Négligence dans les consultations prénatales : Les dangers qui guettent mères et fœtus

La rédaction 1er juillet 2020

La consultation prénatale est le suivi de la femme par un gynécologue ou une sage-femme tout au long de sa grossesse. Ce suivi permet de s’assurer du bien-être de la mère et du fœtus. Mais nombreuses sont ces femmes qui ne respectent pas leurs rendez-vous prénataux au cours de la grossesse. Ce comportement n’est pas sans risques sur la santé de la mère et du nouveau-né.

Aller en consultation prénatale est loin d’être une priorité pour la plupart des femmes enceintes. Il est surprenant de constater qu’il y a en a qui ne visitent le médecin qu’une seule fois durant toute la période de la grossesse. Constance Afanou mère de 4 enfants confie : « Pour ma deuxième grossesse, j’ai été me faire consulter 2 fois seulement. J’avoue que la suite n’était pas facile pour moi ».

A l’image de Constance, nombreuses sont ces femmes enceintes qui banalisent les consultations prénatales. Conscientes qu’elles doivent faire au plus 8 consultations prénatales, elles décident volontairement ou involontairement de ne pas se faire suivre. Toutefois à défaut de les respecter toutes, elles peuvent s’y rendre au minimum 5 fois. « J’ai été en consultation prénatale huit fois avant la naissance de mon bébé », confie Irène Boton, mère d’un enfant.

Seulement 40% des femmes enceintes qui fréquentent ce centre de santé viennent régulièrement en consultation prénatale. Au centre de santé ‘’Ahouansori Agata’’, le constat laisse perplexe. En effet lors de la première consultation prénatale, la sage-femme ou le gynécologue procède à un check-up complet afin d’évaluer les risques éventuels pour cette grossesse. Selon Viviane Aholou, Responsable des sages-femmes au centre de santé Ahouansori Agata, « Cette consultation porte sur différents éléments dont entre autres les antécédents médicaux personnels et familiaux, gynécologiques, obstétriques, le déroulement des précédentes grossesses et accouchements, les éventuelles complications maternelles ou fœtales et les antécédents de fausse couche ou grossesse extra utérine ».

Négligence ou ignorance ?
Le non-respect des consultations prénatales est majoritairement dû au manque de moyens financier pour l’accès aux soins. Certaines femmes ne trouvent pas son importance à cause de leur état de santé physique. Lorsqu’elles ne ressentent aucun malaise, elles pensent être en bon état. Cette négligence expose les femmes et le bébé à de grave dangers. Lors des consultations prénatales, les sages-femmes informent de l’évolution de la grossesse et prodiguent des conseils.

Alors, la femme qui ne bénéficie pas de ces consultations ne saura pas si elle a des pathologies qui pourraient agir sur sa grossesse. A en croire Roméa Ahouandjinou, Sage-femme au centre de santé Ahouansori Agata, la femme qui, au 1er trimestre, ne va pas en consultation prénatale court le risque de perdre sa grossesse, d’avoir une grossesse extra utérine. « Au deuxième trimestre le fœtus est exposé à des risques de malformation », ajoute-t-elle. Généralement, les femmes enceintes non suivies sont fréquemment exposées à des risques d’anémie, d’hypertension et de paludisme. En cette période du Coronavirus, elles courent le risque d’être contaminées du virus. Bien que ce virus ne soit pas transmis de la mère à l’enfant, il reste un danger pour le bien-être de la femme enceinte et de son enfant.

Pour pallier les problèmes du non-respect des consultations prénatales, plusieurs mesures sont prises dans les centres de santé. Des sensibilisations, des causeries sont organisées dans les hôpitaux pour raisonner les femmes sur les risques qu’elles courent en négligeant les consultations prénatales. « Les pathologies qu’on peut retrouver chez une femme enceinte sont également abordées lors de ces séances d’échanges », précise Roméa Ahouandjinou. A ces sujets s’ajoute l’aide qu’apportent les membres communautaires et les membres des projets aux agents de santé en faisant la sensibilisation dans les maisons et les quartiers afin de faire sortir les femmes pour se rendre à l’hôpital.
Déo Gratias ATSUI (Stag)





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