Retour des trésors culturels au Bénin : Les observations de l’opposant Iréné Agossa

Adrien TCHOMAKOU 10 novembre 2021

Le retour de ces trésors culturels et historiques du royaume d’Abomey est une satisfaction totale. Cela fait de nous un peuple qui a une histoire et qui doit être considéré comme tel. Cela fait de nous une nation qui a un parcours historique et culturel. Donc, nous en sommes fiers, et tous les Béninois, toutes tendances confondues doivent être fiers de ce qui s’est passé et doivent se reconnaître à travers ce qui s’est passé. En qualité de Président de Restaurer La Confiance (RLC), nous sommes satisfaits de ce qui s’est passé. Et cela a été une grande joie de savoir que le Bénin a eu l’honneur de connaître le retour de ses trésors culturels et historiques. Nous sommes fiers que le Président de la République ait signé cet accord. En signant le protocole de retour de ces trésors, il a dit que ce n’est que le début. Donc, d’autres trésors qui sont de l’autre côté de l’Atlantique vont pouvoir revenir à notre pays et permettre à ce que les jeunes générations puissent vivre en direct l’histoire de notre pays, qu’ils aient la chance d’aller visiter ces objets et de pouvoir en être fiers. Cela contribue à la consolidation de l’esprit patriotique dont on a besoin pour le développement de notre pays. Ce qui est encore intéressant, c’est ceux qui nous ont dépossédé de nos trésors dans les conditions que nous savons, qui ont eu aujourd’hui une élévation de conscience et qui ont jugé utile de nous les rétrocéder. Si c’est le cas et comme nous venons de constater et que nous en sommes fiers, nous pensons et nous ne cesserons jamais de répéter qu’aucune condition politique, économique, sociale ne doit toucher un Béninois à aller de l’autre côté, c’est à dire en France à la recherche d’une liberté. C’est pas possible, c’est une inculture historique. Si ceux qui nous ont dépossédé de nos objets, de nos trésors culturels se sont rendus compte qu’il est aujourd’hui utile et indispensable que ces objets reviennent vers nous, il est normal que nous aussi, nous prenions des dispositions dans notre organisation politique, culturelle, économique et social pour que les Béninois ne soient pas contraints d’aller à la recherche d’une liberté du côté de la France. Ce n’est pas possible, parce que le retour de ces objets, c’est comme le retour de l’âme de nos rois. Donc c’est important qu’on arrive à le dire. L’autre chose que je voulais aussi noter, c’est que nous devons prendre toute les dispositions matérielles pour que ces objets ne soient pas dégradés. C’est pourquoi nous proposons déjà qu’une reproduction de ces œuvres d’arts soit faite c’est à dire une copie (Conception nouvelle) soit faite afin qu’elle soit à la portée du public. Et que les trésors culturels authentiques soient conservés dans leur état naturel pour qu’à titre exceptionnel ou par an ou certains nombres de fois dans une année, on aille les visiter. Ainsi, le public viendra visiter ces trésors culturels (Nouvelle conception) à tout moment et laisser l’héritage authentique à la génération à venir. Nous devons le faire pour des siècles et des siècles, parce que ces objets ont besoin d’être sacralisés pour rentrer dans le patrimoine traditionnel des royaumes. Nous ne sommes pas comme des Français ; nous n’avons pas la même culture que les Français, il faut que ces objets soit sacralisés et que les copies soient mises à la portée du public afin que lors de nos cérémonies traditionnelles, qu’on ait l’opportunité d’aller voir les originaux aux lieux consacrés pour ces objets. Voilà à peu près ce que nous pensons du retour des biens culturels et nous félicitons une fois encore le gouvernement qui a eu la capacité et l’intelligence pour faire aboutir ce projet. Nous pensons que les remarques que nous avons eu à faire permettront à ce que ces trésors soient maintenus pour des générations à venir. Dernier point, le retour de ces objets d’arts doit consacrer aujourd’hui une unité nationale, une cohésion nationale. Parce que ceux à qui appartiennent ces objets, ces Rois ont rêvé toujours à cette unité nationale face à l’agresseur extérieur qui aujourd’hui à pris conscience de l’utilité de faire revenir ces objets.
Réalisation : Adrien TCHOMAKOU





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