Réforme du système partisan : Deux législatives consécutives manquées, des partis condamnés à perdre leur statut juridique

22 novembre 2022

Candide Azannaï, président de Restauré l’Espoir

La loi est dure mais, quand les conditions de son application sont réunies, en principe, les autorités doivent faire constater ce qu’il en est et passer à l’action. Ainsi, depuis le vote de la Charte des partis politiques, aucun des membres fondateurs des formations politiques n’ignorait les différents articles qu’elle contient et spécifiquement celui 27 qui prévoit d’abord que les partis politiques sont tenus de participer aux élections législatives, communales et locales. Ensuite, il précise que tout parti perd son statut juridique s’il ne présente pas des candidats à deux élections législatives consécutives. Par ailleurs, la décision de retrait de l’enregistrement est prise par le ministre chargé de l’intérieur et publiée au journal officiel. Voilà les deuxièmes élections législatives de l’ère de la Rupture et sous la nouvelle charte des partis où la liste des formations politiques admises dans le starting-block est connue. Et quand on sait qu’il y avait des partis nés et ayant bénéficié du certificat de conformité à l’époque et donc légalement enregistrés, sauf autre interprétation, il n’y a aucune raison qu’ils ne passent à la trappe de la réforme du système partisan.
D’ailleurs, dans un récent communiqué en date du 9 novembre dernier, le ministre de l’intérieur a fait remarquer qu’il y a des partis fantômes qui fonctionnent sans siège dans les départements. Sans doute, il en viendra très prochainement aux partis qui sont appelés à perdre leur existence légale. Pour rappel, lors des législatives de 2019, le parti Force cauri pour le développement du Bénin (Soumanou Toléba) avait essayé sans réussite de se mettre sur la ligne de départ des législatives. Cette fois-ci, elle est restée quasi inexistante. Cela suppose qu’au regard de la Charte des partis politiques, ce parti s’est mis dans de mauvaises dispositions pour espérer continuer d’exister. Parmi ces partis qui sont menacés d’avaler leur acte d’existence légale, il y a aussi ‘‘Restaurer l’Espoir’’ de Candide Azannaï et La Flamme Renouvelée de Gilbert Tolodji Eda.

Soumanou Toléba, président de FCDB

Fort heureusement, certains des partis à l’instar de Moele-Bénin et de l’Udbn ont pu échapper au piège des deuxièmes législatives à ne pas manquer. D’autres ont carrément, comme le Prd de Maître Adrien Houngbédji, fusionné. En somme, cette disposition de la Charte des partis, aidera à une meilleure visibilité au sein de la classe politique. Depuis la réforme du système partisan, le glas des clubs électoraux était déjà sonné. Avec ces deuxièmes législatives à ne pas rater, le ménage du ministre de l’intérieur peut raisonnablement démarrer. Le temps nous dira ce qu’il en sera.





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