El hadj Karim Boukari Ténaka au sujet de l’association de développement de Djougou : « Nous invitons tout le monde samedi à participer activement aux travaux du congrès »

La rédaction 4 octobre 2019

Djougou s’apprête à vivre un évènement de taille. Demain, samedi 5 octobre 2019 aura lieu le congrès constitutif de l’Association de développement de Djougou. Après neuf mois de préparation minutieuse, le Président du comité préparatoire El hadj Karim Boukari Ténaka dévoile ici les enjeux.

Samedi prochain aura lieu le congrès constitutif de l’association de développement de Djougou. D’où est partie cette initiative ?
La commune de Djougou avait une association de développement depuis 1987. On l’appelait « Adet ». Elle a bien fonctionné et on a eu des résultats positifs. Mais après la conférence nationale des forces vives, l’apparition de certains partis politiques a fait que certains responsables de cette association se sont mis en politique. Ils ont créé leurs partis, ce qui a affaiblit l’association de développement. Les gens s’occupaient plus de la politique que du développement, si bien qu’à un moment donné, les 12 arrondissements ont créé chacun leur association. Mais on n’avait pas une association mère qui coiffe toute la commune. Cela a fait que certains problèmes de développement qui se posent ne peuvent pas être réglés au niveau de l’arrondissement. Il faut conjuguer toutes les forces pour trouver la solution. C’est ça qui a motivé sa Majesté le Roi Issifou Kpétoni Koda 6 à convoquer une journée de réflexion des cadres de Djougou à son palais le 15 décembre 2018. L’objectif était que les cadres réfléchissent, échangent entre eux pour trouver les voies et moyens de créer une association de développement. Après les échanges, il a été mis sur pied un comité préparatoire dont je suis le président qui a travaillé de janvier jusqu’en septembre. Durant 9 mois, nous avons travaillé pour élaborer les documents fondamentaux et rechercher les ressources nécessaires pour la tenue du congrès. Maintenant, nous sommes fin prêts. On a convoqué tous les ressortissants de la commune de Djougou pour le Congrès constitutif le 5 et le 6 octobre pour mettre sur pied une association de développement.

Quel est l’objectif visé réellement ?
L’objectif que nous visons, c’est d’abord constituer une organisation de lobbying auprès des autorités non seulement locales mais gouvernementales aussi. Puisqu’on a constaté qu’avec la disparition de l’association de développement, Djougou est laissé à lui-même. Il n’y a pas une force civile qui peut s’adresser aux autorités tant locales que nationales. Donc, ce vide fait que beaucoup de choses nous échappent. Ensuite, il y a des projets qui devraient revenir à Djougou mais qui sont renvoyés ailleurs. Si cette association était là, c’est à elle de faire le combat. C’est vrai qu’il y a la décentralisation, mais le Conseil communal ne peut pas agir parce qu’ils ont en face leur Chef ou ils ont peur de leur électorat alors que l’association de développement n’est pas une affaire politique. Ce n’est pas une affaire religieuse. Ce n’est pas une affaire d’ethnie. Ça concerne toute la population de Djougou pour qu’on puisse aller de l’avant.

Est-ce que le comité préparatoire est fin prêt pour demain ?
Il y a la préparation intellectuelle, c’est-à-dire la réflexion sur les statuts, règlement intérieur, le programme, etc. Ce travail intellectuel est prêt. Maintenant, il reste la sensibilisation de la population et des cadres. C’est fait, mais nous continuons de le faire jusqu’au congrès. Il y a ensuite la situation financière. Il faut courir dans tous les sens pour pouvoir avoir les moyens financiers pour l’organisation. Nous sommes en train et les bonnes volontés de Djougou, que ce soit les politiciens, les cadres à des postes de responsabilité, les opérateurs économiques, la diaspora, tout le monde est en train de contribuer pour qu’on puisse faire ce congrès.

Quelles sont les activités qui sont au menu de ce congrès annoncé ?
Le samedi dans la matinée, il y aura l’ouverture officielle. Après l’ouverture, nous allons mettre en place un présidium qui va diriger les travaux du congrès. Puis, il y aura des travaux en commissions. Il y a la commission des statuts et règlement intérieur et une deuxième commission pour analyser la situation de l’éducation nationale dans la commune de Djougou. Vous constatez que c’est la Donga qui a toujours été la queue lors des examens de fin d’année. Ça nous préoccupe et nous allons créer une commission technique pour analyser le fait et voir ce qu’il y a lieu de faire. Les commissions vont travailler jusqu’au dimanche. Dans l’après-midi du dimanche, il y aura une plénière où chaque commission va exposer ses résultats et nous allons en discuter. Puis à la fin, on mettra un bureau exécutif en place.

Peut-on avoir un bref aperçu des invités de marque attendus à ce grand rendez-vous ?
Comme je le disais tout à l’heure, les invités seront essentiellement les ressortissants de Djougou. Parmi les autorités, nous avons invité le ministre d’Etat qui est congressiste aussi. Il y aura des ministres, des députés, le préfet de la Donga…, presque tous les grands chefs traditionnels de la commune, les religieux, les jeunes, les femmes. Les opérateurs économiques que nous avons, nous les avons tous invités. Il y a aussi la diaspora qui est invitée et à l’heure où je vous parle, la délégation du Ghana est en route.

Sur cette liste, on voit des leaders politiques et bien d’autres cadres de la localité, mais est-ce qu’au fond, on peut dire que l’association naissante ne pourra pas pendre une connotation politique ou une position politique à défendre ?
Non. Les statuts que nous allons adopter prévoient que c’est une organisation non gouvernementale. Ce n’est pas un parti politique. L’association de développement que nous voulons créer ne va pas s’occuper des problèmes politiques. Mais, il peut y arriver qu’un problème politique se pose et que nous donnions notre avis. Mais nous ne voulons pas qu’on transforme ça en un parti politique. Ensuite, nous avons dit, dans nos statuts, que les politiciens : députés, ministres, etc. ne pourront pas occuper un poste dans le bureau exécutif. Si vous êtes membre du bureau exécutif et qu’on vous nomme à un poste politique, vous devez démissionner de notre bureau exécutif et on vous remplace. Cela ne veut pas dire que vous quittez l’association. Mais on ne veut pas mélanger la politique au développement ; sinon, on risque d’aller à la dérive.

Quel est le message fort que vous avez à lancer à l’endroit des fils et filles de Djougou attendus dans le cadre de ce congrès ?
Le message est simple. Nous invitons tous les fils et filles de Djougou à participer massivement et effectivement aux congrès parce que c’est l’intérêt de Djougou qui est en train de se jouer. Nous invitons tous ceux qui sont intéressés par le développement de Djougou qui résident à Djougou ou n’y résident pas, nous les invitons à venir parce qu’à Djougou, il y a plusieurs colonies. Il y a les étrangers. Tous ceux-là sont invités au congrès pour que tout le monde apporte sa pierre à l’édifice. Nous invitons donc tout le monde à venir et à participer activement aux travaux du congrès.





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