A la faveur de la crise du carburant : La Sonacop, le joker gagnant

Arnaud DOUMANHOUN 27 novembre 2019

Au nom de l’intérêt général ! Le fait paraît anodin, pourtant mérite qu’on s’y attarde. La reprise des stations-services de la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (Sonacop) a donné la preuve s’il en était encore besoin, de ce que l’Etat doit demeurer le dernier recours dans les secteurs vitaux de l’économie nationale.
L’éclatement de la crise du carburant a forcé à juste titre, l’approvisionnement de l’entreprise, d’ailleurs la plus représentative en terme de couverture du territoire en fourniture des produits pétroliers, mais délaissée en raison de la crise structurelle à laquelle elle serait assujettie. Recourir à ce joker à un moment où le prix de l’essence de contrebande communément appelée Kpayo a crevé les plafonds et que les stations privées peinent à satisfaire la demande, devrait conforter le gouvernement dans sa dynamique actuelle. C’est-à-dire la nomination d’un administrateur provisoire le 9 octobre dernier, aux fins d’établir un état des lieux assorti d’une feuille de route pour la renaissance de la Sonacop. Il ne saurait en être autrement, sinon qu’éveiller l’attention du politique sur les décisions prises dans certains secteurs clés, qui en cas de crise, en l’absence de l’Etat, pourraient avoir des conséquences incommensurables.
Fort heureusement, la Sonacop a survécu à sa liquidation sous les différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays. Il ne reste qu’à croiser les doigts pour que cette énième tentative de sa restructuration sous le régime du Nouveau départ soit la bonne.
Déjà, les options retenues pour la reprise des stations-services, en attentant le diagnostic de l’administrateur provisoire, sont porteuses d’espoir. Le ministre de l’eau et des mines, Samou Séidou Adambi et sa collègue de l’industrie et du commerce, Shadiya Alimatou Assouman ont sans doute pris la mesure de l’enjeu. La mention « pas de ticket valeur » est mise en évidence au niveau des stations-services de la Sonacop. En d’autres termes, pas de crédit. La Sonacop veut désormais du cash.
Des indiscrétions, le gouvernement par le biais du ministre de l’industrie et du commerce, a autorisé l’entreprise à se faire livrer à titre exceptionnel, le carburant auprès de Oryx.
Mais pour ce qui concerne les gérances libres, ce sont les sociétés privées concernées qui sont appelées à débourser les fonds pour s’approvisionner chez Oryx. Et pour le cas des stations encore sous gérance directe, elles seront approvisionnées dans le fonds de la Sonacop. C’est là tout le mérite de l’option.
A ce niveau, la société peut vendre au comptant et se réapprovisionner. Les tickets valeurs ne sont pas pris en compte. Cette opération va permettre à l’entreprise de survivre le temps de la restructuration. Les agents qui se rongeaient les pouces ont repris du service et c’est l’Etat qui en sort gagnant. La volonté politique peut repousser les limites de l’impossible. Le reste n’est qu’une question de bonne gouvernance et le ‘’tout privé’’ n’a jamais véritablement construit une Nation.





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