Evaluation diagnostique du 24 aout 2019 : La participation l’emporte sur le boycott

Patrice SOKEGBE 26 août 2019

Annoncée il y a quelques semaines par le Gouvernement de la rupture, l’évaluation diagnostique des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire reversés en Agents contractuels d’Etat en 2008 a eu bel et bien lieu samedi 24 août dernier dans les centres de composition retenus. Malgré les différentes menaces de boycott contre cette évaluation, plus de la moitié des enseignants sont allés composer, ceci en toute sécurité. Au Ceg1 d’Abomey-Calavi, toutes les salles sont remplies, excepté quelques cas de retard et d’absence notés. A cela s’ajoutent des cas d’omission.
Cette évaluation a été organisée par le gouvernement en vue d’assainir le sous-secteur des enseignements maternel, primaire et secondaire. Cette décision a été vivement contestée par les enseignants, car ils redoutent des licenciements après cette évaluation. Mais le gouvernement a tenté de les rassurer sur la suite à donner à ce test. Selon le ministre des enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou, aucun enseignant ne sera sur le carreau. Il y aura, au contraire, une reconversion de ceux qui n’auront pas réussi au test après 9 mois de formation.

Des enseignants arrêtés à Parakou
Dans le département du Borgou, notamment au Lycée Mathieu Bouké de Parakou, il y a eu une vive altercation entre les enseignants frondeurs et les forces de sécurité. En effet, ces enseignants se sont opposés à l’évaluation diagnostique et ont commencé par manifester devant le centre de composition. Mais ils ont été très tôt dispersés par les éléments de la police Républicaine. De cette manifestation, des enseignants ont d’ailleurs été arrêtés. Selon eux, personne ne sait ce qui se cache derrière cette évaluation. Et pour préserver leur carrière, ils ont protesté contre cette décision du gouvernement. Certains enseignants ont également fustigé le manque de solidarité qu’il y a eu dans leur rang.

Des gris-gris comme force de défense
Pour empêcher la tenue de l’évaluation diagnostique, plusieurs centres de compositions au Nord-Bénin ont été minés par des pouvoirs mystiques, notamment des gris-gris. La plupart des enseignants inquiets de la situation, ont décidé de ne pas prendre part à ladite évaluation. Les centres qui ont été découverts plus tôt ont été déminés.

De gros soucis pour les frondeurs

Les enseignants qui n’ont répondu présents au rendez-vous du 24 août dernier risquent la radiation de la fonction publique. C’est le ministre des enseignements maternel et primaire qui l’a fait savoir hier sur la radio nationale. Selon lui, les mis en cause vont purement et simplement subir les rigueurs de la loi. Seuls ceux qui auront apporté des preuves tangibles de leur absence à cette composition prendront part à la session de remplacement dont la date n’est pas encore définie.





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