tonnes. On peut dire pareil des productions vivrières pour lesquelles notre pays est désormais classé 2ème derrière la Côte d’Ivoire, grand pays agricole depuis Félix Houphouët BOIGNY. C’est donc une sacrée prouesse que de jouer dans la même cour que ce pays, en matière agricole.
Ici pourtant, les années d’avant, les anciens dirigeants nous disaient qu’il fallait associer les cultures vivrières aux cultures de rente. Ils n’ont fait que le dire. Car à coups de « il faut, il faut », « il n’y a qu’à », on ne va nulle part. Depuis trois ans, Patrice TALON ne dit pas. Il fait. Il n’annonce pas, il réalise. Là aussi, par une démarche méthodologique bien pensée, avec son Ministre de l’Agriculture, ils ont redonné goût et envie au travail aux agriculteurs. Les résultats suivent. Pour toutes ces raisons, qui ne sont nullement exhaustives, on peut comprendre que certains aient décidé d’en faire leur cible. Il faut l’abattre à tout prix car pour eux, sa réussite, loin de faire les affaires du Bénin, est une démonstration de leurs tares, de leurs limites.
Boladé Josué OWOLABI
Juriste de formation





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