Système partisan au Bénin : 15 partis reconnus, plus de la moitié dans le coma

Angelo DOSSOUMOU 28 juillet 2021

Avoir la bénédiction du Ministère de l’intérieur et mourir. L’image ressemble bien à ce qui se passe depuis la réforme du système partisan sur l’échiquier politique béninois. Ainsi, comme dans une maternité, entre 2018 et 2021, il y a eu déjà 15 bébés partis nés, accueillis à grands cris mais, plus de la moitié ont, soit contracté une infirmité soit sont carrément tombés dans un coma profond. En plus clair, en égrenant la liste des 15 partis reconnus, beaucoup se surprennent à constater qu’il y en a qui n’existent que de nom. Tenez ! A part l’Union Progressiste, le Bloc Républicain, le Prd, l’Udbn, la Fcbe Moele-Bénin, ‘‘Les Démocrates’’ et Restaurer l’espoir qui, à des degrés divers, animent jusqu’ici la vie politique nationale, les autres assistent impuissants à leur propre mort. Mieux, selon les nouvelles dispositions électorales au Bénin et spécifiquement la Charte des partis politiques en son article 27, ne pas prendre part, c’est-à-dire ne pas présenter des candidats à deux élections législatives est passible de la perte du statut juridique du parti. Cela suppose que même Moele-Bénin, le Prd et Restaurer l’espoir qui avaient une existence légale avant les législatives de 2019 sont en sursis et sont dans l’obligation de ne pas rater le rendez-vous de 2023.
Pour ce qui est du reste, ils sont répartissables en plusieurs catégories. Entre autres, il y a celle dont les partis affichent plus de deux ans d’existence sur leur acte de naissance plus exactement avant les dernières législatives de mai 2019 mais qui sont depuis lors, du point de vue de la participation aux scrutins passés, d’une absence inquiétante. Il s’agit respectivement de La Flamme Renouvelée, de Fcdb, du Gsr, et de la Dud. D’ailleurs, à peine certains se souviennent encore de leur naissance à plus forte raison s’ils ont pu se tenir debout et marcher. Pourtant, aux portes des prochaines élections en vue de renouveler le parlement à Porto-Novo, le danger d’une mort précoce les guette. La seconde catégorie regroupe les partis à l’instar de Mpl, Per, Les Démocrates et le Rlc. Ces derniers complètent la liste des partis légalement enregistrés mais qui actuellement connaissent des fortunes diverses. Si seul le leader du Rlc a pu s’inscrire sur la liste des candidats à la présidentielle d’avril dernier, Per et surtout ‘‘Les Démocrates’’ digèrent difficilement jusqu’ici d’en avoir été recalés. Depuis lors, le système desdits partis est quasi paralysé.
D’où, entre coma et inactivité, avec l’échéance des législatives de 2023 à l’horizon, ce sera l’heure de la grande clarification des partis légalement reconnus. Pour ceux qui sont en sursis pour être passés à côté de la participation à la dernière législative, l’équation est simple : rebondir, envahir le champ politique et sortir le grand jeu pour positionner sur le chemin qui mène au Palais des gouverneurs en 2023, les 109 candidats et leurs suppléants exigés. Autrement, le Ministre de l’intérieur ne boudera pas son plaisir de leur taper dessus afin de mieux faire constater leur décès prématuré.
En définitive, la revue des partis nés sous la réforme du système partisan donne l’impression d’être plus dans un hôpital que dans une chapelle. Et pour cause, il y a pas moins de 15 partis politiques mais l’animation de la vie politique nationale laisse à désirer. Et quand on voit que les abonnés aux soins à l’hôpital l’emportent sur ceux qui chantent et dansent sur la scène, autant avant que leur glas ne sonne, leur préparer des places à la morgue. Ce n’est pas un souhait. Seulement, le constat est intriguant et pas sûr qu’ils arrivent tous à éviter une mort certaine. Peut-être qu’il le faut pour que d’autres cris accueillent d’autres naissances de partis et qu’un cycle recommence. Naître, même en politique au Bénin, la providence se charge du reste.





Dans la même rubrique