Lutte contre le coronavirus : La discipline, le remède le plus sûr

Angelo DOSSOUMOU 25 mars 2020

Sacralité de l’autorité de l’Etat. Le Coronavirus ne doit pas servir de prétexte au chaos. L’université d’Abomey-Calavi a été dans l’après-midi du mardi 24 mars 2020, le théâtre de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre avec un triste bilan : un mort et des blessés graves dans le rang des premiers. A l’origine de ce drame, un mot d’ordre de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb) qui suspend unilatéralement les cours dans les amphis en raison de la menace du coronavirus. Cette posture des étudiants est contraire aux mesures prises par le gouvernement qui a fixé les congés anticipés de Pâques, pour toutes les écoles et universités publiques et privées du Bénin, du 30 mars au 13 avril 2020.
C’est dire que selon le communiqué du Comité gouvernemental de suivi de la pandémie du coronavirus (Covid-19), signé par le Secrétaire général du gouvernement, Edouard Ouin-Ouro, les étudiants devraient prendre leur mal en patience jusqu’au vendredi prochain. Hélas, la Fneb a décidé d’imposer son mot d’ordre, en prenant d’assaut les amphis pour interrompre le déroulement des cours. La riposte des forces de sécurité fut sanglante.
Aussi, dans la même journée de ce mardi 24 mars, un agent de l’armée togolaise a abattu un civil béninois. La raison évoquée est également liée au non-respect de la nouvelle directive, c’est-à-dire la fermeture des frontières entre les deux pays, imposée par les autorités togolaises. Point n’est besoin d’aller dans les détails avant de s’apercevoir que chaque citoyen entend faire selon son bon vouloir en dépit des orientations données par les Etats.
Que les mesures vous conviennent ou pas, autant les respecter pour ne pas subir la rigueur de la force publique. Certains parents d’élèves ont par exemple, délibérément choisi de garder leurs enfants à la maison, bien que le gouvernement ait décidé d’un congé anticipé pour la Pâques dès lundi prochain. Pour autant, les portes de l’école béninoise ne sont pas fermées. John Stuart Mill disait que : « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Qu’un étudiant ne veuille plus suivre les cours pour raison de coronavirus, il en a tout à fait le droit. De là à imposer la fermeture de l’université, c’est un autre débat.
Qu’un ressortissant viole des directives données par les autorités togolaises dans le cadre de la gestion du coronavirus, cela paraît également ni plus ni moins à un reniement de l’autorité de l’Etat. Au finish, l’anarchie pourrait s’installer si chacun faisait sa volonté pendant que le monde fait face à la gestion d’une pandémie si virulente que le coronavirus. Il faut savoir raison garder. La peur ne doit pas donner lieu à l’anarchie et si les Chinois ont pu vaillamment faire face au coronavirus, c’est surtout par leur sens de civisme, de discipline, du respect de l’autre et de l’autorité de l’Etat. Allons à leur école.





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