Présidentielle de 2021 : L’éducation, un thème préférentiel au menu du développement

Angelo DOSSOUMOU 2 décembre 2020

‘‘Quartier latin de l’Afrique’’. Jadis, ce qualificatif suffisait à notre bonheur. Aujourd’hui, sans faire la langue de bois, nous en sommes loin et pire, le système éducatif, très envié qui d’ailleurs, assurait à notre pays cet honneur, fait l’objet d’une grosse interrogation. Pas la peine de se voiler la face, de se braquer sur des propos : ça ne va pas, la responsabilité est collective et des solutions s’imposent. Car, de l’école coloniale aux Nouveaux programmes en passant par l’école nouvelle, les régimes se sont succédé mais les bonnes options n’ont visiblement jamais été prises. Conséquence, la jeunesse diplômée n’a généralement d’autre alternative que d’attendre la main secouriste de l’Etat avant de décrocher un emploi. Cela suppose que quand on sait l’électorat que constituent le corps enseignant et tous ces apprenants qui sont dans la tranche d’âge de 18 à 25 ans, il va sans dire que l’intérêt au thème de l’Education n’est pas anodin. D’ailleurs, c’est à juste titre que le ton est déjà donné au cours de la tournée nationale du chef de l’Etat qui décrit un système d’enseignement qui forme plus au bavardage qu’à autre chose.
Seulement, à quoi bon continuer à regarder là où ce système éducatif est tombé et ne pas plutôt chercher où il s’est heurté le pied avant de le relever. Car, la finalité de tous, même des enseignants qui se sont sentis insultés par les propos du chef de l’Etat, c’est d’aller à cette qualité de l’instruction qui mènera le Bénin au développement.

Education, un thème rassembleur et non diviseur !
Alors, dans un tel contexte, quoi de plus normal que les prétendants au fauteuil présidentiel s’assurent, dès maintenant, dans leur projet de société, de ressortir la vision de l’éducation post mai 2021 qui l’emportera sur leur adversaire. De même, afin que les électeurs puissent vraiment en juger, il faudra qu’entre eux, le débat se fasse. Ce qui est sûr, jusqu’ici, les observateurs avertis et les analystes sont restés sur leur faim en ce qui concerne la thérapie à appliquer au système éducatif du Bénin. Malheureusement, la magie espérée du Conseil national de l’éducation n’a pas encore opérée et Dieu seul sait si un jour, les fruits tiendront la promesse des fleurs. C’est dire que le mal du système censé former une jeunesse dynamique et cultivée est si profond que, pour le moment, pour totalement le guérir avant le terme de ce quinquennat, rien n’y fit.
C’est pourquoi, au lieu de continuer à bavarder et à se tirer dans les pattes, il faut véritablement prendre le taureau par les cornes et agir. Ce qui est sûr, la réalité est que la plupart les lycées techniques ont été délaissés et ont fait place aux collèges d’enseignement général et que, pour plusieurs raisons, le niveau d’encadrement et de formation des apprenants a drastiquement baissé. Aussi, est-il clair que pour changer au plus vite de paradigme, cela a un coût et appelle des efforts supplémentaires à faire par tous les acteurs du monde éducatif. En somme, quel qu’il soit, le défi de la qualité de l’éducation s’impose au prochain président du Bénin. Au menu du développement de ce pays qui regorge encore des têtes bien faites et bien pleines, il y a donc lieu de servir, au préalable, ce plat fumant aux citoyens. Mais au risque que le système éducatif retenu ne soit pas assez copieux avec déjà tous ces tiraillements autour des ingrédients entrant dans sa préparation, il est certain qu’il requiert toutes les expertises. Au-delà des égos, l’éducation au Bénin, vu sa santé actuelle, est un thème rassembleur et non diviseur. Autrement, ce ne sera pas la sortie des sentiers battus mais, juste de petits pansements pour sa survie. Dans ces conditions, prenons garde !





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