Rentrée scolaire sous le sceau du déluge : Quand les routes disparaissent sous l’eau à Cotonou

Moïse DOSSOUMOU 21 septembre 2022

Ni les pavés, ni le bitume, encore moins le sol sableux ne résistent à la furie des eaux. Il suffit d’une seule grosse pluie pour que la libre circulation des personnes et des biens dans le périmètre de Cotonou soit compromise pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Et ce calvaire dure depuis des lustres. Retour sur la galère endurée par certains usagers de la route en cette journée du lundi 19 septembre 2022.

Ils ne sont pas près d’oublier cette rentrée scolaire 2022-2023. Les écoliers, élèves, enseignants et parents d’élèves obligés d’affronter la pluie en ce début de matinée en ont eu pour leur compte. Les moins favorisés qui ne pouvaient se rendre dans leur établissement qu’au moyen d’un engin à deux roues ou à pieds ont vraiment subi les affres de cette pluie torrentielle qui aura surpris le plus grand nombre. Aux abords du CEG le Nokoué à 7h20, Elodie, nouvellement admise au collège, vêtue d’une tenue kaki toute neuve et parée de tresses traditionnelles faites à la main, n’a certainement pas prévu se rendre dans son établissement dans des conditions aussi déplorables. Un sachet de fortune enroulé autour de son sac qu’elle serre entre ses aisselles pour protéger ses affaires contre la pluie, ses sandalettes en main, la mine défaite, elle essaie à pas pressés de se faufiler à l’intérieur du collège pour trouver un abri. Non loin d’elle, aux encablures du portail, un groupe de jeunes écoliers, les bras ballants, le kaki trempé, pataugent insouciants dans l’eau, avec des cris et des rires. Sur la voie pavée, voitures et motos défilent, sous le coup des klaxons stridents. Avec le trafic ralenti par la pluie qui n’arrête pas de tomber, les travailleurs, la plupart arborant des imperméables de fortune ne savent plus à quel saint se vouer. Leur calvaire va virer au rouge une fois à Zogbo. De part et d’autre de la voie pavée, une mare circonstancielle s’est formée sur une distance d’environ 300m, perturbant du coup le trafic qui subit davantage les aléas du temps. Ne pouvant affronter cet obstacle sans endommager leurs engins, la plupart des motocyclistes ont tôt fait, dans un concert d’injures, d’impatience et d’exaspération, d’arpenter des voies de contournement qui ne sont rien d’autre que les passages piétons tout aussi inondés. « Et pourtant, nous sommes sur une voie pavée », lance un zem, la cinquantaine, désabusé, obligé de trainer sa moto qui l’a lâché au beau milieu de cette eau sale et puante. « Cette voie a été réalisée à coût de milliards », renchérit une vendeuse de pain qui n’a de cesse de lancer des jurons du fait de la mévente qu’elle subit dans ces conditions. En raison de la délicate traversée à cet endroit, le rang des motocyclistes grossit et le ton monte de part et d’autre.
Un peu plus loin sur le même axe à la hauteur du quartier Sainte Rita, le même spectacle se produit. Quelques mètres plus tard, devant l’hôtel de ville, la situation est identique. Sur des voies habituellement praticables, les conducteurs de motos ont dû faire des détours çà et là pour se tirer d’affaire, perdant ainsi de précieuses minutes et s’exposant davantage à la pluie qui continue de tomber à grosses gouttes avec le souhait qu’à l’avenir les voies aménagées soient épargnées.





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