Orden Alladatin au sujet de la Présidentielle de 2021 : Chaque élu est « libre de donner son parrainage à qui il veut »

Fulbert ADJIMEHOSSOU 19 octobre 2020

2021 ne sera pas un scrutin fermé. Le député Orden Alladatin y croit. « Il n’y a pas de raison que la démocratie ne n’exprime pas », a rassuré l’élu de l’Union Progressiste, ce dimanche, sur la télévision nationale. En effet, face aux craintes persistantes d’une élection non inclusive en Avril 2021, le Président de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale ne voit pas d’obstacles en vue pour que les opposants ne prennent part au jeu électoral. Le parrainage qui serait le principal obstacle, n’en est pas un à en croire ses analyses, surtout si Patrice Talon n’est pas candidat à sa propre succession. « Le problème ne se poserait pas, puisque l’Up et le Br ne sont pas les mêmes partis. C’est deux partis différents », précise-t-il avant de marteler que le parrainage est libre. « Du point de vue du droit, chaque député, chaque maire est libre de donner son parrainage à qui il veut », insiste Orden Alladatin. Cependant, que se passerait-il, si le Président de la République venait à être candidat pour un second mandat. Le risque que les deux partis de la mouvance présidentielle, l’Up et le Br, fassent la pression sur leurs élus est très craint dans l’opinion. « Ce n’est pas possible, nous sommes en démocratie. Les débats internes que nous faisons aujourd’hui sont dans le sens total de l’apaisement », rassure l’élu de l’Union Progressiste.

Injonction des partis, « ce sera anti constitutionnel »
Et si le cas de la désignation des maires, il y a quelques mois par les partis est un exemple pour beaucoup, l’invité de la télévision nationale relativise. « Les élections communales sont un scrutin de liste. C’est le parti qui porte les candidats. Vous ne pouvez pas y être candidat si vous n’êtes pas portés par une liste. Mais ce n’est pas le parti qui vous présente aux élections présidentielles ».
Dans tous les cas, Orden Alladatin ne trouve pas de blocus pouvant venir des partis politiques. « Si un parti se réunit demain et sort une déclaration intimant l’ordre à ses élus d’avoir à parrainer tel ou tel autre, pour moi, ce sera anti constitutionnel », clame-t-il. Encore que, dit-il, il n’est pas fait obligation aux candidats de provenir d’un parti politique. « Quand j’écoute les concitoyens, certains pensent que le candidat doit nécessairement provenir d’un parti politique. C’est faux. Vous n’avez pas besoin d’être membre d’un parti politique avant d’être candidat à l’élection présidentielle au Bénin ».
Orden Alladatin croit que les députés et les maires ne se laisseront pas intimés l’ordre par les partis. Lui-même se propose de parrainer un potentiel adversaire du régime. « J’ai bien l’intention de donner mon parrainage à quelqu’un qui a une voix dissonante. Puisque ça ne veut pas dire que je soutiens. Il faut que les concitoyens aussi fassent la nuance entre le parrainage et le soutien ». Cependant, ce qui est à craindre, si le parrainage devient effectivement libre, c’est le risque de la corruption électorale. Ce contre quoi, pour finir, le député appelle à lutter. « Il ne faut pas se laisser aller à ça. Il faut pouvoir dénoncer cela ».





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