Alexandre ADJINAN, Président de l'Intersyndicale des Comités de Jeunes des Confédérations et Centrales Syndicales : « Les travailleurs ayant perdu leurs emplois à cause des lois méritent donc d'être réhabilités »

Patrice SOKEGBE 4 mai 2021

« Ce jour où le monde entier célèbre la fête internationale du travail, j’ai une pensée particulière à l’endroit de tous les travailleurs béninois qui ont perdu la vie dans le cadre de l’exercice de leur métier, sans oublier leurs familles respectives. Ma pensée va également à l’endroit des travailleurs béninois qui ont perdu leurs emplois à cause des lois qui ont été initiées sous le gouvernement de la rupture pour régir la vie des travailleurs et bien d’autres raisons. Je pense particulièrement aux enseignants Agents Contractuels de l’État de la promotion 2008 dont les contrats ont été résiliés à l’issue de l’évaluation diagnostique organisée par le gouvernement alors que les intéressés n’ont violé aucun texte législatif ou réglementaire qui prescrit les types d’évaluation dans notre pays en général et dans le secteur de l’éducation en particulier. Ils méritent donc d’être réhabilités et c’est ce que j’invite humblement le gouvernement à faire.
Je n’oublie pas les travailleurs des secteurs public, parapublic et privé qui sont en fonction et sont confrontés à différents problèmes parmi lesquels on peut citer la pression fiscale, la cherté de la vie, la faiblesse du pouvoir d’achat ainsi que les problèmes liés à la gestion de la carrière. Je pense également à ces milliers de jeunes diplômés sans emplois qui se demandent si l’espoir est encore permis. Je n’oublie pas les béninois qui ne bénéficient pas d’un emploi décent et durable. Dans cette catégorie, il y a les enseignants pré-insérés qui sont soumis à la précarité et à l’esclavage. Je pense sincèrement que la jeunesse béninoise a besoin d’être rassurée par nos gouvernants qui doivent tenir compte de ses aspirations profondes à travers les programmes et projets de développement. Face au problème de chômage et de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, l’Etat a une très grande responsabilité car, l’article 30 de la constitution du 11 décembre 1990 dispose : « L’Etat reconnaît à tous les citoyens le droit au travail et s’efforce de créer les conditions qui rendent la jouissance de ce droit effective et garantissent au travailleur la juste rétribution de ses services ou de sa production ». Je profite de l’occasion pour remercier la CNV Internationaal, ce partenaire privilégié de la Confédération des Organisations Syndicales Indépendantes du BÉNIN (COSI-BENIN) qui l’appuie sur les plans technique et financier et lui permet d’offrir à beaucoup de jeunes béninois, des séminaires et ateliers de formation et de renforcement de capacités sur des thématiques liées à l’emploi. Toutes ces activités s’organisent sous le leadership du Camarade Noël CHADARE, Secrétaire Général de ladite Confédération. Face au tableau sombre que révèlent la situation des travailleurs et celle de l’emploi au Bénin, je voudrais finir en invitant les Organisations Syndicales Béninoises représentatives et celles qui ne le sont pas cette fois-ci à s’unir autour des problèmes des travailleurs et des jeunes diplômés sans emplois qui souffrent afin d’assurer à ces différentes couches, un travail décent et durable. C’est le rôle de ces Organisations Syndicales et elles peuvent le jouer convenablement et réussir si les dirigeants oublient leur égo et privilégient les intérêts des travailleurs en agissant à travers une vraie unité d’action syndicale. Nous le pouvons si nous le voulons réellement »





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